Mes avis lecture du mois de mars

Coucou mes petits marshmallow 🍡 ! J’espère que vous allez bien et que le mois dernier a été riche en lecture!!

En ce qui me concerne mars a été marqué par du suspense, de l’émotion et du frisson et un peu de magie aussi…

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Le livre : Les plus étranges procès d’assisses 

L’auteur : Pierre Guelff est un chroniqueur judiciaire français qui est très connu dans le milieu pour son oeuvre constitutive d’un vrai travail de mémoire judiciaire. Il a assisté à plus de 300 procès d’assisses, autant dire qu’il a de quoi faire !

Le synopsis :  » La rumeur peut être assassine !  » lança un président d’assises aux témoins tenant des propos contradictoires à l’égard d’une jeune femme, soupçonnée d’infidélité par son mari, jaloux et violent. Pourtant bonne mère de famille, fidèle, serviable, elle fut massécrée à coups de couteau par son époux ! Il ne s’agissait ni de polar ni de fiction… De nombreux procès d’assises se démarquent par leur ampleur, la folie, les erreurs ou les faux des témoignages d’accusés, de leurs avocats, de magistrats, d’experts, d’enquêteurs, de témoins dits de moralité, de proches des victimes, ou, plus rare, de rescapés de situations dramatiques. Ce livre rassemble les récits de nombreuses affaires judiciaires souvent passées inaperçues. Des Cold cases relatées… »

Mon avis : Je remercie chaleureusement la maison d’éditions « La Boîte à Pandore » pour cet envoi!! 

Comme vous le savez peut-être, je suis étudiante en dernière année de Droit et je m’apprête à passer le concours d’avocat. Aussi, je me suis jetée sur l’occasion de découvrir cet ouvrage dont beaucoup de magistrats vantent les qualités.

Le moins que l’on puisse dire de ce livre c’est qu’il fait froid dans le dos. Lire un roman a suspense jalonné de meurtres un peu glauques c’est tout de même autre chose que de lire de véritables compte-rendus de procès! La sombre réalité vient souvent surpasser la fiction et se rendre compte de la cruauté des Hommes donnent quelques sueurs. Une des citations de l’ouvrage reflète bien cela : « On compare parfois la cruauté de l’homme à celle des fauves, c’est faire injure à ces derniers« (Dostoïevski).

A chaque chapitre correspond un procès et un terrible fait divers. Tous sont diversifiés si bien que l’on a pas l’impression de revivre encore et encore le même procès. Selon moi, cet ouvrage s’adresse davantage aux lecteurs non avertis : les faits sont bien résumés et les chapitres très courts. On ne retrouve pas d’éléments juridiques qui pourraient en décourager plus d’uns. Bref, la présentation est très ludique et plus que compréhensible pour tout un chacun, ce que j’ai trouvé très bien.

Il est fascinant de se plonger dans ces affaires et d’en avoir le dénouement. Il est assez surprenant de lire les arguments des diverses parties, aussi bien que les témoignages des familles, accusés ou victimes survivantes. Je ne vous cache pas que l’on tourne souvent les pages de cet ouvrage avec un goût amer car non seulement on est confronté à la misère sociale, à la mauvaise foi apparente de certains ou encore à l’absence de remords face à des actes horribles, mais aussi parce que la justice elle-même est mise face à ses contradictions et ses décisions parfois plus que contestables!!

Le hic : D’un avis très subjectif (et qui, je pense, ne concernera que les personnes les plus averties dans le domaine) j’ai trouvé dommage de ne pas avoir plus de précisions : les dates, les fondements juridiques utilisés par les avocats ou le procureur et la justification des verdicts finaux. J’aurai aimé comprendre davantage par quels moyens détournés certains ont triomphé…

En bref : Un livre qui se lit vite (petit format, police importante, chapitres courts) et qui est très intéressant surtout si vous aimez les faits divers et les enquêtes policières.


 

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Le livre : « Les dieux voyagent toujours incognito » 

 L’auteur : Laurent Gounelle est un écrivain et philosophe français. Passionné par les sciences humaines et la psychologie, son rêve d’adolescent était de devenir psychiatre. Il a appris la pratique du développement personnel au cours de ses voyages entre autres aux Etats-Unis, en Asie. Avant de devenir l’auteur à succès qu’il est aujourd’hui il fut consultant en relations humaines pendant plus de 10 ans ! Tous ses livres à messages se vendent comme des petits pains ! Il est l’auteur de « l’homme qui voulait être heureux », « le philosophe qui n’était pas sage » et « le jour où j’ai appris à vivre ».

Pour le suivre, c’est ici!

 Le synopsis : « Imaginez : vous êtes au bord du précipice. À l’instant fatidique, un homme vous sauve la vie.En échange : votre engagement à faire tout ce qu’il vous demandera. Vous acceptez et vous voilà embarqué dans un incroyable voyage où tout semble vous échapper. »

 Mon avis : Ce livre est un véritable coup de cœur !!!!! 💌 Je le crie sur tous les toits : lisez le !! C’est avant tout le synopsis et la réputation de l’auteur qui m’ont décidé à lire ce livre, mais mystérieusement je n’en attendais pas grand chose, seulement un petit livre « feel good » comique (un avis sans doute influencé par le titre peu banal).

Pourtant, dès les premières pages, j’ai été plongée dans les aventures d’Alan Greenmore. Rien que ça c’est un exploit, car il me faut généralement passer trois ou quatre chapitres pour être à fond dans l’histoire et m’identifier aux personnages. La plume de l’auteur y est incontestablement pour beaucoup, car Laurent Gounelle est très habile pour nous faire ressentir les émotions de ses protagonistes…

J’ai adoré l’esprit du livre qui délivre des messages positifs et motivants afin de s’améliorer, d’être plus confiant, plus libres et tout ça sans néanmoins tomber dans le côté livre psychologique ou de développement personnel, ce qui peut en effrayer plus d’un. Non ici, on vit des aventures, on rit, on est ému, il y a du suspense également. Bref, l’auteur nous présente une histoire et pas simplement un catalogue de conseils. Du coup c’est du 2-en-1 ! 🎈

Je me suis particulièrement identifiée à Alan : un jeune homme pas très confiant, qui a du mal à s’imposer face aux autres et qui subit un peu les événements. J’avais même l’impression que Laurent Gounelle s’adressait à moi et ça m’a fait un bien fou. Du coup, j’ai essayé d’appliquer les conseils délivrés au jour le jour et le livre continue à me suivre malgré le mot « fin ».

En bref : l’action est bien menée, les conseils utiles et parfaitement intégrés à l’histoire, la chute est surprenante. J’ai fermé ce livre le sourire aux lèvres et je serai très contente de le relire en cas de coup de blues ! 📖🌞

Le + : les droits du livres ont été achetés en vue d’une adaptation cinématographique… Je pense que le résultat peut être sympa (même si les images auront, je pense, du mal à retranscrire la palette des émotions développées par écrit).


 

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Le livre : « Le jeu du maître » Tome 1

 L’auteur : James Dashner est un écrivain américain de 42 ans, diplômé de la Brigham Young University. Il aime s’inspirer des livres et films qu’il a appréciés comme le Seigneur des anneaux, par exemple. Il est l’auteur de différentes séries en plus de celle de l’Épreuve ( Infinity Ring, The Jimmy Fincher saga, The 13th Reality) C’est néanmoins avec L’Épreuve qu’il rencontre un vrai succès, puisque la saga a été adaptée au grand écran.

Pour le suivre : http://jamesdashner.com/

Le synopsis : « Quand le quotidien est sans intérêt, que les rêves n’existent plus, il reste la réalité virtuelle : comme la plupart des jeunes de son âge, Michael passe son temps sur le VirtNet, une plateforme tentaculaire à mi-chemin entre un jeu vidéo et un réseau social. Relié au serveur par des fils sensoriels, son cerveau baigne dans cet univers parallèle. Mais quand une série de suicides – bien réels, ceux-là – intervient dans le cadre du jeu, Michael et ses amis hackers doivent se rendre à l’évidence, effrayante. L’intelligence artificielle aurait-elle pris le pas sur la réalité ? »

Mon avis : J’ai adoré la série de l’épreuve dont je vous parlais ici, du coup à la sortie de cette nouvelle saga, je n’ai pas hésité une seconde avant de me jeter dessus haha.

J’ai retrouvé dans ces nouvelles aventures des points communs avec celles de l’Epreuve : un environnement futuriste et désillusionné, beaucoup d’aventures, une course constante contre la mort, pas de temps pour le pathos ou les sentiments, un héros courageux et malin comme Thomas.

Mis à part ça, « le jeu du maître » s’éloigne beaucoup de la première saga de Dashner. Pour moi cette nouvelle trilogie est un mix entre Matrix et Inception ! On est plongé dans deux mondes parallèles : la Veille qui correspond au monde réel et le Sommeil qui est une simulation ultra réaliste dans laquelle 90 %  de la population se plonge volontairement afin de s’échapper un peu du quotidien et pour vivre des aventures incroyables tels des héros de jeux vidéos. Michael et ses deux amis, pirates de haut vol et joueurs reconnus vont se retrouver embrigadés malgré eux dans une chasse à l’homme palpitante et dangereuse.

J’ai apprécié cette lecture sans toutefois adorer. Du coup toute petite déception au regard des précédents livres de Dashner.

La chute de ce premier tome est surprenante et je ne l’avais vraiment pas vu venir, mais je l’ai trouvé trop abrupte, manquant d’un peu plus de développement et d’émotions pour bien prendre la mesure de ce qu’elle implique.

