Destination Amazonie # Part 2

Suite et fin de ma nouvelle sur le thème « post apocalypse » !!

© samsha tavernier, Tous droits réservés

L’article L.335.2 al 3 du Code de la propriété intellectuelle dispose : « La loi incrimine au titre du délit de contrefaçon : toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi. »

Destination Amazonie
Apprendre l’échec de la mission avait plongé Joshua dans une rage sans nom. Il haïssait cette vie et ces gens qui leur dictaient leur conduite et les asservissaient sans vergogne. Summer avait beaucoup pleuré suite à la perte monumentale qu’ils avaient subi ce soir-là, ce qui l’avait rendu encore plus en colère. Ils étaient bousillés, voilà ce que ce monde avait fait d’eux. Des êtres sans repères, désabusés et se contentant de minuscules instants de vie. La vie, lui, il voulait la bouffer à pleines dents. Il était encore jeune, plein d’envies et de passion. Jamais ils n’arriveraient à éteindre le feu qui courait encore dans ses veines, il ferait tout pour les en empêcher. Le désir et la spontanéité c’est ça qui le faisait avancer. Il était impulsif, fiévreux, très irréfléchi aussi. Mais par les temps qui couraient Joshua percevait son caractère comme une marque de rébellion. Tout était bon à prendre pour faire chier cette bande de rats pensa-t-il.
S’il les avait écoutés, il n’aurait même plus eu le droit de toucher Summer. Qu’ils aillent se faire voir. Elle était ce qui avait de plus cher, tout ce qui lui restait. Ils leur avaient pris tout le reste dans le but de les anéantir, mais les avaient rendus plus forts sans le vouloir.

Après l’incident de l’immeuble désaffecté, ils avaient tous redoublés d’efforts et travaillé d’arrache-pied sur cette foutue ligne de chemin de fer. Jour comme nuit. Même le pervers de contremaître en était resté scié. Il les avait félicité comme s’ils en avaient quelque chose à carrer. La seule chose qui faisait jubiler Joshua plus encore que de quitter le pays était d’imaginer la tête de cet imbécile lorsqu’il découvrirait qu’ils les avaient couverts d’éloges alors qu’ils trimaient pour s’enfuir. Cette pensée le fit sourire.
Désormais que la ligne principale était remise d’aplomb, ils ne leur restaient plus qu’à tailler la route. Plus facile à dire qu’à faire évidemment. Le marché noir de la drogue avait connu une pique de fréquentation ces derniers jours et les chiens de garde de miliciens étaient aux aguets. S’ils voulaient partir il faudrait le faire vite, avec les premiers trains. Sinon d’autres auraient la même idée qu’eux et ils leur seraient quasi impossible de mettre leur plan à exécution.
Il avait appris que les gouvernants viendraient inaugurer la toute nouvelle ligne à grand renfort de photos et de propagande. Tout le monde serait donc sur le qui-vive pour rendre les lieux aussi présentables que possible et les travailleurs bien dociles. Ce serait le moment où jamais. Il ne savait pas encore bien comment ils allaient faire, mais ils prendraient la poudre d’escampette le lendemain ou jamais. Le contremaître allait péter un câble lorsqu’il se rendrait compte qu’il avait perdu cinq de ses travailleurs à la veille d’une présentation officielle.
Summer était morte de trouille. Elle avait empaquetée toutes ses affaires dans le petit sac à dos avachi qu’elle utilisait lors de toutes ses missions et qui était désormais planqué dans le baraquement de chantier près de la carrière avec les quatre autres paquetages.
Jusqu’à la dernière minute personne n’avait su comment ils allaient quitter leur poste de travail sans se faire remarquer, puis Marshall avait eu une idée de génie. Il allait ouvrir les cages des chiens de la fourrière d’à côté pour faire diversion.
Les animaux avaient été particulièrement touchés par les radiations lors de l’explosion des usines. Ça les avaient soit tués, soit rendus extrêmement agressifs à l’encontre des hommes. Tout spécialement les chiens. De grandes campagnes d’extermination avaient été lancées dans les villes, mais on en gardait certains dans des fourrières lorsqu’il y avait un espoir de dressage. C’était la milice qui, le plus souvent, avaient recours à ces méthodes ou les travailleurs en haut du panier comme le contremaître.
Si Marshall réussissait à les libérer, les chiens deviendraient fous et se précipiteraient dans la carrière provoquant un magistral mouvement de foule puisque tous les travailleurs avaient appris à en avoir peur. C’était risqué certes, mais ça restait brillant. L’ordre mettrait tellement de temps à revenir qu’on ne remarquerait leur absence que très tard dans la soirée et à ce moment-là ils seraient déjà loin.
Le hic, c’est qu’ils devraient, par mesure de prudence, récupérer le train à la gare suivante située à plusieurs kilomètres au sud de la carrière, dans la même direction que le vieil immeuble qui laissait d’âpres souvenirs dans la mémoire de Summer et des autres.

Les montres étaient synchronisées et tous occupaient des postes proches les uns des autres pour être en mesure de se garder à l’œil. Pour le moment, tout était relativement calme. Personne ne semblait se douter que dans quelques minutes une vague de chaos déferlerait sur les lieux.
Haletante, Summer regardait sa montre-bracelet toutes les dix secondes. Alors qu’elle s’apprêtait a réitéré le geste réflexe pour la centième fois, les doigts de Joshua s’abattirent sur son poignet pour l’en empêcher.

– Calme-toi ou tu vas finir par attirer les soupçons. Lui souffla-t-il.

– Marshall a du retard ! Ça fait cinq minutes que ça aurait dû arriver. Josh, on a calculé juste, il ne faut pas qu’on rate le train.

– Je sais, mais ça ne sert à rien de s’exciter comme ça. Tu rends tout le monde nerveux.

– Il se passe quoi si ça rate ? Demanda-t-elle, sans réellement tenir compte du reproche de Joshua.

Celui-ci n’eut pas le temps de répliquer, car des aboiements furieux déchirèrent l’air et remplirent la carrière. Tous les travailleurs s’immobilisèrent brusquement dans leur mouvement. Le contremaître se leva et sa chaise en plastique tomba, entraînée dans son élan. Plus personne ne bougea et un silence irréel tomba sur la carrière comme une chape de béton.
Le silence fut de nouveau éventré par des grognements lorsque la horde de chiens apparue. Tout le monde parût brusquement retrouver le contrôle de son corps et tous se mirent à fuir en même temps dans des directions différentes, criant et s’agitant. Le contremaître semblait hésitant, ne sachant pas s’il devait fuir ou lutter pour faire revenir l’ordre. Il opta finalement pour la première option et parti en direction des casernes de la milice dans l’ultime espoir que ces derniers pourraient contrôler les bêtes ou les tuer.
La vision des chiens était si effrayante que peu avait remarqué que les animaux enragés poursuivaient un seul et même homme : Marshall.
De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu quelqu’un courir aussi vite. L’instinct de survie et le désespoir décuplant ses forces.
Comme prévu, Elsa avait déjà quitté sa position pour se rendre à la baraque pour récupérer leurs équipements. Summer aurait dû aller la rejoindre tandis que Dan et Joshua prendraient un autre chemin pour ne pas éveiller les soupçons au cas où quelqu’un aurait eu la lucidité de regarder ce remue-ménage avec attention.
Seulement un mauvais pressentiment empêchait Summer de bouger. Elle était clouée sur place observant la scène comme dans un rêve. Tout à coup, ce qu’elle redouta arriva. Dans sa précipitation, Marshall se tordit la cheville contre un bloc de pierre lâché par un des travailleurs dans son urgence de fuir les lieux. Le garçon se vautra de tout son long tandis que les chiens récupéraient la maigre avance qu’il avait prise sur eux.
Summer comprit immédiatement ce qui allait se passer et se mit à hurler. Son cri fit se retourner Joshua et Dan dans sa direction, puis dans celle de Marshall. Tous les trois s’élancèrent comme un seul homme vers leur ami toujours a terre, visiblement un peu sonné par sa chute et peinant a reprendre haleine.
Summer arriva la première devant Marshall, elle se saisit des mains moites et glissantes du jeune homme et le tira de toutes ses forces, arrachant des cris de douleur à Marshall dont le corps traînait par terre et passait sans ménagement sur les pierres. Joshua arriva à son secours et serra les mains sur celles de Summer afin de multiplier leurs forces. – Met toi debout mec !! Hurla Joshua à l’adresse de Marshall.
Mais le malheureux n’arrivait pas à prendre appui sur sa cheville blessée. A deux, puis bientôt à trois ils traînèrent Marshall de plus en plus vite, tout en avançant à reculons.
Ils n’allaient pas assez vite. Les chiens bondissaient vers eux à une allure folle, plus que quelques centimètres et le premier de la troupe serait en mesure de refermer sa mâchoire d’acier sur les jambes de Marshall. Tous hurlaient sous l’effort.