Le hic : J’ai mis un peu de temps avant de rentrer dans l’histoire. Je ne connais rien à l’informatique du coup toutes ces histoires de codes, tangentes matrices & co m’ont laissé un peu perplexe. Toutefois, une fois prise dans le récit, on oublie assez rapidement ces petites incompréhensions.

En bref : Un premier tome qui développe un concept intéressant et qui n’est pas avare en action ! J’attends la tournure que va prendre le deuxième tome avec impatience.


 

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Le livre : « La passe-miroir – Tome 1 Les fiancés de l’hiver »

L’auteure : Christelle Dabos est une jeune auteure française vivant en Belgique. Avant de se consacrer à l’écriture, elle souhaitait être bibliothécaire. Elle fait ses débuts au sein de la communauté d’auteurs « Plume d’Argent » qui l’incite à poursuivre sur cette voie. C’est en 2012  qu’elle devient la lauréate du Concours du premier roman jeunesse avec « Le passe-miroir ».

Pour la suivre c’est ici.

Le synopsis : « Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. »

Mon avisJ’ai entendu parler de ce livre dans le cadre du concours de littérature de Gallimard organisé chaque année. Le résumé (et la couverture) me plaisait bien, mais c’est surtout les avis dithyrambiques de la blogosphère qui ont fini de me convaincre.

J’admets avoir débuté la lecture de ce pavé avec un peu d’appréhension, ayant peur d’être déçue après en avoir lu / entendu tant de bien. Néanmoins, je vais rejoindre le clan des groupies de Christelle Davos et dire haut et fort que ce premier tome est un coup de coeur ❤️. Je le classerai même dans la lignée des sagas à la « Harry Potter » (même si ce dernier reste indétrônable).

Dès les premières lignes, je me suis retrouvée dans un monde légèrement futuriste et fantastique : suspendu, alambiqué, plein d’illusions🔮, dont chaque arche est présidée par des « esprits de famille », espèces de géants qui semblent tout droit sortis de la mythologie greco-romaine et au caractère bien trempé. Je n’en dis pas beaucoup plus, car j’ai trouvé plaisant de découvrir moi-même les caractéristiques d' »Anima », du « Pôle » et du « Clairedelune »🌛, ainsi que des personnages au fil des pages. En tout cas, l’univers est extrêmement riche et détaillé. Les descriptions aussi bien des lieux que de la vie intérieure des personnages permettent de se plonger rapidement dans l’histoire (si bien que jusqu’à la toute dernière ligne j’ai eu beaucoup de mal à en sortir).

Autre + : on ne s’ennuie pas ! Loin de se contenter de créer un univers à part entière, l’auteure nous guide d’une aventure à l’autre, le tout teinté d’un halo de mystère. En effet, chaque personnage, à un moment ou à un autre, nous semble suspect et indigne de confiance. On se prend un tantinet pour un joueur d’échec ou de poker 🃏🎲 en tentant de deviner qui bluffe et qui est intègre (mais autant vous le dire tout de suite, Christelle Dabos m’a menée par le bout du nez et après ce premier tome, je ne sais toujours pas comment je me comporterai à la place d’Ophélie).

Le hic : Le personnage principal d’Ophélie a un petit côté frustrant, car je l’ai trouvé trop timide et effacée, voire un peu aveugle quand à ses relations avec Thorn (je m’arrête là promis) ! Je dois néanmoins admettre que malgré ces petits instants qui m’ont fait taper du poing sur la couette (oui, je lis dans mon lit bien au chaud comme une petite mamie☕️), je me suis identifiée à elle : une jeune fille qui adore lire, légèrement dans les nuages et un peu gauche haha.

En bref : Courez, volez petits papillons pour découvrir de toute urgence ce livre et son monde tarabiscoté! Vous serez pris par l’aventure, le suspense, la cruauté des personnages mais également par leurs sentiments plus tendres. Je suis impatiente de découvrir le tome 2 « Les disparus du Clairedelune » et la suite des aventures d’Ophélie au sein du « Pôle », elles seront, je pense, pleine de surprises.

Et vous, avez-vous lu des choses intéressantes le mois dernier? Des livres à me conseiller? 📚

Crédit photos : Samsha Tavernier 

Tamarin et boules coco # Part 2

Coucou mes petits palmiers ensoleillés ! 🌴

J’espère sincèrement que la première partie des aventures de Veronica vous a plu! Voici, comme promis, la suite et fin !

Tamarin & boules coco

« Tamarin et boules coco » © samsha tavernier, Tous droits réservés

Conformément à l’article L.335.2 al 3 du Code de la propriété intellectuelle : « La loi incrimine au titre du délit de contrefaçon : toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi ».


 

Cette visite a été plus fructueuse que ce à quoi je m’attendais. Désormais, mon champ de recherche est considérablement réduit et se limite à la jeune Vanessa.

L’homme de la rhumerie Saint James m’a parlé du marché de Fort-de-France et de son stand de douceurs. Je suis juste à côté, j’imagine donc que ça ne coûte rien d’aller y faire un tour.

Là-bas, je suis happée par la vie bruyante qui règne entre les étales. Les gens jacassent, palabrent, rient en s’esclaffant dans une exubérance et une gaieté toute antillaise. Le créole qu’on entend est coloré, de joyeuses moqueries fusent d’un stand à l’autre, tandis qu’une douce odeur de bon zépis me cueille les narines.

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Des montagnes de safran, curcuma, curry et bois bandé pour les touristes appellent le regard. Sous un autre chapiteau c’est un sirop de gingembre épais et doré qui attire les rayons du soleil. Par là, de beaux poissons frais et luisants reposent dans de grandes feuilles vertes de bananier. Tout me donne envie, mais c’est l’étal des douceurs qui regorge de monde. Une longue table parée de macramé crème déborde de confiseries toute plus alléchantes les unes que les autres : nouga-pistach, gousses de vanille, sorbé koko (sorbet à la noix de coco), pâtés coco / goyave, tanmaren glasé (tamarin glacé), confiture de barbadine.

 

 

J’accroche enfin le regard d’une des femmes qui tient l’étale :

– Bonjour, je cherche Vanessa.

– La pli bel’ qui nom ou ? (« la plus belle quel est ton nom ? ») Me répond t-elle en créole.

– Veronica.

– Aie aie aie bondié où pas save pièce ? (« ohlala mon dieu, tu n’es pas au courant ? ») Vanessa, ça fait plusieurs jours que personne ne sait où elle est, ni moi, ni les autres. Je ne peux pas t’aider.

La deuxième femme semble avoir entendu notre conversation et se rapproche, prête à commérer.

– Pauv’ Joseph ! Déjà que la vie n’était pas facile pour lui.

Ma curiosité est piquée :

– Pourquoi ?

Elle roule les yeux au ciel comme si j’étais la dernière des « coco gningnin » (parisienne).

– A cause de l’histoire avec les Marcel pardi !

– L’administrateur de la distillerie Saint James ?! Je m’écris.

– Bah oui ! Qui d’autre ? Joseph et la femme de Pierre Marcel ont eu une histoire tous les deux. Je crois bien que toute l’île est au courant. Poursuit-elle.

– Et qu’est-ce qui s’est passé ?

– Ils allaient s’enfuir tous les deux. Joseph et la femme Marcel ça faisait des mois qu’ils se fréquentaient en secret, mais ils étaient de moins en moins discrets. Ils avaient décidé de le dire à tout le monde et de vivre leur idylle. La femme Marcel, elle avait fait ses bagages, à ce qu’on dit, mais, il est rentré juste à temps. Missie Marcel, il a dit à Joseph, que s’il partait avec sa femme, il serait viré et qu’il veillerait à ce qu’il ne retrouve plus jamais de travail ici. La femme Marcel, elle s’en fichait puisqu’elle voulait se rendre en métropole retrouver sa famille. Mais pour Joseph c’était différent … avec Vanessa.

Cette révélation me laisse pantoise quelques secondes.

– Joseph a du choisir entre la femme qu’il aimait et son île?

– C’est ça ! Je te laisse deviner ce qu’il a préféré.

– Et la femme Marcel qu’est-ce qu’elle est devenue ? Je demande.

– Toujours avec son mari dans leur habitation de Saint Pierre. On la voit plus beaucoup dehors depuis.

– Triste histoire.

– Ouai tu l’as dit. Mais, le plus bizarre c’est que Missie Marcel il a gardé Joseph à la rhumerie, « an matadore » (« un gentleman »).

En effet, c’est vraiment très généreux de sa part. Un peu trop même. Personnellement, si je découvrais qu’Adam vivait une liaison torride depuis des mois avec une de mes employées et prévoyait de me laisser tomber comme une vieille chaussette, pour sûr que je ne me gênerai pas pour le mettre à la porte, de le ratatiner même…

– Longé la main. Poursuit-elle (« tends la main »).

Je m’exécute et elle y glisse un petit lokio :

– pou la mamaille (« pour les enfants »). Me dit-elle dans un clin d’œil.

Petit à petit, les choses s’éclaircissent et les pièces du puzzle se mettent en place. Je suis désormais convaincue qu’une petite escapade à la maison de Saint Pierre s’impose.

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La ville fut « la perle des Antilles », « le petit-Paris » comme on disait, avant sa destruction suite aux nuées ardentes de la Pelée en 1902. Un seul survivant Cyparis, un espèce de « nègre marron » enfermé sous terre comme qu’on dirait il était Lucifer !!

Martinique 2005 - Photo © Richard Soberka - http://www.photoway.com/

Désormais, les stigmates de la tragédie sont une attraction touristique comme une autre et la ville s’est reconstruite en tant que ville « d’art et d’histoire ».