– Lâchez-moi ! Lâchez-moi !! Hurla-t-il à l’adresse de ses amis. Dan obéit à la supplique le premier :

– Il a raison ! On ne s’en sortira pas !
Summer n’arrivait pas à en croire ses oreilles. Ils ne pouvaient pas l’abandonner comme ça. Marshall leur avait offert la clé pour se libérer, ils ne pouvaient pas le laisser là en plan, l’offrant en sacrifice au profit de leur bonheur.
Elle fut soulagée de sentir que la pression des mains de Joshua sur les siennes ne faiblit pas. Summer observa avec horreur les chiens bondirent vers son ami, un à-coup de leur part leur permit de faire échapper Marshall de quelques millimètres à peine aux crocs meurtriers.

– Cassez-vous !! Si vous êtes vraiment mes potes, partez ! Cria Marshall.

Summer se sentit tirée en arrière, forcée de lâcher prise. Elle ne comprit pas toute suite que Joshua essayait de l’arracher aux mains de Marshall.

– Tu fais quoi ? Josh ne me laisse pas tomber !!

Le jeune homme n’écouta pas et souleva Summer avec force. Ses mains luisantes de transpiration ne trouvaient plus de prises pour s’agripper aux doigts de Marshall qui tentaient lui aussi de se dégager. Joshua la hissa puissamment sur son épaule tandis qu’avec Dan ils reprirent leur course folle dans le sens opposé, laissant Marshall à son triste sort.
Summer observa une dernière fois le visage de son ami avant de fermer les yeux pour ne pas voir les chiens le déchiqueter à pleines dents.

Lorsque Elsa nota leurs mines défaites et l’absence de Marshall, elle ne posa pas de questions, ne leur adressa pas de reproche. Des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues tandis qu’elle privait de l’eau et des vivres le paquetage de Marshall afin de les répartir dans les quatre sacs restants. Chacun s’en saisit et se mit en route sans dire un mot. Joshua saisit la main de Summer et ils se mirent à courir en rang d’oignon aussi vite que la prudence le leur permettait.
Il leur faudrait forcer l’allure pour atteindre la station de gare avant le train. Il était inconcevable qu’ils le rate et que leur ami soit mort dans d’atroces souffrances pour rien.

Destination Amazonie (3)

Pendant un temps, ils ne furent pas trop dérangés, la majorité des effectifs de la milice ayant dû être réquisitionné à la carrière pour y contrôler les chiens sauvages et mettre fin au désordre. Summer se demanda ce qu’il adviendrait du corps de Marshall. Même si par miracle il avait le droit à des obsèques correctes, il n’y aurait personne pour lui rendre hommage. Elle secoua la tête pour chasser ces sombres pensées et porta toute son attention sur la route qu’ils leur restaient à parcourir. Ils entendirent bientôt le bruit lointain des rails qui frémissaient sur la passerelle au-dessus de leurs têtes. Le train s’approchait plus vite qu’ils ne l’avaient espéré. La panique leur fit perdre toute prudence et ils se mirent à courir, de front en furies.
Ils y étaient presque. Ils voyaient enfin les grands escaliers menant à la passerelle sur laquelle ils pourraient sauter sur le train en marche. Cependant des voix refrénèrent leurs élans.

Summer reconnut aussitôt la voix gutturale de l’homme-monstre de la milice, probablement accompagné de son acolyte de la fois précédente. Ils allaient forcément les voir. Ils étaient à découverts, aucun immeuble ne leur permettant de se mettre à l’abri. Ils étaient à quatre contre deux, mais étant donné le gabarit et la force hors du commun des deux miliciens, on pouvait considérer qu’ils étaient à force égale. Aucune chance si les deux miliciens avaient des armes automatiques en leur possession.
Tous se regardèrent avec de grands yeux, totalement désemparés. Ils n’avaient pas beaucoup de temps pour décider d’un plan d’action.
Summer avisa Dan, il était assez impressionnant, un peu plus grand et costaud que la moyenne. Surtout, ses vêtements n’étaient pas couverts de poussières comme ceux de Joshua ou d’Elsa. Summer et lui était les plus présentables.
Sans leur expliquer davantage ce qu’elle comptait faire, elle empoigna le sac de Dan et le sien qu’elle balança à plusieurs mètres derrière eux de façon à ce qu’ils soient moins visibles. Elle ramena en vitesse ses cheveux dans une queue de cheval approximative pour avoir l’air plus soignée, puis ramassa deux morceaux de bois courbés totalement carbonisés avant d’en fourrer un dans la main de Dan qui la regardait totalement hébété commençant à comprendre la comédie qu’elle s’apprêtait à jouer.
– Elsa, Josh à genoux ! Dan et moi on va se faire passer pour des miliciens. On vous a attrapé alors que vous tentiez de vous enfuir. On vous ramène à la carrière. C’est compris ?

Elsa ne répondit pas mais marqua son approbation en obéissant à la consigne et en se mettant à genoux. Joshua fut plus difficile à convaincre. Pas de temps à perdre avec sa tête de mule, Summer lui mit un gros coup de pied à l’arrière des genoux et dans un mouvement réflexe il s’affala dans la poussière. Summer, lui saisit le col et posa fermement le morceau de bois incurvé sur sa nuque à la manière d’une arme. Dan fit de même. Avec de la chance les deux miliciens ne s’approcheraient pas assez pour constater le subterfuge.

– Je suis désolée. Murmura Summer à l’oreille de son prisonnier. Au même moment les deux chiens de garde tournèrent au coin et tombèrent nez à nez sur eux. Summer s’efforça du mieux qu’elle put de prendre un air confiant et menaçant à la fois. Joshua s’agitait dangereusement sous sa poigne. Elle le connaissait assez bien pour savoir qu’il n’était pas d’accord avec son plan et qu’il voulait se battre. Il se sentait probablement vulnérable ainsi agenouillé devant ceux qu’il méprisait le plus.

– Qu’est-ce qui se passe ici ?
C’était l’acolyte de l’homme-monstre qui s’était exprimé. L’autre ne faisant que fixer intensivement chacun des protagonistes.

– Ces deux-là ont profité de la cohue à la carrière pour tenter une évasion. C’est bon, on a la situation bien en main, ils n’ont pas causé de grabuge !
Summer s’exprima d’une voix forte et claire comme elle l’avait espéré et cela lui insuffla un peu de courage pour continuer :
– On les ramène à Bobby !

Elle avait entendu à plusieurs reprises des miliciens s’exprimer de la sorte au contremaître. Elle en avait donc déduit que c’était son nom ou son surnom peu importe. Le milicien hocha la tête et sembla se contenter des explications de Summer. Il fit un signe à l’homme-monstre pour lui indiquer qu’ils partaient.
Lorsqu’ils tournèrent les talons Summer sentit toute la pression qu’elle avait contenue jusqu’alors lui retomber dessus avec perte et fracas. Sans le train arrivant à pleine vitesse, elle se serait sans doute évanouie. Il leur fallait partir vite et gravir les marches à toute blinde s’ils voulaient avoir une chance d’attraper le train, mais les miliciens prenaient tout leur temps pour partir, avançant lentement n’ayant rien de mieux à faire et visiblement pas pressés d’aller faire joujou avec les chiens enragés de la carrière.
Joshua recommença à s’agiter nerveusement et tenta de se remettre sur ses boots. C’est alors que l’homme-monstre se retourna.
– Je le sens pas celui-là ! S’écria-t-il. Ça sent le rebelle à plein nez. Je ferai mieux de m’en occuper moi-même. Rajouta-t-il à l’adresse de Summer qui sentit de nouveau la panique enfler ses poumons.
– C’est bon j’te dis ! Je sais faire mon boulot aussi bien que toi !! Répliqua-t-elle.
Cependant les trémolos dans sa voix durent la trahirent, car l’homme-monstre n’hésita pas une seconde avant de lui balancer son poing dans la figure.

Summer sentit son poids partir en arrière et elle s’affala dans la poussière complètement sonnée.

– Mon vieux t’aurais pas dû faire ça ! S’écria Joshua avant de se lancer sur son assaillant. Summer percevait des bruits lointains de bagarres furieuses. A la périphérie de son champ de vision, il lui sembla voir Dan et Elsa sur le dos du milicien le plus humain.
Elle voulait intensément se lever et jouer des coudes avec ses amis, mais elle était comme clouée au sol. Peu à peu les bruits redevinrent plus proches et sa vision de plus en plus nette. Elle aperçut le train qui arrivait presque à la gare, ils allaient le rater. Elle devait le dire à ses amis qui étaient tous trop occupés pour remarquer l’imminence du départ.
Elle appuya sa main contre le mur rugueux pour prendre appui et essayer de se remettre sur ses pieds. Sa tentative fut rapidement avortée lorsque le corps lourd de Joshua tomba à la renverse sur elle. Le choc fut intense. Elle ressentit la douleur la submerger et lui couper le souffle. Lorsque l’air s’infiltra de nouveau dans ses poumons, cela lui provoqua une violente quinte de toux.

– Josh, qu’est-ce que tu fous ?! Lève-toi ! Je peux plus respirer ! Réussit-elle à articuler.
Le jeune homme ne lui répondit pas et n’amorça pas le moindre mouvement. L’homme-monstre se jeta de nouveau sur Joshua, écrasant encore un peu plus Summer.
Un éclat brillant attira cependant son attention. L’homme-monstre tenait une sorte de coupe chou et l’agitait dans la direction de son amoureux. Sa vision était bloquée par le corps de Joshua, aveugle Summer était incapable de savoir ce qui se passait. Un cri de Joshua lui remit les idées en place et elle se mit à se débattre comme une forcenée, agitant ses jambes et ses bras pour rouler sous l’amalgame de corps.
Rien à faire, elle resta bloquée. Ses mains dégagées touchèrent le torse de Josh à tâtons. Une quantité inquiétante d’un liquide chaud et gluant se répandit aussitôt sur ses doigts. Au beau milieu de la plaie béante, la garde du coupe-chou plantée mortellement dans le torse de Joshua.

– Josh !! Il se passe quoi ? Est-ce que ça va?! Se mit elle à hurler perdant tout contrôle.
Joshua ne répond pas. Il saisit à deux mains la tête de son assaillant, maintenant à quelques millimètres de son visage, et l’écrase contre le mur de crépit encore et encore.
Il hurle à plein poumons toute sa rage et sa frustration. Il hurle contre ce monde qui n’est plus le sien et continue de frapper la tête de celui qui le représente. Les grognements gutturaux de l’homme-monstre faiblissent enfin et Josh cesse de gesticuler. La lame aiguisée de l’arme est profondément enfoncée dans son ventre et lui provoque des ondes de douleurs insupportables se répandant dans tout son corps, gagnant son cœur et son cerveau.
Il aperçoit le visage baigné de larmes de Summer penché vers lui. Elle lui souffle des mots tendres à l’oreille, lui dit de ne pas abandonner, qu’elle l’aime. Il aimerait lui répondre que lui aussi, mais ses lèvres ne lui obéissent pas, tandis qu’il sent le souffle glacial de la mort le cueillir.

Il n’y a aucun bruit à côté d’elle et Summer en déduit que Dan et Elsa ont réussi à mettre un terme à leur combat eux aussi. Elle est cotonneuse, ne comprend pas ce qui lui arrive.
Le visage de Josh est livide, froid, la faucheuse lui a laissé les yeux ouverts.
Un sentiment qu’elle ne connaît pas l’empli toute entière : une folie meurtrière. C’est tellement fort que ses mains et ses jambes en tremblent. Elle ne peut pas se mettre debout donc elle reste à quatre pattes.
L’homme-monstre respire encore, Joshua l’a seulement mis KO. Aucun doute, il est coriace. Il a fait ses preuves, mais maintenant Summer va mettre fin à sa misérable vie tout comme il a mit fin à celle de l’homme qu’elle aimait.
Elle extrait le coupe chou du corps de Josh dans un bruit de succion répugnant, avant que le milicien ne puisse bouger de nouveau et de ses deux mains, le plante dans son abdomen dur.
Un sang noirâtre lui éclabousse le visage, les mains, les bras, mais elle continue encore et encore jusqu’à ce qu’elle sente la lame se heurter contre ses côtes.
Elle entend des cris mais ne sait pas d’où ils viennent. Des mains la saisissent sous les aisselles, la font se mettre debout. On l’entraîne hors de portée de sa victime et Summer arrive juste à arracher la chaîne de Josh qui pend à son cou avant d’être traînée par des mains puissantes. On la pousse sans ménagement pour qu’elle avance droit devant. Puis, ses pieds gravissent des escaliers et se lancent dans une course contre la montre sans qu’elle ne puisse les maîtriser.

Ce n’est qu’au bout d’un certain temps qu’elle réalise qu’elle est dans le train avec Dan et Elsa qui l’entourent.
Ils y sont arrivés, ils ont quitté le pays à bord du train destination l’Amazonie. Leurs visages sont couverts de larmes et Summer se demande si ce sont des larmes de joie ou de tristesse. Sans doute un peu des deux se dit-elle. Le sien est sec, tout comme ses yeux, sa bouche et son cœur.

– C’est le moment de sauter ! S’écria Dan dont la voix se perdit dans le vent qui s’engouffrait par la porte du train.
Elsa et Summer ne se le firent pas dire deux fois. Elles prirent leur élan et s’élancèrent hors du train, suivies de Dan.
Une fois sur le bas-côté, tous trois se mirent à courir pour ne pas se faire repérer dans le rétroviseur du conducteur du train. Ils ne remarquèrent pas tout de suite qu’il faisait presque frais et que les immeubles éventrés avaient laissés leur place à des arbres et des cultures.
Ce ne fut que lorsqu’ils arrivèrent au bord de l’Amazone qu’ils soufflèrent enfin et observèrent leur nouvel environnement. Summer trouva le paysage magnifique, encore plus beau que dans ses souvenirs.
Elle fut reconnaissante à Dan et Elsa de la laisser un moment seule avec ses pensées. La jeune femme marcha un moment le long du fleuve avant de trouver ce qu’elle cherchait : des papillons morts sur la rive. Elle les aurait voulus blancs comme la coutume, mais elle se dit que Joshua aurait aimé faire différemment. Elle ramassa délicatement les papillons noirs et descendit dans le fleuve boueux pour les disposer dans l’eau autour de la chaîne de Josh.