Je ne mets pas bien longtemps à trouver la propriété des Marcel, grâce aux indications pointues des passants.

La demeure est incroyablement belle : sur deux étages avec de grandes portes et fenêtres parées d’auvents décoratifs. La structure en bois typique de l’architecture créole a été conservée, mais on sent que la maison a été modernisée récemment avec sa grande véranda et son balcon. De multiples dessins de dentelle ornent la façade rappelant un style victorien et le toit est ourlé de lambrequins peints en blanc.

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Des haies d’orangers ont été disposées autour de l’habitation pour la protéger des regards trop indiscrets, mais le portail de fer forgé un peu rouillé est resté entre-ouvert. Je m’introduis dans le jardin en espérant qu’il n’y ait pas de chiens pour défendre leur territoire.

Au milieu des jardinières d’épices et des arbres fruitiers, je distingue un salon de jardin à l’ancienne. Une femme, dos à moi, y est assise.

-Madame Marcel ?

Elle se retourne pour me faire face. Elle n’a pas l’air surprise malgré mon intrusion impromptue dans son oasis. Elle porte de longs cheveux blonds ondulés et possède la beauté d’une statue. Sur le coup, j’ai même du mal à comprendre comment Joseph a pu préférer quoi que ce soit à cette femme.

– Venez vous asseoir avec moi. Me lance t-elle d’une voix qui semble lasse.

– Bonjour, je m’appelle Veronica.

Je lui tends une main ferme qu’elle me serre et suis surprise de la force qu’elle emploie malgré son gabarit fragile.

– Vous voulez boire quelque chose ? Me propose t-elle poliment.

– Non merci, c’est très gentil.

– Allons voyons, j’ai du supérieur (un rhum de très bonne qualité) ça ne se refuse pas !

Elle ne me laisse pas le temps de répondre qu’elle est déjà partie dans la cuisine chercher une de ses meilleures bouteilles. Elle revient avec des verres bien trop grands pour ce genre de boisson et nous serre plus que généreusement avant d’enfiler son verre d’une traite sous mes yeux éberlués.

– Alors, que me vaut l’honneur de votre visite… Veronica ?

– Je suis venue au sujet de Vanessa.

Cette fois, il semblerait que j’ai capté son attention.

-Vanessa, la fille de Joseph ?

J’acquiesce pour toute réponse.

– Eh bien que se passe t-il ?

Madame Marcel n’a pas l’air d’être au courant de la situation et je me sens soudain mal à l’aise de devoir lui annoncer la nouvelle alors même que je ne connais ni l’une ni l’autre.

– Vanessa est portée disparue depuis plusieurs jours maintenant. Il ne semblerait pas que ce soit une fugue.

A l’annonce de la triste nouvelle, elle s’est redressée sur sa chaise et se tient désormais droite comme un i.

– Quoi ? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire?! Vous êtes de la police ?

Sans raison valable, mon instinct me dicte de tout lui raconter depuis le commencement sur la plage de sable noir. J’ai la nette sensation que cette femme meurtrie par la vie saura me comprendre et soutiendra ma petite enquête.

– Bondié ! Ça mwen faite pou mérité ça? (« Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? ») S’exclame t-elle à la fin de mon récit.

– Pourquoi dites-vous cela ?

La femme du béké se resserre un énorme verre de rhum qu’elle descend à la même vitesse que le précédent avant de poursuivre.

– Depuis mon aventure avec Joseph, Pierre – mon mari – a complètement changé. Il est devenu aigri, méchant. C’est de lui que je tiens ma mauvaise habitude pour la boisson en plein après-midi comme vous pouvez le voir. Il n’est jamais à la maison, dépense tout son argent au pit, combat de coqs et autres courses de chevaux. Il est devenu comme son père !

Elle a craché la dernière réflexion avec tellement de mépris que je me demande sincèrement quelle est la raison de sa présence dans cette maison.

– Il rumine sa vengeance à l’encontre de Joseph depuis cette histoire ! Veronica je suis sûre que c’est lui !!

Je reste clouée sur place suite à cette révélation.

– Vous me dites que c’est votre mari qui a enlevé Vanessa ?

– C’est bien ce que je vous dis ! J’en ai l’intime conviction. C’est sa façon de nous punir tous les deux.

Je me lève comme un diable sorti de sa boîte.

– Il faut prévenir la police ! Répétez leur ce que vous venez de me dire !!

La main de madame Marcel se referme sur mon poignet telle une serre lorsque je dégaine mon téléphone portable.

– Et vous pensez qu’ils vont me croire ? Mon mari a des amis hauts placés et je n’ai aucune preuve de ce que j’avance !

Mon bras retombe mollement. Elle a raison, la police ne pourra pas se fonder sur de telles accusations sans la moindre preuve. Mais, nous ne pouvons quand même pas rester là et ne rien faire. Si ce que m’a dit madame Marcel s’avère être exact, il est possible que Vanessa court un grand danger à l’heure qu’il est.

-Il faut fouiller la maison ! Je m’exclame.

Madame Marcel accepte mais reste en arrière tandis que je m’engouffre dans la fraîcheur de la bâtisse. Je passe la cuisine et le salon immaculé sans m’arrêter et traverse au pas de course le couloir en poussant les portes pour arriver à la pièce qui m’intéresse : le bureau de Pierre Marcel. Les murs et le plafond sont couverts de lambris sombres, ce qui donne une ambiance confinée à la pièce pourtant grande. Un grand chai à rhum d’époque décore la pièce a côté d’une bibliothèque aux étagères épurées.

Je me dirige immédiatement vers le bureau. Sur le plateau ciré: un encrier et une plume décorative, un globe sur pied et un porte-lettres. Je fais défiler rapidement les lettres décachetées mais ne trouve rien qui puisse assouvir ma curiosité, seulement des factures et des relevés bancaires bien garnis. En conséquence, je m’attaque aux tiroirs qui, contrairement au reste de la pièce, contiennent un joyeux bazar.

Le dernier est fermé à clé, ce qui me fait aussitôt penser que s’il y a quelque chose à trouver, c’est ici que Monsieur Marcel le cache. Après avoir tiré dessus comme une forcenée, sans succès, je commence un peu à me décourager. Où peut-on bien cacher une clé de bureau ? Ça m’étonnerait beaucoup qu’il la garde sur lui, ce n’est pas non plus un coffre-fort. J’en déduis donc que la clé doit être dans la pièce.

Je me précipite vers la bibliothèque et secoue vigoureusement les livres en espérant qu’une petite clé va en tomber, mais rien. Je m’attaque au chai, lorsque j’ai une meilleure idée ! Je me rue de nouveau vers le bureau et soulève le vieux globe sur pivot. Bingo ! La clé est scotchée sous le pied. Je me dépêche d’ouvrir le tiroir pour y fouiller.

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Crédit illustration : Christine Couturier

 

Je suis déçue de ne pas y trouver grand chose d’intéressant. A première vue seulement des chéquiers et des dossiers sur l’exploitation Saint James. Mais à mieux y regarder je tombe sur une facture de location de bateau. Le reçu indique que monsieur Marcel a emprunté un hors-bord il y a quatre jours. Cela pourrait correspondre à la date de l’enlèvement de Vanessa. Malheureusement, il n’y a pas informations supplémentaires. Je m’affale sur la moquette bleue, emprunte à une soudaine lassitude.

Réfléchissons. Si j’enlevais quelqu’un sur cette île où est-ce que je pourrai cacher le corps, à l’aide d’un bateau ? Saint Anne ? Le Diamant ? La pointe d’Enfer ? Je m’arrête un instant sur cette dernière supposition. C’est peut-être ce que je ferai rien que pour le nom qu’elle porte, mais ce serait trop prévisible.

Je promène mes yeux sur le reste du bureau et tombe sur un cadre accroché au mur près de la fenêtre. Une photographie y est encadrée, elle représente les Marcel qui s’embrassent. Ils avaient l’air heureux à cette époque. Il me semble reconnaître que le cliché a été pris sur la presqu’île de la Caravelle. Mais bien sûr !

Je suis sur le point de retourner voir Madame Marcel, la femme du béké, pour lui faire part de mon idée quand j’entends la porte d’entrée claquer, suivi de bruits de pas sur le carrelage du hall.

– Denise ?

La voix est grave, dure, déterminée. Elle colle à la perfection avec le portait que j’ai vu de Pierre Marcel à la plantation Saint James.

Je m’empresse de refermer le tiroir du bureau et de remettre la clé à son emplacement d’origine. Je me suis mise dans un beau pétrin. Madame Marcel était sans doute bien sympathique de se laisser conter causette par une inconnue, mais ça m’étonnerait beaucoup que le propriétaire des lieux soit du genre à laisser quiconque pénétrer chez lui et fouiller dans ces affaires.

La meilleure alternative me paraît être la large fenêtre du bureau. Je l’ouvre le plus doucement possible, mais ne peut éviter un grincement provoqué par le bois gonflé de chaleur. Mon pouls s’emballe et je me fige sur place de peur d’entendre les pas lourds avancer dans ma direction.

Après quelques secondes d’une attente interminable, je passe mes jambes l’une après l’autre par l’embrasure de la fenêtre et cours com’si Deye bonda moin tjou (« comme si j’avais le diable aux fesses »).

Je ne reprends ma respiration qu’une fois dans l’habitacle sûr de la voiture et prends la route vers une station de bateau-taxi. Vers la dernière étape de mon périple : la Presqu’île de la Caravelle.

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Malgré la taille réduite de la Presqu’île, on y trouve un condensé impressionnant de paysages : plage, fourrés, forêt sèche, en passant bien sûr par l’inquiétante et insaisissable mangrove qui abrite toutes espèces d’oiseaux, crabes pour le matoutou et indésirables bêbêtes.