Destination Amazonie (2)
La tradition disait que les papillons porteraient l’âme du défunt dans l’au-delà, de l’autre côté de la rive.
Ce n’est que lorsque la chaîne coula dans les sombres profondeurs que Summer se laissa enfin aller. Elle pleura et hurla jusqu’à ce que plus rien ne veuille sortir. La jeune femme fut longuement tenter de se laisser couler en même temps que la chaîne de Josh pour le retrouver plus vite que prévu, mais se ravisa. Ce n’était pas ce qu’il aurait voulu. Il aurait souhaité qu’elle aide à construire une vie meilleure, qu’elle rebâtisse un héritage afin que d’autres puissent s’en inspirer.
Fuir la facilité et apprendre à vivre avec la souffrance, voilà une marque de courage pour les générations futures.
Summer sourit : d’une certaine façon ils étaient libres tous les deux, lui plus encore, dans un ultime doigt d’honneur.

Fin

Texte : Samsha Tavernier

Illustrations : Christine Couturier

Destination Amazonie # Part 1

Et voila la première partie de ma nouvelle sur le thème « post apocalypse », j’espère que ça vous plaira!! N’hésitez pas à me donner vos avis en commentaires 😉 

© samsha tavernier, Tous droits réservés

L’article L.335.2 al 3 du Code de la propriété intellectuelle dispose : « La loi incrimine au titre du délit de contrefaçon : toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi ».

Destination Amazonie

Les jambes dans le vide, Summer contemplait le lit sec et rocailleux de l’ancienne rivière. Elle aimait venir s’asseoir sur le vieux pont rouillé et se rappeler comment c’était avant. Elle ferma les yeux et imagina une douce brise rafraîchissante faire voler ses cheveux en un halo autour de son visage. D’habitude, lorsqu’elle se concentrait très fort, elle arrivait à se souvenir du clapotis provoqué par les remous de l’eau contre les pâles parois rocheuses, cependant ce jour-là, le raffut provenant de la carrière l’en empêcha. Elle renonça donc à son rêve salvateur et rouvrit les yeux un peu frustrée. Elle fut un instant éblouie par la blancheur aveuglante du soleil avant de distinguer une silhouette à sa droite, le visage mangé par les ombres dues au contre-jour. Ceci ne perturba nullement Summer qui aurait reconnu l’individu entre mille.
Joshua était torse-nu, ses muscles saillants encore tendus par l’effort récemment effectué. De grosses gouttes d’une sueur poisseuse roulaient entre ses omoplates. Il vient glisser ses jambes entre les croisillons de métal du pont et se laissa tomber à côté de Summer.
Ils restèrent, pour ce qui parut un long moment, plongés dans les yeux l’un de l’autre sans dire un mot. Par les temps qui couraient mieux valait, de toute façon, économiser sa salive. Ce fut Summer qui, la première, rompit leur moment d’intimité, laissant de nouveau courir son regard vers le paysage dévasté s’entendant devant eux à perte de vue.

Destination amazonie (1)

Cela faisait désormais cinq ans que la nature avait repris ses droits sur la civilisation qui l’avait tant malmenée et Summer n’arrivait même plus à se souvenir du dernier jour où elle avait eu froid. Le changement climatique n’était pas survenu du jour au lendemain mais de façon sournoise, discrète malgré que perceptible. Il avait d’abord cessé de neiger, puis les océans s’étaient réchauffés de quelques degrés, les étés étaient devenus caniculaires et les mois d’automne moins pluvieux. Tout cela s’était déroulé à un rythme qui leur avait laissé le temps de s’adapter, de changer leur mode de vie, jusqu’à ce qu’un nouveau dérèglement ne survienne et rajoute une nouvelle variable à leur quotidien. Ce n’est que lorsque la couche d’ozone s’est émiettée comme un vieux gruyère que l’enfer a débuté. La terre est entrée en fusion et les rayons du soleil ont entrepris leur œuvre, imperturbables à la désolation qui s’est répandue sur la terre en même temps que leur chaleur. Bientôt il ne resta plus que des cendres et des gravas pour rendre gloire à la civilisation humaine qui s’était pendant si longtemps sentie invincible.
L’évaporation d’une grande partie des eaux fut suivie d’un phénomène plus dévastateur encore : la fonte des réacteurs nucléaires. Partout où de telles usines avaient existé, les pertes furent considérables. La plupart périrent tandis que les survivants subirent les répercussions des radiations, plus ou moins gravement. Les malformations étaient désormais monnaie courante, les maladies infectieuses également. Ni la faune, ni la flore terrestre ne furent épargnées.

Summer essuya du revers de la main des perles de transpiration qui lui brûlaient les yeux. On aurait pu croire qu’elle se serait habituée à la chaleur depuis le temps, mais il faut croire qu’on ne s’habitue jamais vraiment aux choses déplaisantes. Elle reporta son attention sur les rangers de Joshua se balançant nonchalamment dans le vide.

– J’imagine qu’il est l’heure d’y retourner. Soupira-t-elle.

– Qu’ils aillent se faire voir ! Répliqua Joshua d’un ton acerbe. Le jeune homme était un rebelle dans l’âme, un anticonformiste qui ne supportait pas l’autorité, ce qui lui attirait indubitablement une foule de problèmes. Summer ne tint pas compte de la réponse de Joshua et se remit debout dans un grognement avant de tendre la main à son compagnon. Face à son invitation, il ne protesta pas davantage, lui prit la main et ensemble ils se mirent en route pour la carrière. Là-bas, la cacophonie de burins sur la pierre et l’odeur de rouille étaient étourdissants. De petits nuages de poussières blanches voletaient autour des travailleurs, comme s’ils avaient glissé la tête dans des bulles de savon. Lorsque le contremaître les aperçu, il leur aboya quelques ordres et les affecta à leur mission de l’après-midi.
Après que la catastrophe planétaire ait touchée l’humanité toute entière, on avait cru un instant que les choses finiraient par s’améliorer et que les gouvernements apprendraient de leurs erreurs. Pourtant, le progrès escompté n’avait jamais eu lieu. Au contraire, la nouvelle organisation sociétale fit la part belle à la lutte des classes. La population restante fut divisée en castes bien distinctes : les gouvernants et leur cercle, la milice et les travailleurs.
La caste supérieure occupait les postes les plus gratifiants de la société, disposait de ressources quotidienne assez variées et surtout du droit exclusif de se droguer. En effet, seuls les produits stupéfiants arrivaient encore à soulager les souffrances psychiques et physiques endurées et il était maintenant quasi impossible de s’en procurer. Ironique renversement de situation.
La milice quant à elle était le chien de garde des privilégiés. Composée uniquement d’individus ayant développé des capacités hors normes suite aux radiations. Ces derniers étaient les seuls autorisés à porter des armes – de plus en plus rares – et bénéficiaient de passe-droit partout où ils allaient.
Le dernier groupe, le plus vaste, était constitué par tous les individus restants. Ils se répartissaient les différents postes nécessaires à la survie de l’espèce, certains étant plus gratifiants que d’autres. Joshua, Summer et leur groupe d’amis occupaient un des emplois les plus ingrats : les travaux de reconstruction, s’échinant à la tâche toute la journée et souvent une partie de la nuit. Ce genre de tâches étaient confiés aux jeunes bien portants et ne présentant que des malformations bénignes, voire pas du tout. Dans ce dernier cas, les mauvais traitements étaient encore plus fréquents, comme s’il fallait rééquilibrer la balance.
Déblayer les gravats, tailler en pièces les blocs de pierres les plus importants, revisser les rails de chemins de fer les moins endommagés. Rien qu’en pensant au travail de forçat qui l’attendait, Summer se sentit exténuée.
Au cœur de l’après-midi, la chaleur devint tellement insupportable que des malaises intervinrent à répétition et le seul réconfort de Summer fut de travailler main dans la main avec son amie Elsa. La jeune femme avait pris l’habitude de chantonner pendant ses travaux de bagnard. Sa voix était claire et apaisait quelque peu les maux de Summer.

Tard dans la soirée, les ombres s’allongèrent enfin et l’astre solaire perdit de l’altitude faisant baisser de quelques degrés la température. Toujours pas le signe d’un souffle d’air frais mais ce changement fut néanmoins accueilli de bon cœur. Un sentiment assez proche de la satisfaction emplit la jeune femme lorsqu’elle constata sur le planning projeté toutes les heures sur le bâtiment central qu’elle était de repos pour la nuit. Elle allait enfin pouvoir dormir un peu. Avec un peu de chance Joshua serait off également et ils pourraient passer la nuit ensemble. Les moments d’intimité ne leur étaient pas souvent accordés étant donné qu’il fallait une autorisation des gouvernants avant de pouvoir concevoir une progéniture. Les ressources s’amenuisant constamment, les bouches supplémentaires à nourrir n’étaient pas vues d’un bon œil.
Au loin, Summer entendit la voix grave de Joshua. Ils n’étaient pas censés parler au travail, mais comme à son habitude le jeune homme n’en avait cure. Il n’était pourtant pas du genre loquace et probablement parlait-il pour ne rien dire dans un pur esprit de provocation. Elle s’approcha pour lui faire part de la bonne nouvelle, s’imaginant déjà calée contre son torse. Lorsqu’il la vit, le jeune homme lui saisit le poignet et la tira en retrait derrière une vieille carcasse de voiture dont la carrosserie oxydée avait pris des teintes orageuses.

– Marshall a obtenu une info. Un vieil immeuble désaffecté au sud de la ville où ils ont stocké tout un tas de livres qu’ils comptent détruire demain…

– Il faut donc agir cette nuit … finit la jeune femme dans un soupir. En quelques secondes tous ces merveilleux plans venaient de tomber à l’eau. A la place une bonne dose d’adrénaline et l’angoisse d’être pris à tout instant.

Non seulement les castes supérieures reproduisaient les erreurs du passé, mais elles souhaitaient également en effacer toutes traces. Éradiquer le passé, « une belle connerie » comme disait Joshua. Chaque trace de civilisation antérieure était soigneusement détruite, dans le but de repartir sur de nouvelles bases plus saines selon la propagande officielle. Mais aucun des amis de Summer n’était dupe. C’était surtout pour leur faire peu à peu perdre toute trace d’humanité persistante et les sentiments allant avec comme la compassion, le désir … la révolte.
L’idée que des centaines de milliers d’objets appartenant à une vie meilleure puissent disparaître pour de bon était insoutenable. Les chefs d’œuvre de la littérature, les toiles de maître, les reliques religieuses tout y passait. Aussi le groupe de cinq amis composés de Summer, Joshua, Elsa, Marshall et Dan luttait bec et ongles pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Un peu partout dans le pays des petites factions de défenseurs du passé comme la leur s’étaient créées. Lorsque c’était possible elles communiquaient entre elles par le biais des anciennes stations de radio en langage codé. C’était comme ça qu’ils obtenaient des infos parfois véridiques, parfois non. Lorsqu’un livre ou une peinture était sauvée c’était déjà une victoire. Leur mission consistait alors à la photographier – lorsqu’un tel dispositif technologique était en leur possession – ou a la reproduire vulgairement en plusieurs exemplaires. La reproduction était une tâche difficile qui consistait à recopier ligne après ligne un texte original. Des heures entières y étaient consacrées chacun se relayant à tour de rôle. L’œuvre était ensuite conservée dans un endroit secret où viendraient l’y rejoindre quelques autres avant de sceller les lieux et de trouver une nouvelle cachette pour qu’en cas de découverte par la milice toutes les œuvres ne soient pas mises en danger.

– On a des infos sur ce que c’est ? Murmura Summer.
– Apparemment des dizaines de livres : des essais, des pièces de théâtre. Selon la source de Marshall il y aurait même une bible.
– Waouh ! C’est quoi le plan ? Qui vient ? – Elsa, Dan, toi et …

– N’y compte même pas ! L’interrompit-elle. Un pli soucieux s’était formé entre ses sourcils en constatant l’expression de Joshua. Il voulait venir, ne supportant pas de rester de côté lors de telles missions, mais c’était trop dangereux. S’il n’était pas de repos cette nuit, fuir quelques heures son poste de travail pourrait faire capoter la mission. Surtout qu’en ce moment le contremaître était aux abois, la restauration de la ligne principale de chemin de fer devant être clôturée d’ici la fin de la semaine.

– Je serais discret et Marshall me couvrira. Maugréa Joshua. Summer n’eut pas le temps de répliquer. Elle entendit derrière elle les grosses bottes du contremaître, bruit qu’ils avaient tous appris à reconnaître rapidement pour éviter les ennuis. Ils étaient cuits. Il allait les questionner pendant des heures sur l’objet de leur petite discussion et allait probablement supprimer le off de Summer par la même occasion.
Joshua la tira brusquement vers lui et colla sa bouche sur la sienne dans un baiser passionné. Elle sentit son souffle chaud pénétrer dans sa bouche entrouverte et sa langue danser contre la sienne. Elle espérait que leur tentative les épargnerait un peu. Être pris en flag de flirt n’était pas sévèrement puni tant que ça n’allait pas trop loin, surtout lorsqu’on était en couple depuis un certain temps comme Summer et Joshua. En outre, le contremaître était un vicelard qui aimait bien se rincer l’œil de temps en temps. Summer enroula ses bras autour de la nuque de Joshua, histoire de donner l’illusion d’un geste plus spontané. Le raclement de gorge du contremaître les interrompit et malgré sa façade sévère, Summer lut clairement une lueur lubrique et amusée dans son regard.

– Éloignez-vous l’un de l’autre immédiatement ! On n’est pas à l’hôtel ici, retournez au travail et que ça saute ! Summer et Joshua s’exécutèrent sans faire d’histoire, la jeune femme prit même un air affreusement gênée pour donner le change.

– Toi, je t’ai bien à l’œil ! Fais gaffe avec moi ! Ajouta le contremaître à l’adresse de Joshua un doigt accusateur pointé sur sa poitrine. Joshua ne cilla pas, ne fit pas un pas de recul, ni ne baissa les yeux comme l’aurait exigé la convenance. Au contraire, il arborait une expression de défi à peine dissimulée sur le visage, les épaules bien droites, ses rangers campés dans le sol prêt à en découdre. S’il continuait comme ça, ça sentirai vite le roussi. Le contremaître appellerait la milice qui ne se trouvait jamais bien loin et à un contre deux ou trois, Joshua se prendrait une taulée monumentale. Non pas que ce soit la première fois, mais ça déchirait toujours le cœur de Summer de voir l’homme de sa vie se faire malmener à coup de poings et de barres de fer.
D’un signe de la tête, elle indiqua à Joshua de lâcher l’affaire et à sa grande surprise, pour une fois, il l’écouta. Il baissa lentement les yeux et cela parût satisfaire le contremaître au plus haut point, alors qu’une minute auparavant il était probablement prêt à uriner dans son froc trop serré.
Rassurée, Summer allât reprendre sa place à côté d’Elsa, une très belle jeune femme, bien faite à peau noire tannée par le soleil lancinant.

– Je suis au courant pour cette nuit. Lui glissa-t-elle à l’oreille. Elsa acquiesça pour lui faire comprendre qu’elle avait entendu et qu’elles en parleraient plus tard.

Une éternité passa avant que le soleil ne se décroche enfin du ciel et qu’une accueillante obscurité les englobe, impénétrable.
Summer, Dan et Elsa se tenaient dans une baraque de chantier à une cinquantaine de mètre de la carrière. Un plan tracé grossièrement à la main déplié entre eux et une unique flamme de bougie pour éclairer la scène. Du doigt, Dan traça un trait invisible entre leur point de départ et l’immeuble désaffecté, point d’arrivé. Joshua n’avait pas menti lorsqu’il avait indiqué que ce dernier se trouvait au sud de la ville. Il leur faudrait au moins trois heures de course avant de l’atteindre, sans compter qu’ils seraient ralentis par les multiples détours nécessaires pour rester invisibles aux yeux de la milice déployée dans toute la ville à cette heure tardive.
Sans tarder davantage, les trois amis se mirent en route en emportant chacun un sac à dos vide – pour y transporter leur trésor sur le chemin du retour – et une gourde à moitié vide, la sécheresse permanente ne leur permettant pas de boire à leur soif.