En arrivant à l’extrémité de la péninsule, je me dis qu’il est largement temps d’appeler Adam.

– Veronica ?! S’écrie t-il dès la deuxième tonalité.

Ouch, il n’a pas l’air ravi.

– Oui, Adam je t’appelle pour te dire …

Il ne me laisse pas finir ma phrase :

– Tu es où?! J’ai essayé de t’appeler une centaine de fois mais impossible de te joindre ! Je me suis fait un sang d’encre. Sérieux, tu es complètement irresponsable ou quoi ? J’étais sur le point d’appeler les flics !

– Je sais, je suis désolée ! Mais écoute moi. Je suis sur la Presqu’île de la Caravelle. Adam, j’avais raison pour la bouteille. Je crois sincèrement que ce n’était pas une blague et que le mot a été écrit par une jeune fille du nom de Vanessa qui a disparue il y a quatre jours. J’ai questionné des connaissances qui m’ont parlé d’une histoire de famille mêlant Pierre Marcel le contremaître de Saint James ! Sa femme est persuadée qu’il l’a enlevée et je pense qu’elle est ici.

Un grand silence accueille mes révélations.

– Non, mais tu es vraiment dingue !! C’est quoi ces sornettes encore ?! Tu t’es prise pour Sherlock ou quoi ? Veronica on est en vacances et tu nous as planté toute la journée avec Isobel sans même un mot pour nous dire où tu allais. Je voudrais vraiment que tu rentres maintenant !

Je n’ai pas le temps de répliquer qu’il m’a raccroché au nez. J’hallucine ! C’est vrai que j’aurai dû le prévenir avant, mais je savais qu’il m’aurait convaincu de rentrer à Grand’case, il me fallait des éléments concrets à lui présenter pour lui prouver qu’il avait eu tord.

Il ne sera pas content, mais après tout le chemin parcouru je ne vais pas abandonner la partie aussi facilement. Je glisse donc mon téléphone dans ma poche et reprends mon exploration de la presqu’île.

Inutile de m’attarder sur la plage ou dans les savanes herbacées. Si Vanessa est là, c’est dans la mangrove que je la trouverai.

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Je m’enfonce dans cet écosystème mystérieux et avance avec difficulté entre les racines-échasses des palétuviers. Je m’accroche aux troncs pour ne pas me casser la figure et frémis dès que j’entends un bruit étouffé, de crainte de tomber nez à nez avec une mygale ou un serpent. Je me donne du courage en me répétant sans cesse « moins pas pé ayen » (« je n’ai peur de rien »). Mais heureusement, je ne croise que des toutoulous (crabes) et des grenouilles.

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Crédit illustration : Christine Couturier

 

J’ai l’impression de marcher depuis des heures, sans but précis. Je n’ai pas trouvé la moindre trace de Vanessa et commence à me dire que je me suis soit trompée de piste, soit j’affabule complètement.

– VANESSA ?! Je hurle et un majestueux ibis rouge s’envole à grands bruits de plume, me faisant sursauter.

Je réitère : VANESSA ! Je n’ai plus rien à perdre et j’avoue que je commence à avoir envie de rentrer auprès de ma famille. Cette journée m’a exténuée.

Je reste silencieuse un moment, attendant une réponse. Je suis sur le point de rebrousser chemin lorsqu’un craquement sourd me retient.

– VANESSA !

De nouveau le même craquement. Une fois, puis deux.

Je me précipite dans la direction du bruit, manquant de m’affaler à plusieurs reprises.

Lorsque je parviens enfin à la provenance du crac, je suis au bord de l’eau et observe un amoncellement de racines tarabiscotées à moitié immergées. Ai-je halluciné ?

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Un mouvement dans l’eau provoque des vaguelettes concentriques et attire mon regard. Là, entre les grandes racines formant une petite grotte, je distingue le visage effrayé de Vanessa, bâillonnée, les mains retenues par une corde rêche à une des racines.

– J’arrive ! Je viens te chercher !

Je n’ai pas amorcé deux pas dans sa direction qu’un bruit de chargeur de carabine me stoppe net.

– Cé mô an kaif mô ici pa! (« c’est la mort qui vous attend ici ! »)

Je reconnais la voix grave, dure et déterminée de Pierre Marcel et me liquéfie sur place. Mon cœur bat si fort dans mes oreilles que j’entends à peine les mots qu’il prononce.

Je me retourne le plus lentement possible afin de lui faire face. Son visage est fermé, ses yeux plissés en deux fentes brunes. Mes doigts courent dans ma poche et appuient à l’aveugle sur la touche « bis » de mon téléphone. Bondié faites qu’Adam ne soit pas trop en colère et qu’il décroche le téléphone.

– Veronica c’est ça ?

– Comment le savez-vous ?

– Il faut croire que Denise n’a pas su tenir sa langue. Croyez le ou non, elle m’accuse d’avoir enlevé la fille de Joseph ! Elle boit tellement qu’elle en a perdu la tête !

Il a ponctué sa réplique d’un rictus qui me fait frissonner. Celui d’un homme qui a perdu tout sens du raisonnable.

– Vous devriez le savoir, Veronica, la curiosité est un vilain défaut. Si vous ne le saviez pas, vous allez l’apprendre à vos dépends !

En une enjambée, il est à ma hauteur et m’attrape violemment le bras.

– lafjé mwen! (« lâchez moi ! ») Je crie de toutes mes forces en espérant que quelqu’un m’entende.

– Pé là ! (« ferme là ! ») Réplique t-il avant que la crosse de la carabine qu’il tient ne vienne s’écraser sur mon visage.

 

***

 

Lorsque je reprends connaissance, je suis dans la même position inconfortable que Vanessa. Mes poignets sont douloureusement liés et j’ai de l’eau jusqu’à la poitrine. Le bout de tissus crasseux qui me maintient muette laisse un horrible goût de terre et de sueur sur mon palais à chacune de mes respirations.

Je ne veux pas mourir ici ! Pas comme ça. Je pense à Adam et à Isobel et des sanglots restent coincés dans ma gorge nouée.

Pierre Marcel est assis sur les racines, nous surplombant de quelques centimètres, se massant vigoureusement les tempes.

– Ah, vous voilà de nouveau parmi nous mademoiselle Veronica ! Juste à temps pour le clou du spectacle. S’exclame t-il en me voyant m’agiter au bout de ma corde.

– Je ne vous cache pas que vous avez saboté mes plans en une après-midi. J’avais tout prévu. Faire accuser Joseph du propre enlèvement de sa fille qui aurait tenté d’en faire peser la responsabilité sur moi. Dans le seul but de me faire jeter en prison et d’être tranquille pour fricoter avec ma femme. Vous imaginez le scandale ? Puis vous avez ramené votre grain de sable dans ma machine infernale. Mais ne vous en faites pas mademoiselle Veronica, je ne suis pas du genre à m’arrêter au moindre obstacle, sinon je ne serai pas là où je suis. Vous m’avez facilité la tâche à fureter et poser des questions sur Vanessa toute la journée. Nous n’aurons qu’à rajouter un bref chapitre sur la façon dont vous avez démasqué l’abominable plan de Joseph et comment les choses ont mal tourné. Un coup est parti si vite.

Pierre Marcel se lève et oriente sa carabine sur mon visage. Je me débats autant que possible pour me défaire de mes liens, mais la corde ne fait qu’entailler ma peau humide, sans se déserrer d’un pouce. Je ferme les yeux si fort que mes orbites me brûlent. Ça y est c’est la fin, je vais être assassinée ici et mon corps sera décomposé et mangé par la faune de la mangrove avant que quelqu’un ne me retrouve.

J’entends le bruit de la sécurité qu’on enlève et …

– POLICE ! Lâchez votre arme et levez les mains bien en évidence !

Je rouvre les yeux et arrive à peine à croire ce que je vois. Un groupe de policiers armés jusqu’aux dents tient Pierre Marcel en joue. Derrière eux, Adam et j’imagine, Joseph. Cette fois, je ne retiens pas mes larmes qui dévalent en cascade sur mes joues sales.

 

***

– Merci infiniment pour l’aide précieuse que vous nous avez fournie Madame Dantica. Me dit le chef de brigade. Et surtout si vous vous ennuyez à Paris, songez à une reconversion sur l’île ! Rajoute t-il en me tapant amicalement dans le dos.

– J’y songerai…

Inutile de préciser que j’ai eu mon compte d’action pour les prochaines années.

Joseph et Vanessa sont vraiment des personnes adorables et je suis ravie d’avoir pu les aider ! Pour nous remercier, Joseph a tenu a nous emmener Adam, Isobel et moi dans son restaurant préféré à Saint Joseph : chez Madou Siwo une immense paillote ouverte aux alizées et à la carte bien fournie.

– Qu’est-ce qui vous ferait plaisir Veronica ?

– Tamarins et boules coco !

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Crédit illustration : Christine Couturier 

N’hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ma nouvelle / carnet de voyage!  ✈️

(Toutes les photos sont issues de banque d’images internet)

Tamarin et boules coco # Part 1

Coucou mes jolis colibris! 🌺

Comme promis, j’ouvre une petite thématique Martinique sur le blog. Après les photos de mon voyage, j’ai eu envie d’entreprendre une sorte de carnet de voyage un peu particulier. Plutôt que de récolter des clichés, des fleurs séchées et autres bricoles, je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de le faire sous forme de nouvelle ✒️.

Je vous propose donc la première partie d’une histoire tout droit sortie de mon imagination! En espérant que cela vous plaise!