La traversée fut longue et éprouvante. Malgré l’heure le thermomètre devait bien indiquer dans les 34 degrés et l’effort à accomplir n’en fut que plus difficile. A moitié courbés, ils couraient silencieusement dans les ruelles longeant les murs des hauts bâtiments. Ils étaient tendus, sur leur gardes et devaient sans cesse s’arrêter ou rebrousser chemin : un bruit les faisant sursauter ou une bagarre de rue attirant les hommes de la milice sur les lieux.
Alors qu’ils ralentissaient une nouvelle fois la cadence, Summer regretta que Joshua ne soit pas là pour prendre la tête des opérations. Nul doute qu’il ne prendrait pas toutes ces précautions et foncerait malgré la présence de la milice à quelques rues près. C’était certes plus dangereux, mais à cette allure l’aube aurait le temps de pointer son nez qu’ils ne seraient toujours pas arrivés à destination.
Elle ouvrit précautionneusement sa gourde tâchant bien à ne pas verser une seule goutte de son précieux contenu sur le sol aride qui l’absorberait aussitôt et s’accorda deux longues gorgées qui lui laissèrent un étrange goût dans la bouche. Son palais était si sec qu’elle parvint à peine à déglutir. Cachés dans l’ombre de ce qui restait d’un grand building, ils se tenaient tous les trois silencieux tandis que des voix se rapprochèrent dangereusement. Le sang de Summer se mit à lui vriller les tympans à mesure que les pas avançaient dans leur direction.
Ils s’arrêtent brusquement à un ou deux mètres d’eux :

– Il a l’air complètement stone celui-là non ? Demanda l’un deux. Celui à qui il s’adressait ne répondit pas, mais émit un grognement guttural qui la fit frissonner. Elle se risqua à passer la tête à découvert pour observer la scène avant que Dan ou Elsa ne puisse l’en dissuader. Ce qu’elle vit lui fit froid dans le dos. Le second milicien était monstrueux. Une aberration de la nature façonnée à grand renfort d’ondes radioactives. Il faisait une bonne tête de plus que son compagnon – pourtant déjà grand – et avait une carrure au moins deux fois plus imposante. Une de ses mains vous aurait facilement broyé la tête à la manière d’un presse-citron. Il était imberbe et la faible lueur de la lune se reflétait sur son crâne lisse le teintant d’une étrange couleur bleutée. L’homme-monstre saisit par le col un homme qui gisait par terre quelques instant auparavant, de toute évidence un travailleur, et le plaqua violemment contre le mur en lui aboyant à la figure :

– Tu as pris quoi ? De gros postillons atterrirent sur la figure de l’homme qui ne réagit pas.
– Qui est ton fournisseur ?? L’homme-monstre réitéra sa question face au silence de sa victime, puis commença à lui cogner vigoureusement la tête contre le mur espérant des aveux. Cette vision de violence fit frémir Summer. Comment pouvaient-ils en être arrivés là ? Elsa lui tira sur sa manche pour lui indiquer que la voie était libre, il était temps de repartir.
Summer fut soulagée de pouvoir échapper au reste de la scène et au triste sort qui attendait sans doute le drogué. Le reste du chemin ne fut plus interrompu et Summer s’appliqua à courir aussi vite que ses jambes fatiguées le lui permettaient afin de mettre le plus de distance possible entre elle et la scène qui la hantait toujours.
Enfin, ils distinguèrent le grand immeuble désaffecté. La plupart des fenêtres étaient brisées et du verre jonchait le trottoir. L’immeuble avait dû être un luxueux building empli de bureaux huppés compte tenu de son emplacement au sein du quartier d’affaire. Il comportait facilement une vingtaine d’étages et Summer se demanda combien de temps cela leur prendrait avant de mettre la main sur ce qu’ils étaient venus chercher. Il leur fallait se dépêcher, le jour se levant dans quelques heures à peine.

Une fois pénétrés à l’intérieur de l’immeuble, une forte odeur de roussie s’immisça dans leurs narines et ils ne leur fallu pas plus d’une seconde pour comprendre. La destruction avait eu lieu plus tôt que prévu. Tous les trois se ruèrent vers les escaliers de service et grimpèrent quatre à quatre les marches, suivant leur odorat jusqu’à la source du brasier. S’ils faisaient vite, ils pourraient peut-être sauver quelque chose. Il fallait qu’ils sauvent quelque chose, impérativement. Ils ne pouvaient pas avoir fait tout ça pour rien. Summer le refusait. Elle se souvint de ce qu’ils étaient censés trouver ce soir : une bible. C’était tellement rare, qu’elle s’était refusé d’y croire, mais s’ils avaient mis le feu plus tôt c’est que ce devait être vrai. Cette idée la fit redoubler de vitesse. Elle dépassa ses amis, sans les attendre et se rua sur la porte coupe-feu qu’elle tira de toute ses forces, une ouverture juste assez grande pour qu’elle puisse s’y faufiler.
Elle tomba à genoux devant le spectacle qui s’offrit devant elle. D’immenses flammes rouges léchaient le plafond de béton dégageant une épaisse fumée noire. Une chaleur digne de l’enfer se propageait, insensible aux larmes de Summer. Il était trop tard. Il ne restait que des cendres et des braises rougeoyantes de ce qui autrefois avaient fait la fierté de la race humaine. Un héritage de plus partis en fumée. Elle sentit à peine les mains réconfortantes de Dan et d’Elsa sur ses épaules secouées de sanglots. Elle ne voulait plus appartenir à ce monde de misère et la seule idée qui la réconforta c’est qu’ils fuiraient bientôt tous ensemble. Ils avaient entendu dire qu’une partie de l’hémisphère sud avait été plus ou moins épargnée par les catastrophes en chaîne. Les radiations y étaient également moins importantes, les usines nucléaires étant plus rares dans les pays dit du tiers-monde. Il restait même un semblant de vie sauvage dans certaines zones. Les rails qu’ils réhabilitaient permettraient dès la fin de la semaine à des cargaisons de voyager jusqu’à l’extrême pointe sud de l’Amérique latine. Leur plan était d’embarquer tous les cinq à bord d’un de ces trains de convoyage et de sauter en route une fois arrivés : destination l’Amazonie.

A suivre …

Texte : Samsha Tavernier

Illustrations : Christine Couturier

Tendance post-apocalyspe !

Parce qu’on en entend de plus en plus parler, je vous propose un petit décryptage de la tendance post-apocalypse.

Qu’est-ce que c’est ?

Une crise planétaire est survenue : de nature nucléaire, infectieuse ou environnementale laquelle provoque famine, émeutes et tout le toutim. Une poignée de rescapés s’organisent pour survivent et se faire une place au « soleil » parmi les cendres de l’ancienne civilisation, mais bien souvent de nombreux obstacles les en empêchent.

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Ce genre peut également se rattacher à celui de la « dystopie » : auparavant genre mineur de SF, ce courant s’attache à dépeindre la lutte libertaire d’un héros atypique dans un monde opprimé.

Ce style existe depuis très longtemps et les livres les plus connus sont ceux d’Aldous Huxley (Le meilleur des mondes) et de notre cher ami Georges Orwell (1984) et son fameux « Big brother is watching you ! »

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Ce courant avait été un peu délaissé des tables de chevet, mais depuis quelques temps, la tendance revient à grand pas :
D’abord via les films (souvent plus connus que les livres dont ils sont tirés)

Je suis une légende
Je suis une légende
La route
La route
Mad max
Mad max

Puis, via la littérature et notamment jeunesse : avec par exemple les sagas Hunger Games (Suzanne Collins) et l’Épreuve (James Dashner) , toutes deux adaptées au cinéma tellement le succès fut au rendez-vous.