Bonne lecture! 😘


 

Tamarin & boules coco

Crédit photo : Samsha Tavernier

« Tamarin et boules coco » © samsha tavernier, Tous droits réservés

Conformément à l’article L.335.2 al 3 du Code de la propriété intellectuelle : « La loi incrimine au titre du délit de contrefaçon : toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi ».


 

-Veuillez attacher vos ceintures s’il-vous-plaît, nous allons atterrir. Nous dit l’hôtesse en passant entre les sièges, un sourire mielleux collé sur le visage.

-Isobel tiens toi tranquille s’il te plaît on arrive !

Je suis incroyablement soulagée que l’interminable trajet en avion arrive à son terme. Je ne suis jamais tranquille dans les airs, angoisse que j’ai probablement hérité de ma mère. J’ai mal aux fesses et Isobel vient de finir le dernier coloriage de son cahier acheté la veille spécialement pour l’occasion. Timing parfait.

Je regarde Adam qui ronfle doucement, imperturbable. Nous pourrions nous crasher sur le champ qu’il ne s’en rendrait même pas compte. Il faut dire que ces dernières semaines ont été éprouvantes pour lui avec la somme colossale de travail qu’il a accumulé. Pour moi c’est plutôt l’inverse. En ce moment, ma routine est d’un ennui mortel et j’espère sincèrement que ces vacances vont me donner un peu de punch.

« Nous arrivons à l’aéroport Aimé Césaire en Martinique. Il est 15h30 heure locale. La température extérieure est de 30 degrés avec un taux d’humidité de 70%. Nous vous remercions d’avoir choisi notre compagnie et vous souhaitons un bon séjour.»

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Hallelujah ! Je me vois déjà arborer mon petit bikini bleu Eres – qui m’a coûté un bras compte tenu de la quantité de tissu, mais qui fut un achat bien mérité après la perte difficile de mes kilos en trop – au bord de la piscine turquoise de l’hôtel !

Je secoue vigoureusement mon mari pour le réveiller.

– Papa, papa on arrive !! S’écrie joyeusement notre bout-de-chou.

Avec ses yeux marrons en amande et ses cheveux châtain clair, l’enfant est une chabine adorable qu’on aime rien qu’à la regarder.

Adam, encore tout endormi, grogne pour toute réponse. Une tâche de bave s’est répandue sur son tee-shirt blanc et les coutures de l’oreiller gonflable lui ont laissé de grosses marques sur le visage. Scène risible étant donné que ces derniers temps il ne me semble pas l’avoir vu sans son très sérieux costume trois-pièces et son attaché case. A croire qu’il ne quittait même pas la cravate pour dormir.

Dès que nous posons le pied sur le tarmac de l’aéroport, une chaleur suave nous englobe et une douce brise rend les 30 degrés tout juste agréables. Je laisse Adam se charger des bagages et de la voiture de location, tandis que j’attends dehors, Isobel dans les bras. Je ferme les yeux et laisse les rayons du soleil picoter mon visage, égrainant de nostalgiques souvenirs d’enfance.

La Martinique est l’île de mon père, la mienne également. Malgré notre déménagement en métropole, nous y revenions chaque été jusqu’à mon adolescence. Puis les circonstances ont rendu les choses plus difficiles : les moyens financiers, mes études à l’étranger, ma profession prenante et finalement ma rencontre avec Adam. C’est la naissance d’Isobel qui a tout changé. Je voulais que ma fille soit animée des mêmes souvenirs enchanteurs que les miens. A l’époque où chaque déplacement est une aventure, chaque endroit un nouveau terrain de jeu, il fallait que je lui offre le plus merveilleux qui soit.

-En carrosse mes beautés ! S’écrie Adam en brandissant fièrement les clés de la voiture de location flambante neuve. Un énorme pick-up noir mat nous attend à l’autre bout du parking. Bien sûr, il a fallu qu’il prenne le plus gros modèle du catalogue. Un engin bien voyant. Décidément je ne comprendrais jamais les hommes et leur obsession pour les grosses voitures, comme si la vie était une éternelle compétition. Je lève les yeux au ciel devant tant d’exubérance mais retient à peine un sourire tant il a l’air heureux. Je ne compte pas conduire de toute façon, alors autant qu’il en profite si ça peut lui faire plaisir.

Depuis la vitre baissée, j’observe le paysage, rêveuse. Les choses ont bien changé depuis mon dernier voyage. Tout semble … plus petit, plus moderne aussi, mais toujours aussi incroyablement coloré et plein de vie. Le long de la route, les palmiers se balancent fièrement au vent et l’odeur des bougainvilliers fuchsias embaume l’air.

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Nous avons décidé de poser nos bagages au sud-ouest de l’île et lorsque nous arrivons à l’hôtel « Grand’case », je ne suis pas déçue ! Les photos rendaient bien hommage à l’établissement. Plusieurs grands bungalows du plus pur style colonial sont dispersés sur un terrain boisé entourant une immense piscine-lagon. Nous sommes accueillis par les chants des oiseaux et les rires des enfants qui jouent dans l’eau. Un paradis sous les tropiques! Isobel ne tient plus en place et n’a visiblement qu’une idée en tête : enfiler ses brassards roses et se jeter dans l’eau fraîche. J’avoue que je ferai bien de même. Une hôtesse avec un accent chanteur nous désigne notre bungalow, un peu à l’écart des autres, nous accordant une intimité privilégiée. A l’intérieur, le même standing luxueux : les lits sont tirés à quatre épingles et habillés d’élégants couvre-lits en madras, des bouquets de roses porcelaines et des doudou corossol sont disposés sur la table en merisier du salon et une dodine donne directement sur le jardin.

– Je sens qu’on va être bien ici !

***

Le lendemain, destination la plage de sable noir d’Anse Dufour à quelques minutes en voiture de notre hôtel. Je suis impatiente de revoir ce lieu de fantasme de mes jeunes années et de le faire découvrir à ma petite famille. Je me souviens, le jour de mes six ans, avoir vu une énorme tortue marine pondre ses œufs en creusant inlassablement le sable de ses nageoires. Manmandlo m’avait offert le plus beau cadeau d’anniversaire possible.

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A peine arrivée, je saute du pick-up, jette mes tongs et m’élance sur la plage telle une gamine. L’endroit est toujours aussi beau. Les grains de sable se glissent entre mes orteils et me chatouillent la plante des pieds. Je me laisse absorber par la contemplation de la mer indigo, dont les vagues écumeuses tranchent avec le reste de la plage. Le va-et-vient de l’eau, le bruit du vent qui secoue les palmes des cocotiers, les yoles des pêcheurs au loin, je suis contente de voir que le temps n’a pas altéré l’acuité de ma mémoire. Je suis tirée de ma torpeur lorsque je sens les petites mains chaudes d’Isobel s’agripper à ma jambe.

– Alors, ma puce qu’est-ce que tu en penses ? C’est beau hein ?!

Ma fille acquiesce, l’air aussi ravie que moi.

– On s’installe là ? Me demande Adam en sortant les serviettes du panier de paille.

Je pouffe en apercevant qu’il a mit le chapeau de bakoua que je lui ai acheté pour rire à la boutique de l’hôtel. Ça lui va plutôt bien et lui donne presque l’air d’un local, mais va totalement à l’encontre de son look habituel.

chapeau bakoua

En lissant les cheveux d’Isobel à l’aide d’huile de coco – recette de grand-mère – je me rends compte à quel point la Martinique me manquait.

Une odeur de grillade de morue vient me chatouiller les narines et fait gargouiller mon ventre, malgré l’heure encore matinale. Une torture vis-à-vis de mes toutes récentes bonnes résolutions alimentaires.

– Je vais marcher un peu le long de la plage, ok ? Dis-je à Adam. Il ne répond pas, mais dresse son pouce vers le ciel, signe qu’il a entendu.

J’enfile mon short et me saisit de mon téléphone, bien décidée à faire le plus de photos possibles pour immortaliser le paysage et faire jalouser un maximum mes collègues de travail.

J’observe les yoles multicolores et les formes fantastiques des nuages, semblables à de la barbapapa vanille. J’ai presque atteint le bout de la plage, lorsque j’aperçois un reflet brillant à quelques mètres de là. J’espère que c’est un coquillage de lambi pour pouvoir l’offrir à Isobel.

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Je m’approche à grandes enjambées de l’objet mystérieux et suis incroyablement déçue de voir qu’il s’agit d’une bouteille de rhum vide, sans doute le vestige d’une soirée arrosée au clair de lune. Les gens ne respectent vraiment rien.

Je me penche pour la jeter plus loin, à l’abri de petits petons fragiles comme ceux de ma fille. Je suis sur le point de la balancer lorsque quelque chose à l’intérieur de la bouteille retient mon attention. Une sorte de papier rosâtre tout froissé. Un message. Fut une époque où moi aussi j’aimais jouer à cela avec mes copines. Nous avions même rédigé une lettre pour les aliens qui envahiraient la terre afin de laisser une trace de notre passage. Nous nous disions qu’ainsi nous serions plus célèbres encore que les grands noms de ce monde. Les extraterrestres conteraient à leurs marmots les aventures de Veronica Allende et de Michelle Robert. Je souris, amusée par la situation et je me demande bien ce que le mot peut contenir et surtout si je dois le lire.

« Bon aller je me lance » je pense avant de dévisser la bouteille.

L’eau salée a légèrement oxydé le bouchon métallique, mais l’étiquette de la marque du       «petit feu» (le rhum) est presque intacte, seuls les bords sont décollés. Le message est donc récent. Je tire avec difficulté le papier humide qui accroche aux parois de verre. De petites fleurs sont dessinées dessus et une drôle d’odeur de pot-pourri s’en dégage, ce qui semble confirmer ma première impression d’un jeu d’enfants. Toutefois, lorsque je le déplie et en lis le contenu, je reste scotchée sur place.

Les mots « Aidé mwen » ont été griffonnés à la va-vite.

J’espère d’abord une blague débile, mais les doigts qui ont écrit ces deux mots étaient sans aucun doute crispés et tremblotants lorsqu’ils sont entrés en action. De plus, si des enfants avaient voulu faire une mauvaise blague, ils auraient été plus expansifs et en auraient rajouté une couche du genre « ils vont nous tuer » ou « nous ne sommes pas morts». Bref quelque chose d’un peu plus sensationnel. Un « simple » aidez-moi c’est quelque chose qu’on rédige à la va-vite, dans un ultime geste d’espoir que quelqu’un puisse trouver notre cri de détresse dans les temps, juste avant qu’un ravisseur ou un meurtrier ne nous rattrape et nous assène un coup sur la tête.

La bouteille toujours en main je rebrousse chemin en sprintant. Lorsque j’aperçois Adam à moitié enseveli dans le sable – œuvre d’Isobel qui rit à s’en décrocher les mâchoires d’avoir ainsi acculé son père – je lui fais de grands signes sans relâcher l’allure. Il bondit de son fragile piège pour me rejoindre, l’air totalement paniqué de me voir dans cet état.

– Veronica?! Qu’est-ce qu’il se passe ?!

Je peine à reprendre mon souffle après l’effort que m’a demandé ce retour exprès. Pour toute réponse je lui tends le bout de papier.

– Et ? Me demande t-il d’un air perplexe.

–  J’ai trouvé ça dans une bouteille échouée sur la plage. Parvins-je enfin à articuler, les mains sur les hanches tentant de calmer un douloureux point-de-côté.

– Quelqu’un a besoin d’aide Adam ! Je poursuis sur ma lancée étant donné que mon compagnon n’a pas du tout la réaction escomptée.- Tu rigoles j’espère ?! Me coupe t-il. Veronica, ce n’est qu’une farce de gamins qui devaient s’ennuyer et seront probablement ravis de constater qu’un crédule badaud s’est laissé prendre au jeu.

Je prends sur moi pour faire fit du « crédule badaud » et lui fais part de mes observations quant à l’écriture et la rédaction du message :

– Non mais regarde mieux ! Ça a été écrit par une personne qui était effrayée !

Son manque d’imagination m’exaspère à un tel point que je lui colle quasiment le bout de papier sur le nez.

– Écoute moi, tu lis beaucoup trop de romans noirs. Réfléchis deux minutes avec les téléphones portables, les Iwatch et compagnie tu penses vraiment que quelqu’un dans l’urgence prendrait le temps d’écrire un S.O.S sur un papier, d’aller chercher une bouteille pour le mettre dedans et ensuite se rendrait à la plage pour le jeter. Alors qu’il y a une chance sur mille pour que quelqu’un trouve ledit mot ?!

Adam m’irrite au plus haut point avec son pragmatisme, mais je dois avouer que vu comme ça et l’adrénaline de la découverte passée je me sens un peu bête d’y avoir réellement cru.

– Tu as sans doute raison. Dis-je en haussant les épaules.

– Bien sûr, j’ai toujours raison, tu le sais bien ! Allez viens allons nous goinfrer de gratin d’ignames et de grillades de morue !

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Crédit illustration : Christine Couturier

 

Une nuit chaude est tombée sur Grand’Case. Je me berce nonchalamment sur la dodine sous la véranda tandis que plane sur les lieux un silence total plein de mystère. Une brise de terre fait dévier les « bêtes à feu » (les lucioles) de leur folle trajectoire. J’observe le spectacle tout en buvant de l’amicoque (alcool anisé) qui me brûle les lèvres au passage. Cette histoire de bouteille à la mer m’a hantée toute la journée malgré tous les efforts déployés par Adam pour me la faire oublier. Au fond de moi, mon instinct me dicte qu’il y a un fil à tirer, même si ma raison se plie à l’opinion de mon mari. Je sors le petit bout de papier tout froissé que j’ai laissé dans ma poche et relie les deux mots pour la énième fois. J’ai sans doute une imagination fertile, mais je n’aurais pas l’esprit tranquille tant que je ne me serai pas assurée qu’une vie ne dépend pas de moi. C’est décidé, demain je fais un tour au commissariat.

***

Adam et Isobel dorment encore à poings fermés lorsque je m’engouffre dans le pick-up de location. L’engin est tellement imposant que je ne vois même pas le bout du capot depuis le poste de conduite. Je ne suis pas sûre de pouvoir manœuvrer la bête, encore moins la garer, mais je ne vais tout de même pas y aller à pied.

Finalement, le trajet n’est pas si terrible et l’heure matinale me vaut un parking vide. Hourra !

Arrivée au commissariat, je me dirige directement vers les panneaux en liège disposés contre les murs nus. Des alertes « vigipirate », quelques consignes de sécurité routière et enfin je trouve ce que je cherche : des avis de disparition. J’en compte cinq au total. Deux d’entre eux datent de plusieurs mois, je ne les prends donc pas en considération compte tenu du bon état de la bouteille que j’ai trouvé. Un troisième représente un homme d’une soixantaine d’années. Il me semble peu probable qu’il ait rédigé son mot de détresse sur du papier parfumé à motifs floraux. Reste donc deux pistes probables. Je décroche lesdites affichettes pour observer de plus près les photographies en noir et blanc. Il s’agit de deux femmes. L’une – Thérèse – est d’âge mur, les cheveux courts et grisonnants, probablement mère de famille vu sa petite ride reconnaissable entre les sourcils. L’autre – Vanessa – est une jeune fille de 17 ans. Elle porte de longs cheveux tressés et sourit joyeusement sur la photo. En observant ces deux femmes, je me sens mal à l’aise. Que sont-elles devenues ? Où sont-elles en ce moment ? Leurs familles respectives doivent mourir d’inquiétude. Je n’ose même pas imaginer qu’un tel sort puisse arriver à Isobel. Rien que d’y penser des frissons courent de ma nuque jusqu’à mes orteils.

Je photographie les annonces avant de les épingler de nouveau à leur place. Elles ne comportent pas d’informations supplémentaires, mais les photos pourraient s’avérer utiles.

De retour dans la voiture, je m’interroge sur la prochaine étape de mon enquête. Avoir les numéros des familles des deux femmes disparues m’aurait sans doute aidé, mais seul un numéro vert est indiqué.

Après avoir fait fonctionner mes méninges quelques minutes, il me semble que la meilleure solution est d’exploiter la piste de la bouteille de rhum Saint James.

 

 

Crédit illustrations : Christine Couturier

***

La plantation Saint James est la plus ancienne distillerie de l’île et se trouve à Sainte Marie. Je distingue le panneau « Musée du Rhum » sur la route avant même la grande bâtisse de dentelle blanche aux tuiles rouges. De grands champs de cannes à sucre s’étendent derrière la belle demeure. Une machine agricole est à l’œuvre, mais je ne peux m’empêcher de penser à ces hommes et ces femmes qui, autrefois, coupaient la canne au coutelas tout en chantant sous un soleil de plomb afin d’oublier les souffrances de l’existence.

Le musée présente l’ancien matériel en cuivre et laiton, ainsi que les machines à vapeur utilisées à l’époque, bien loin de l’outillage moderne.

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Le tintement d’une clochette annonce ma présence lorsque je pousse la porte. Un élégant jeune homme me sourit, m’invitant à la confidence.

– Bonjour Madame

– Bien le bonjour à vous ! saoufé ! Je sens que vous allez pouvoir me renseigner !

L’expérience m’a appris que commencer par un mot gentil facilite bien souvent les rapports humains.

– Eh oui ! J’en sais presque autant que Monsieur Marcel. Il a ponctué sa phrase d’un geste vers un des grands portraits accrochés dans son dos. La photographie couleur représente un « béké » d’une carrure imposante, au port altier. Il porte une moustache fournie qui accentue encore son air de patriarche. Sur une petite plaque métallique en dessus du cadre est gravé : « Monsieur Pierre Marcel administrateur de la rhumerie Saint James ».

Je dégaine mon téléphone portable et fait défiler les photos jusqu’à tomber sur celle de Thérèse.

– Est-ce que vous la connaissez ?

– Ma foi oui ! Thérèse, je ne la connais pas personnellement mais à ce qu’on dit c’est un sacré phénomène. Elle passait souvent par ici durant ses jours de congés, mais ça fait un bout de temps qu’on ne l’a plus vu. Elle est vendeuse de souvenirs pour les touristes au Jardin de Balata. Vous lui voulez quoi ?

Je ne répond pas et me contente de passer à la photo suivante, celle de la plus jeune femme.

– Pauv’iche moins ! (« la pauvre petite ») C’est Vanessa, la fille de Joseph. Je la croisais tous les samedis au marché de Fort-de-France au stand des douceurs. Selon moi, elle attirait les clients plus par sa beauté envoûtante que par ses sucreries, si vous voyez ce que je veux dire. Ajoute-t-il dans un clin d’œil.

– Joseph ? Je demande sans relever le sous-entendu.

– Oui, il travaille ici lui aussi. Mais depuis ce qui s’est passé, il n’est pas revenu.

J’acquiesce. Ça paraît évident. Le pauvre homme doit être dévasté.

– Est-ce qu’il y a une adresse où je pourrai le trouver ?

Le jeune garçon paraît soudain perplexe et j’ai peur d’en avoir trop demandé.