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Comment expliquer ce regain d’intérêt pour le genre ?

Dans un premier temps parce qu’il permet aventures, lutte pour la survie de l’espèce et donc violence et peu de pathos (pas le temps de pleurer sur son sort). Les protagonistes sont des « warrior » courageux que rien n’arrêtent (ou presque).
En outre, le Post-Apo permet de poser un regard futuriste sur notre société actuelle et d’en exacerber ses maux. Il fige un phénomène sociétal : Il est vrai que lorsqu’on regarde les actualités on est plongé en plein Prequels pour ce genre de bouquins : fracture sociale, crise économique et environnementale.
Petits extraits :
Titre du journal Le Monde du 13 août 2015 « Depuis cette nuit, la terre vit sur ses réserves ».
Projet Robobee : des chercheurs d’Harvard inventent des robots-abeilles pour suppléer à l’extinction de nos amis bourdonnants.
Je passe sur les catastrophes naturelles & cie.

Pour finir, l’offre crée la demande donc plus ça marche et plus les étals de librairies sont inondés de nouveaux romans dystopie.

What next ?

L’espoir est-il totalement has been ou bien le prochain level sera la reconquête de notre planète (ou d’une autre d’ailleurs) ?
Espérons tout de même que ces romans servent de lanceurs d’alerte pour les jeunes générations (et les moins jeunes d’ailleurs) et qu’une fin heureuse soit envisageable après l’apocalypse.

Bref « puisse le sort nous être favorable ».

Petite sélection de livres du genre (en plus de ceux précédemment cités) :

  • Saga Uglies de Scott Westerfeld : un monde futuriste qui dénonce les diktats de la beauté parfaite, utilisés par le gouvernement pour manipuler ses concitoyens via opérations, propagande et cloisonnement social.
  • Promise d’Ally Condie : Décrit une dictature qui contrôle tous les pans de la vie humaine : distractions, travail, habitation, nourriture, mort programmée et couplage forcé.
  • Le monde vert de Brian Wilson Aldiss : La terre s’est transformée en une gigantesque serre dominée par des végétaux qui ont acquis des capacités prédatrices redoutables envers les hommes.
  • La maison qui glissait de Jean-Pierre Andrevon : Les résidents d’une barre HLM sont coupés du monde par un mur cotonneux qui abritent de terrifiantes créatures. Réclusion forcée qui va révéler la vraie nature de chacun des habitants.
  • Deluge de Stephen Baxter : Quatre scientifiques sont libérés d’une prise d’otage et découvrent un monde apocalyptique. Tout en luttant pour leur survie, ils vont chercher à comprendre la cause de cette apocalypse aux dimensions bibliques afin d’endiguer la catastrophe.
  • Saga Chroniques de la fin du monde de Susan Beth Pfeffer : Une météorite vient toucher la lune qui se rapproche de la Terre entraînant des conséquences catastrophiques. De quoi est capable une adolescente pour protéger sa famille quand elle n’a plus rien à perdre ?
  • L’Age des miracles de Karen Thompson Walker : L’humanité découvre avec stupeur que la rotation de la terre a ralenti. En Californie, Julia est le témoin de ce bouleversement, et de ses conséquences sur la communauté. Adolescente à fleur de peau, elle entre dans l’âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l’âge des miracles.

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Dans mon prochain post, je vous proposerais une nouvelle écrite par mes soins dans ce style : « Destination Amazonie » !!

Mes lectures du mois d’août

En cette veille de rentrée universitaire :-‘( je me replonge dans la nostalgie de mes vacances et vous présente la suite de mes lectures de plage. Quatre nouveaux titres qui, j’espère, vous donneront envie! N’hésitez pas à partager vos avis…

L'appel du coucou (2)

Le livre : L’appel du coucou

L’auteur : Robert Galbraith aka J.K Rowling, la célébrissime auteure, qu’on ne présente plus, de la saga « Harry Potter » et d’une « Place à prendre ».
J.K.R a souhaité remettre en cause sa renommée et a signé ce policier en prenant un pseudonyme afin d’avoir un point de vu plus objectif sur la qualité de sa plume. Le livre fut unanimement salué par la critique, mais les ventes stagnèrent… jusqu’à ce que la réelle identité de Galbraith soit révélée bien-sûr.

Pour la suivre : http://www.jkrowling.com/fr_FR/

Le synopsis : «  Une nuit d’hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu’au jour où l’avocat John Bristow, frère de la victime frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike.
Strike est au bout du rouleau : ex-lieutenant dans l’armée, il a perdu une jambe en Afghanistan, sa carrière de détective est au point mort et sa vie privée un naufrage. Aidé par une jeune recrue intérimaire virtuose de l’Internet, Strike est chargé d’enquêter sur la mort de Lula.
De boîtes de nuit branchées en palaces pour rock star assaillies par les paparazzi, en passant par un centre de désintoxication et l’hôtel particulier où se meurt la mère adoptive de Lula, Strike va passer de l’autre côté du miroir glamour de la mode, dont les reflets chatoyants dissimulent un gouffre de secrets, de trahisons, de manœuvres inspirées par la vengeance. »

Mon avis : Une vraie enquête policière. J’ai trouvé le livre très réaliste aussi bien dans la description des personnages, de la ville – en grande fana de Londres que je suis, j’ai été plus que ravie de situer, à la rue près, le déroulement de l’histoire – et dans l’enquête.
De plus, la chute nous laisse sur les fesses (c’est le cas de le dire).

Le hic : Peut-être un peu trop réaliste : beaucoup de noms de personnages à retenir, de témoignages, dépositions : passages qui nous paraissent sur le coup inutiles et nous laissent un peu perplexes (mais qui prennent tout leur sens à la fin).

En bref : un policier pour lequel je ne m’attendais pas du tout à la fin. Comme à l’accoutumé J.K Rowling fait les choses dans les règles de l’art et a réfléchit à tous les tenants et aboutissants avant de se lancer dans la rédaction de ce roman. Chaque détail a été pensé et a son importance. Je compte relire le livre maintenant que j’ai la solution pour prendre la mesure du tissu d’indices fournit.
Je suis impatiente de lire la suite des aventures du détective avec « Le ver à soie », J.K Rowling restant mon « maître absolu ».

The book of Ivy

Le livre : The book of Ivy

L’auteure : Amy Engel est une auteure américaine, mère de famille et voyageuse. Elle fut d’abord avocate pénaliste avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Avec The Book of Ivy, elle signe son premier roman.

Pour la suivre : http://amyengel.net/

Le synopsis : «  Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser chaque année, lors d’une cérémonie censées assurer l’unité du peuple.
J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall , et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie ; tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.  »

Mon avis : Une adaptation moderne de Roméo et Juliette dans un contexte post-apocalyptique.
On rentre tout de suite dans le vif du sujet. C’est un livre très facile à lire – lu en une seule et unique journée – et j’ai trouvé le thème intéressant, car cela permet de soulever certaines questions éthiques, tout en restant dans le cadre de l’histoire.
En outre, la fin est surprenante.

Le hic : certains passages restent un peu clichés (ça ne m’a pas empêché pour autant de me prendre au jeu et de raviver mon côté un peu fleur bleue).
J’ai regretté l’absence de quelques passages supplémentaires sur la préparation psychologique d’Ivy quant à sa mission.

En bref : compte tenu de la chute du premier tome, je pense qu’il peut se dérouler encore bien des aventures dans le deuxième volet : « The rebellion of Ivy » qui sortira courant 2016 aux Etats-Unis.

Qui es-tu Alaska

Le livre : Qui es-tu Alaska?