– Vous m’avez dit que vous étiez qui exactement ?

– Juste une amie.

Ma réponse ne paraît pas le convaincre, mais après le grand sourire que je lui assène avec « un grand yeux doux », il finit par se détendre.

– J’ai juste un numéro de téléphone pour vous. Voyez ça directement avec Joseph. Me dit-il en griffonnant les chiffres sur un prospectus du musée.

 

Dans la voiture, j’essaye aussitôt le numéro, mais après plusieurs tonalités je tombe sur la messagerie. Je raccroche immédiatement. J’aurais préféré l’avoir de vive-voix. Par message cela semblerait un peu étrange de lui demander des informations sur son enfant disparu.

Espérons que j’aurais plus de chance en me lançant sur la piste de Thérèse.

Direction, donc, le jardin botanique de Balata au nord de Fort-de-France.

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Le tableau de bord indique presque 13 heures lorsque ma voiture s’engouffre sur le parking déjà bien chargé. Pas étonnant, le jardin est un incontournable de l’île avec le zoo de l’habitation Latouche et l’habitation Clément.

Je me maudis un peu de ne pas avoir pris un plan pour trouver le stand de Thérèse tandis que je m’enfonce dans la profusion de plantes tropicales du « jardin », mais peu à peu je me laisse envoûter par la beauté naturelle des lieux.

Je me perds entre les bambous géants, le ricin, les amandiers et les jujubiers. Des cascades d’orchidées sauvages aux couleurs vives se déversent à mes pieds, tandis que de fugaces colibris noirs et bleus font du sur-place au dessus des hibiscus odorants. Véritable paradis terrestre. En passant à côté d’un immense fromager, les histoires de mon père sur les maîtres quimboiseurs, cheval trois pattes, diablesses et dorlis me reviennent en mémoire et me font sourire. Il n’y a que sous les tropiques que les histoires de magie paraissent si réelles.

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Après une bonne heure passée à rêver les yeux ouverts, je débouche enfin sur un chemin dallé bordé par des buissons de queues de chat rouges menant à la boutique de souvenirs du jardin. Mugs, paréos, bracelets perlés, graines à planter sont soigneusement empilés sur les étagères de l’échoppe. Je repère une adorable poupée martiniquaise parée de ses atours traditionnels : jupon de madras, blouse blanche et coiffe assortie. J’en attrape une pour Isobel et me dirige vers la caisse. Une femme aux formes généreuses portant un tee-shirt à l’effigie du jardin, m’encaisse.

– Est-ce que vous connaissez Thérèse ? Je lui demande timidement.

– Thérèse Benjamine ? Bien sûr que je la connais ! C’est une de mes plus vieilles amies ! Me répond t-elle des larmes plein les yeux.

– J’ai appris qu’elle avait disparu. Je suis désolée.

Elle hoche la tête silencieusement.

– Est-ce que vous avez une idée de ce qui a pu se passer ? Je poursuis en attrapant le sac en papier qu’elle me tend.

– C’est ça le plus étrange Madame! Elle a disparu comme ça pouf ! La veille nous fêtions mon anniversaire à la maison et le lendemain… Tenez, regardez, elle m’a même écrit une gentille carte. Rien qui puisse annoncer qu’elle se méfiait de quelqu’un ou qu’elle souhaitait prendre ses cliques et ses claques.

En attrapant la carte colorée qu’elle me montre, quelque chose me chiffonne.

L’écriture de Thérèse ne colle pas à celle du mot trouvé dans la bouteille. Sur la carte d’anniversaire, les lettres sont tracées à l’encre bleue en plus d’être beaucoup plus rondes. Même les points des i sont différents, ceux de Thérèse ressemblent à de petites croix. Malgré la précipitation, les habitudes ne se perdent pas à ce point. La manière dont on écrit est quelque chose de gravé, significatif de l’identité de son propriétaire. De toute évidence, Thérèse n’est pas la femme que je cherche.

– Merci beaucoup. J’espère sincèrement que les policiers vont vite retrouver votre amie !

– Moi aussi…

Sa réponse est presque imperceptible et se perd dans les éclats de voix du groupe de visiteurs qui vient d’entrer dans la boutique.

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Crédit illustration : Christine Couturier

 

Cette première partie vous a t-elle plu? 

La suite arrive très bientôt … 

(Toutes les photos sont issues d’une banque d’images internet)

 

L’île aux fleurs 🌺🌸🌴

Coucou mes petits oiseaux de paradis!

Saoufé ?

Si vous me suivez sur Facebook, vous avez peut-être noté que j’ai passé quelques jours en famille en Martinique mon île d’origine (soit dit en passant, si vous ne me suivez pas sur Facebook, c’est une grosse erreur que vous devriez aller corriger tout de go haha) !

Le mode touriste n’étant pas de mise durant mon séjour (essentiellement à Saint Joseph et Fort de France donc pas de plage de sable fin), je n’ai pas pu vous rapporter des tonnes de photos comme je l’aurais souhaité. Mon petit périple m’a tout de même donné envie d’ouvrir une petite thématique ensoleillée 🌞 (on n’a jamais assez de chaleur mes noix de coco) ! Je vous laisse la surprise en espérant fort que cela vous plaise!

En attendant,  je vous présente mon maigre larcin 📷. A regarder en écoutant cette belle chanson ! 🎶

 

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Un petit chat tout mignon qui m’a accompagné tout mon séjour !! 🐱

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Mon petit déj de championne! 💪🏽 D’ailleurs, petit conseil gastronomique : je vous recommande à fond les ballons 🎈de tester la confiture de goyave (sur du pain beurré c’est une tuerie!) Vous pourrez en trouver dans les rayons exotiques 🍍 de vos grandes surfaces ou ici.

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Pour finir, petite photo de mon livre du moment et de circonstance! 📕 Je vous glisse le résumé : « 1770, Saint-Domingue. Zarité Sedella, dite Tété, a neuf ans lorsqu’elle est vendue comme esclave à Toulouse Valmorain, jeune français tout juste débarqué pour prendre la succession de son père, propriétaire terrien mort de syphilis. Zarité va découvrir la plantation, avec ses champs de canne à sucre et les esclaves courbés sous le soleil de plomb, la violence des maîtres, le refuge du vaudou. Et le désir de liberté. Car entre soldats, courtisanes mulâtres, pirates et maîtres blancs, souffle le vent de la révolte. »

Alors mon île vous tente? 🌊🐠

Crédit photos : Samsha Tavernier

L’invitée du mois d’avril

Coucou mes ananas dorés! 🍍

Je reviens avec ma rubrique « Invité du mois », histoire de céder un peu la place et d’arrêter de blablater à tout va!

Ce mois-ci, je vous présente la belle Viviane une franco-américaine de 28 ans : sportive 💪🏽(escrime, ballet, voile), brillante (« Maître » dans quelques mois) et super cuisinière 🍰… Bref la femme idéale haha !

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Je vous laisse découvrir son univers en mode portrait-chinois, ainsi que son livre fétiche !

Si tu étais une couleur, tu serais … ? 

Le rouge, couleur de la passion et de la vie.

Si tu étais un aliment, tu serais … ?

Un morceau de viande rouge (je sais, ce n’est pas politiquement correct)!

Si tu étais une plante, tu serais … ?

Un tournesol 🌻

Si tu étais un lieu, tu serais … ?

J’ai envie de dire l’Atlantique Nord 🌊

Ces questions sont difficiles, comment s’associer à une plante, à un lieu? Mais comme dit le poète « Homme libre toujours tu chériras la mer, la mer est ton miroir, tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame« .

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Si tu étais une chanson, tu serais … ? 

Pour rigoler un peu: ‘Bang Bang‘ de Jessie J, Ariana Grande et Nicki Minaj 🎶🎸

Si tu étais une personne célèbre, tu serais … ?

Bernard Moitessier, le « vagabond des mers du sud », dont je conseille les livres d’ailleurs, si on aime les récits d’aventure.

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Si tu étais un objet, tu serais … ?

Une voiture. Une vieille « muscle car » à l’américaine, on m’emmènerait partout, je voyagerais partout. Et puis, c’est canon! 🇺🇸

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Passons aux choses sérieuses, quel est ton livre préféré?

« East of Eden » de Steinbeck

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Comment l’as tu découvert ?

Dans la bibliothèque de mes parents.

Un petit résumé?

C’est l’histoire croisée de deux familles aux Etats-Unis, dont les destins vont s’entremêlés dans la vallée de Salinas en Californie. L’aspect sociologique est très marqué, comme dans la plupart des livres de Steinbeck. On a l’évolution sociale de ces familles sur trois générations, et par là, l’évolution de la société américaine dans sa généralité. C’est passionnant!

Le thème de l’affrontement entre le bien et le mal, entre Cain et Abel, est central (pour illustrer, les deux couples de frères se nomment Adam et Charles, et Aron et Caleb). Mais Steinbeck souligne que chacun a la liberté dans son choix entre le bien et le mal, notamment dans un passage absolument frappant qui concerne l’interprétation d’un mot de la genèse (je vous glisse le lien citant ce passage clé, si vous souhaitez faire votre propre analyse ici ! )

Pourquoi l’as tu tant apprécié? 

Je suis une inconditionnelle de Steinbeck. J’aime sa langue, qui est à la fois extrêmement simple et si puissante. Il a cette capacité, américaine peut-être, d’écrire des livres foudroyants avec des phrases les plus simples. Il m’émeut au plus profond avec une phrase: sujet, verbe, complément. J’aime beaucoup ses motifs aussi, j’aime lire ses descriptions du nord de la Californie, des paysages, des villes, des gens. On en sent presque l’odeur. La famille Hamilton se fonde sur sa propre histoire, Steinbeck décrit ce qu’il connaît.

Mais sur le fond, East of Eden sort du lot. Pour moi c’est son grand chef d’oeuvre. Par les personnages, je n’ai à ce jour, toujours pas rencontré un personnage aussi fascinant et effrayant que Cathy (je ne veux rien te gâcher donc je ne la décris pas). Tous les personnages et la complexité de leurs relations sont incroyablement construits. Le thème de l’éternelle lutte entre le bien et le mal est construit par les personnages, qui sont donc extrêmement riches et complexes. Steinbeck devait avoir une compréhension de l’âme humaine, de nos forces et de nos faiblesses, bien aiguisée pour pouvoir écrire comme il le fait.

Mais ce n’est pas qu’un livre lourd aux thèmes bibliques. Il y a des passages légers, et des passages drôles. Il y a beaucoup d’amour, un peu de naïveté, et des traces de mélancolie. La beauté inonde les pages.

Avec qui as-tu envie de le partager?

Avec toi! Et tout amoureux de la littérature 😉

En bonus j’inclus un lien vers une lettre qu’il a écrit à son fils, à propos de l’amour sentimental, que je trouve exquise : ici ! ❤️

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Thanks Viviane!!

Alors, connaissez-vous ce classique de la littérature ? Avez vous envie de le découvrir? Si oui, vous pouvez l’acheter ici.

« Audrey Hepburn, la vie et moi »- Lucy Holliday

Hello hello mes petits croissants au café ☕️!

Comment allez-vous?

Aujourd’hui place à une petite chronique lecture pour laquelle je remercie chaleureusement les éditions Mosaïc, ainsi que Babelio et sa masse critique!!

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Crédit photo : Samsha Tavernier

Le livre : Audrey Hepburn, la vie et moi

L’auteure : Lucy Holliday est une auteure anglaise vivant à Wimbledon. Elle a eu le déclic à l’âge de ses cinq ans après des lettres qu’elle avaient adressées à son facteur. Lucy Holliday s’intéresse beaucoup à la culture du glamour hollywoodien. En effet, elle a écrit la suite des aventures de Lybbie Lomax avec, cette fois, les belles Marylin Monroe et Grace Kelly!

Pour la suivre.

Le synopsis : « Quand elle touche le fond, Libby Lomax connaît un remède imparable : se rouler en boule dans son canapé pour savourer un de ces films hollywoodiens dont elle est une fan inconditionnelle. Son icône absolue ? L’exquise Audrey Hepburn. Son film préféré? Diamants sur canapé…De la pure magie… C’est justement un de ses jours « sans » qu’une chose totalement folle se produit : Audrey Hepburn sort de l’écran ! Une Audrey Hepburn parée de sa petite robe noire, de ses perles et de son fume-cigarette. Venue aider Libby à relancer sa vie en lui prodiguant conseils d’élégance et d’art de vivre. Hallucination ? Bonne fée ? … ou charmante calamité ? »

Mon avis : En lisant la quatrième de couverture, j’ai tout de suite eu envie de découvrir ce livre chicklit et les mésaventures de Libby Lomax. 

Sans être un coup de cœur, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Le style de Lucy Holliday est très fluide, si bien que la lecture est aisée et que j’ai fini ce livre en 3 jours à peine.

On suit la miss catastrophe Libby Lomax dans sa vie d’actrice ratée londonienne à la recherche perpétuelle de l’approbation d’un père absent et égocentrique et d’une mère superficielle et control-freak.

En plus d’être de la chicklit avec tout ce qui va avec (rire, émotion, histoire d’amour et paillettes), j’ai également trouvé que cette lecture avait un joyeux côté feel-good. En effet, on suit Libby tout au long du chemin qui va la mener à la découverte d’elle-même et lui permettre d’être heureuse et épanouie sans plus chercher à faire plaisir à son entourage. J’ai trouvé le message, certes un peu bâteau, bien mené et cela apporte un bon coup d’air frais aux lecteurs (un peu comme un grand nettoyage de printemps) !

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Pour finir, l’utilisation du personnage d’Audrey Hepburn (icône du cinéma, de la mode et du glamour) en tant que pivot de l’histoire est originale. En effet, en plus d’être l’icône de Libby depuis son plus jeune âge, Audrey est également le sujet d’études du père de Libby depuis plus de deux décennies. De même, elle représente le succès dont la mère de cette dernière souhaiterait la voir couronnée. C’est pourtant grâce à cette énigmatique Audrey, dont le mystère restera intact, et ses conseils que Libby pourra enfin se trouver .

Je placerai cette lecture dans la lignée de « La vie secrète d’une mère indigne » qui m’avait beaucoup amusé également et dont vous pouvez retrouver la chronique ici.

Le hic : Une fin quelque peu attendue, malgré un élément important que je n’avais pas vu venir.

En bref : Une lecture détente qui donne le sourire et qui fait (un peu) réfléchir sur ce qu’on est et ce que l’on souhaiterait devenir pour trouver sa voie. Je suis impatiente de découvrir les deux prochains tomes relatant les aventures de Libby avec les vedettes hollywoodiennes Marylin Monroe et Grace Kelly…

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Le saviez-vous? 

  • Le vrai nom d’Audrey Hepburn est Audrey Van Heemstra.
  • Sa mère était une baronne néerlandaise.
  • Initialement, Audrey souhaitait devenir danseuse étoile.
  • Son père était un sympathisant nazi, tandis qu’elle-même était engagée dans la résistance notamment en tant que messagère, mais également en levant des fonds grâce à l’organisation de spectacles.
  • Audrey parlait couramment 5 langues à savoir l’anglais, le français, le néerlandais, l’espagnol et l’italien.
  • Elle fut nommée 5 fois aux oscars et en remporta 1 pour son rôle dans « Vacances romaines ».
  • Elle a été désignée comme étant la 3ème plus grande actrice de films américains de tous les temps.
  • Elle fut ambassadrice pour l’UNICEF et réalisa plus de 50 voyages en Afrique et en Amérique latine.
  • Audrey Hepburn a marqué la mode par son style simple et sophistiqué. Elle fut habillée par son ami Hubert Givenchy dans quasiment tous ses films. Par la suite, il lui a même créé un parfum « l’Interdit« .

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Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a donné très envie de découvrir plus en détails les films d’Audrey! 

XOXO 💋

tous les livres sur Babelio.com

Book & Cook # Les Suprêmes

Coucou mes divas 👠🎶! Comment allez-vous?

Je reviens avec un nouveau Book & Cook : ces recettes de mon cru inspirées d’un livre. Aujourd’hui destination Plainview, ville texane 🇺🇸 🚜 qui sent bon les épices et le maïs grillé !   🌽🍠

A bord d’une belle Cadillac lustrée, je vous (re)plonge dans l’univers des « Suprêmes » ce livre d’Edward Kelsey Moore à l’ambiance chaude et surannée dont je vous parlais ici

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Comme Odette, Clarice et Barbara Jean, les trois attendrissantes protagonistes de cette histoire, gavons nous ensemble « Chez Earl » (Q-G gastronomique de ces dames) de poulet frit et épicé en ce dimanche ensoleillée!

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Je vous entends hurler derrière vos écrans « Comment ça du poulet FRIT?! Mais c’est plein de graisses ça ! » Ne vous en faîtes pas, je vous ménage un peu en vous proposant une version légèrement allégée (si si même que vous n’aurez pas les doigts tout luisants après en avoir mangé haha)!

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Prêt(e)s pour ce repas typique ? Alors enfilez votre plus beau tablier, retroussez vos manches et c’est parti! 🍴

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Il vous faudra :

  • des escalopes de poulet 🍗🍖
  • des corn-flakes natures non sucrés
  • du cumin
  • du paprika
  • de l’huile d’olive
  • deux œufs
  • de la farine
  • du sel / du poivre

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Etape 1 :

Dans une assiette mélangez les épices, le sel, le poivre et l’huile.

Etape 2 :

Coupez les escalopes à la verticale de façon à obtenir des petites aiguillettes, puis laissez les tremper dans la sauce de condiments.

Etape 3 : 

Prenez une bonne tasse de corn-flakes qu’il vous faut écraser de façon à obtenir de tous petits morceaux comme de la chapelure.

Saupoudrez une cuillère à café de farine et un peu de paprika et de cumin sur votre chapelure ainsi obtenue.

Etape 4 : 

Dans un bol, battez deux oeufs.

Etape 5 : 

Trempez vos petites aiguillettes de poulet dans les oeufs, puis dans la chapelure à base de corn-flakes avant de le mettre à griller dans une poêle bien chaude avec, de nouveau, un peu d’huile (bah oui ça reste tout de même du poulet frit).
Une fois le poulet cuit, vous pourrez le disposer sur du papier absorbant pour faire dégorger un peu tout ça.

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Personnellement, j’ai servi mon poulet avec des chips de banane plantain 🍌 histoire de rester dans l’ambiance des restaurants afro-américains tels que présentés dans le livre. De plus, ça apporte une touche d’originalité au plat.

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Par fainéantise, je n’ai pas fait lesdites chips de mes petites mains, mais je les ai achetées en grande surface dans le rayon exotique (en plus c’est issu du commerce équitable) ! Vous pouvez également les trouver ici.

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Bien sûr on partage ce repas avec ses meilleur(e)s amies, histoire de pouvoir pratiquer l’art du commérage ou d’élaborer des stratégies de survie…

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Bon appétit!

💋 Bisous épicés 💋

Crédit photos : Samsha Tavernier