L’auteur : John Green est un auteur américain de 37 ans, diplômé de l’Université de Kenyon, il fut assistant de direction pour Booklist. « Qui es-tu Alaska? » est son premier roman. Il sera suivi de nombreux autres (« Le théorème des Katherine », « La Face cachée de Margo », « Flocons d’amour », « Will & Will », « Nos étoiles contraires ») qui ont tous connu un franc succès. C’est cependant « Nos étoiles contraires » et son adaptation cinématographique qui le propulse au sommet. Son livre « La Face caché de Margo » est le petit dernier a avoir été adapté au cinéma (avec la mannequin phare Cara Delevigne en second rôle.)
J.Green est très actif sur la toile pour le suivre : http://johngreenbooks.com/ ou https://www.youtube.com/user/vlogbrothers/

Le synopsis : « Miles Halter a seize ans mais n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire : ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l’insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante. »

Mon avis : L’histoire m’a beaucoup touchée. J’ai notamment apprécié les traits d’humour insufflés tout au long du roman et la passion de Miles pour les dernières phrases de gens célèbres : points bonus pour la culture G.
J’ai versé ma (mes) larme(s), preuve – d’un point de vu personnel – que l’auteur réussi parfaitement à nous faire partir à la rencontre de ses personnages et vivre leur histoire.

Le hic : Le livre reste ciblé jeune public (ou du moins pas rebuté par les fresques adolescentes : j’ai voulu le partager avec ma mère qui n’a pas du tout accroché par exemple.)

En bref : j’ai découvert cet auteur avec ce livre, puisque je n’avais pas lu « Nos étoiles contraires ». Au final, chronologiquement « Qui es tu Alaska ? » fut son premier roman donc je suis contente d’avoir commencé par le début. J’ai apprécié ce livre, mais redoute que les suivants se ressemblent. Je reste curieuse et place « Le théorème des Katherine » dans ma Wish List.

Les hommes de paille

Le livre : Les hommes de paille

L’auteur : Michael Marshall Smith est un auteur britannique de 50 ans diplômé de l’université de Cambridge. Il écrit ses romans « modernes » sous son nom raccourci de Michael Marshall, tandis qu’il garde son nom complet pour ses romans d’horreur ou fantastiques.
Ses œuvres ont été récompensées par de nombreux prix (Icarus, British Fantasy entre autres). Les hommes de paille fut son premier livre dans la lignée « œuvres modernes ».
Pour le suivre : http://www.michaelmarshallsmith.com/

Le synopsis : « Palmerston, Pennsylvanie : deux hommes en manteau noir pénètrent tranquillement dans un fast-food bondé. Avec patience et méthode, ils abattent soixante-huit personnes et inscrivent quatre mots sur la vitrine en lettres de sang.
Santa Monica, Californie : une adolescente renseigne un distingué touriste anglais sur les attractions de la région. Ce soir-là elle ne rentrera pas chez elle.
Dyersburg, Montana : un fils terrassé par la disparition brutale de ses parents découvre un message caché dans le fauteuil de son père : « Nous ne sommes pas morts ».
Trois fais divers. Trois énigmes dont la clé est enfouie sous une chape de plomb. »

Mon avis : Un thriller qui m’a coupé le souffle. L’intrigue est très bien menée et la chute dérangeante mais brillante. L’auteur adore les métaphores et les emploi très bien. Un style d’écriture vraiment personnel et original que je n’ai, pour l’instant, retrouvé dans aucune de mes lectures.
Le hic : Michael Marshall divague parfois et nous perd un peu au passage. Certains mystères restent non élucidés à la fin du livre (impossible de savoir si cela relève d’un choix délibéré ou non).
En bref : un livre perturbant et qui fait froid dans le dos par ses aspects les plus réalistes, mais que je conseille vivement si on aime ce genre.

Au programme pour le mois de septembre : du droit, du droit, du droit! haha non je vous épargne! A la place : de la romance et de la comédie… 

Crédit photos : Samshâ Tavernier

Book & Cook # 1 Le seigneur des anneaux

Aujourd’hui, nouvelle rubrique sur le blog : le « Book & Cook ».

Le principe : je vous propose une recette de cuisine inspirée de l’univers d’une œuvre littéraire que vous pouvez reproduire à volonté.

Pour ce premier post, je vous emmène en Terre du Milieu, goûter le Lembas : fameux pain de voyage elfique qui peut « garder un voyageur sur pied pour toute une journée entière de dur labeur » (J.R.R Tolkien)

Le seigneur des anneaux

Lembas - le seigneur des anneaux (2)

Pour réaliser ce gâteau « supérieur aux autres préparations à base de blé » (J.R.R Tolkien), il vous faut :

  • 3 œufs
  • du miel
  • un agrume au choix : orange ou pamplemousse
  • de l’arôme de fleur d’oranger
  • des amandes hachées
  • 30g de beurre fondu
  • de la farine de blé
  • une pincée de sel

Le seigneur des anneaux

Le seigneur des anneaux (2)

1. Cassez les œufs et fouettez-les à la manière d’une omelette.
2. Épluchez l’orange (ou pamplemousse) et coupez-la en petits morceaux à ajouter à la préparation à base d’œufs.
3. Ajoutez le miel, une bonne cuillère à soupe d’arôme de fleur d’oranger, deux cuillères à soupe d’amandes hachées, ainsi que le miel et le beurre préalablement fondu.
4. Versez la préparation dans un robot mixeur et mixez jusqu’à ce que la pâte soit bien lisse.
5. Ajoutez la farine et une pincée de sel et mélangez énergiquement la pâte.
6. Versez la pâte dans de petits moules carrés ou rectangulaires.
7. Enfournez à 180°C (utilisez la lame d’un couteau pour vous assurer de la cuisson).

Le seigneur des anneaux (3)

Verdict ?
Un gâteau très consistant (eh oui on ne plaisante pas si on veut pouvoir faire la traversée jusqu’au Mordor !) au goût de miel et d’orange. Un mix entre le financier et la pâtisserie orientale. Bref, un encas agréable à partager entre hobbits joufflus.
N’hésitez pas à partager vos avis / photos de réalisations en commentaires !
Bon appétit !

Crédit photos : Samshâ Tavernier

A la découverte de l’Hérault !

Suite de mon programme de vacances, histoire de faire durer l’été indien. Retour en France, cette fois je vous emmène dans le Languedoc Roussillon – plus exactement dans l’Hérault – destination de mes vacances depuis que je suis enfant.
Soleil, plage de sable fin, ballades champêtres (et shopping) au programme pour un ressourcement assuré.
Je vous laisse découvrir cet emploi du temps chargé chargé en images ! 😉

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Mes bons plans, essentiellement shopping je l’avoue :

  • « La couleur des sens » – Port Richelieu, Cap d’Agde : On y trouve d’authentiques savons de toutes les couleurs et parfums imaginables. Il faut également y aller pour la fabrication artisanale de paniers en osier so chic.
  • « Mija » & « Le shop by Mija » – Port Richelieu, Cap d’Agde : Les deux seules boutiques, avec celle citée précédemment qui vaillent vraiment le coup et échappent aux autres méga attrapes-touristes. On y trouve un melting pot de pièces de marques (Diesel, Dr Martens, Oakwood, Hipanema … ) pour un look un peu rock. Je conseille surtout Mija pour les bijoux et les chaussures qu’on ne trouve pas sur Paris.
  • « Cazadeco » : Mail de rochelonge, Cap d’Agde : Bijouterie fantaisie et déco style nordique. Les propriétaires sont adorables !
  • « Les ailes du désir » – 20 rue Jean Jacques Rousseau Centre Agde : Pour un mix de déco, bijoux, sacs et petits gadgets en tout genre. Ambiance babo chic, mais uniquement pour femme.
  • « MIAM musée d’art modeste » : Sète 23 Quai Maréchal de Lattre de Tassigny : petit musée à faire absolument. Les expositions y sont toujours inédites et nous font voyager. Ne manquez pas les sièges en forme de cerveau et les immenses vitrines d’objets de collection (exposition permanente).

Crédit photos : Samshâ Tavernier