Mes citations littéraires préférées #11

Aujourd’hui, je vous retrouve pour une nouvelle édition de mes « citations littéraires préférées » (vous pouvez retrouver les précédentes ici).

Les passages ci-dessous sont extraits de mes récentes lectures, lesquelles ont été placées sous le signe du voyage et de l’évasion. Que ce soit au coeur de la luxuriante jungle Vénézuélienne, dans les rues caniculaires du Chicago mafieux  des années 30 ou au sein des taudis havanais déshumanisées par les excès du régime Castriste ; chacune des citations choisies a su m’interpeller à sa façon.

C’est du récit de voyage « Jungle » que la plupart des extraits sont tirés. Je vous en parlais ici, ce court livre de Miguel Bonnefoy  – amoureux des mots –  fût un vrai coup de coeur.

Une fois n’est pas coutume, une déception littéraire se cache également dans cet article, il s’agit de « La douleur du dollar » de Zoé Valdés qui m’a laissée une impression très mitigée en dépit de bons avis. Toutefois, mon ressenti pour l’intrigue ne m’a pas empêché d’apprécier la plume imagée de l’autrice cubaine.

Je vous laisse découvrir cette nouvelle sélection en espérant qu’elle vous plaise…

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« Toutes les pages d’une bibliothèque ne peuvent rien devant l’architecture d’une fleur. Ainsi la montagne a sculpté ce livre. Il était là, au bord des précipices, au fond des lacs, au coeur des savanes. Il a fallu l’écrire comme on marche. Tout m’a été dicté. Nulle référence littéraire, nulle réécriture. Pas de noms latins, pas d’antiquités. Seulement la saveur de la terre première, rouge comme la papaye. Je n’ai rien eu à imaginer. J’ai essayé de lire dans le chemin de la forêt celui, caché, du récit. Les mots sont nés avec le vent qui taille les brèches, le nid du colibri, la langue de la pluie. J’ai voulu rendre la profondeur à ceux qui l’habitent de leurs racines et de leurs mystères ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle » (mon avis ici)

« Ce n’est pas seulement le voyage qu’il faut accomplir, murmura-t-il à demi-mot. C’est l’idée du voyage ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Je l’entendis s’éloigner vers sa cabane et je restai seul dans cette obscurité, perdu dans le timbre haché des coassements, qui donnait à la nuit la voix d’une autre nuit ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Aucun texte sur la jungle ne peut rendre la sensation de la jungle. Ce mélange de resserrement et d’immensité, cette impression d’être soumis à sa grandeur et la révolte qu’elle génère, cet incroyable qui est palpable, cette noble sérénité des premiers âges. On contemple la jungle comme on contemple un ciel étoilé : rien ne bouge et pourtant tout semble habité ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Je pensais à la jungle comme écriture. Je m’interrogeai s’il existait, entre la sève et l’encre, le même apprentissage qui lie le doute et la certitude. Emerveillé de tout, enivré de rien, là explosait la respiration des feuilles, la couleur des pastèques, les pages de la jungle qui n’ont pas de grammaire et qu’on cherche, pourtant, sans cesse à traduire ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Il disait que son bonheur était de continuer d’aimer ce monde qu’il aimait déjà ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Etre dans la merde a quelque chose d’héroïque ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Il établit des cartes à la force de ses pas, observa les étoiles, et s’il ne se doutait pas des grandeurs infinis que contenait ce paysage, il avait du moins la sensation confuse de comprendre les beauté minuscules qui la composaient ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« On dit que la drogue des voyageurs est l’addiction à la fable ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« L’histoire de l’homme commence par la terre, et la terre commence par elle ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Comme moi peut-être, elle se réveillerait demain transformée en une autre créature, céleste et légère, pour prendre enfin un chemin qui ne mène nulle part et qui, pourtant, semble se satisfaire d’exister ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« La nuit tomba sans crépuscule. Comme je levais mon regard pour m’assoupir, une lumière pâle m’emplit brusquement les yeux. Le ciel était blanc. Chaque étoile étincelait d’une clarté plus vaste qu’elle-même, déteignant sur les autres, et on eût dit qu’un bol de lait s’était déversé dans le firmament, rayonnant, bruissant. Jamais je n’ai vu le ciel comme cette nuit-là, sans lune, sans obscurité. C’était au loin un bûcher d’astres et de navires cosmiques. Là se tenait le naufrage d’une autre expédition ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

« Le voyage se finissait sur l’eau. Il disait nos épreuves, la magie, la quête et le sens ».

Miguel Bonnefoy – « Jungle »

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« Toute la pièce palpitait de swing et frémissait d’une joie de vivre hédoniste, d’une furieuse envie d’ici et maintenant ».

Ray Célestin – « Mascarade » (Mon avis ici)

« Dans ce néant, il trouvait enfin la paix. Il écoutait le mouvement des vagues comme si elles clapotaient à l’intérieur de son âme ». 

Ray Célestin – « Mascarade »

« Au matin, le soleil reprendrait ses assauts impitoyables à la surface du lac et une brume humide se lèverait pour se déposer sur les plages, saupoudrant la ville d’une eau corrosive et d’une moiteur suffocante. Aucun répit pour la cité de Gomorrhe. sauf à cet instant, durant ces dernières heures d’obscurité et de fraîcheur, dans cet espace vide entre les fantômes de la prairie et les nymphes du lac, avec les dernières lueurs du dragon que Dante sentait encore vibrer en lui ».

Ray Célestin – « Mascarade »

« Tout en conduisant sur Blue Island Avenue, il se dit qu’un homme qui arrivait toujours à se relever, c’étai quand même un homme qui passait son temps à tomber par terre ». 

Ray Célestin – « Mascarade »

« Que faisait-on des débris de rêves ? Est-ce qu’on les ramassait pour les recoller et en faire quelque chose d’autre ou bien est-ce qu’on laissait les éclats joncher le sol pour s’écorcher les pieds dessus jusqu’au sang ? »

Ray Célestin – « Mascarade »

« Le jazz venait des ouragans de la Nouvelle-Orléans que des légions de gens du Sud en haillons avaient ramenés dans le Nord, cachés dans les pistons des trompettes et le creux des contrebasses, et quand ils jouaient, ils libéraient ces tempêtes et toute cette énergie d’un simple souffle des lèvres sur une embouchure, d’une pression des doigts sur un clavier, d’une torsion de corde ». 

Ray Célestin – « Mascarade »

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« Que de recettes encore, que d’odeurs ! La Havane et ses saveurs, mélange sucré salé, riz aux haricots noirs et à la banane frite ; comme dessert, gelée de goyave au fromage blanc fondu. Oh la Havane, que de jouissances ineffables, pour le palais et … pour le reste ! »

Zoé Valdés – « La douleur du dollar » (mon avis ici)

« La richesse d’une ville, et plus précisément de la ville dont nous parlons, s’accroît dans la mesure où la diversité de ses personnages la décore. »

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« Sa voix métallique annonçait des frénésies, augurait des refuges ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« Ceci est une histoire d’amour et de douleur comme dans la chanson de Maria Teressa Vera. C’est comme l’une de ces roses qui piquent, un roman-fleuve avec des épines, mais la chanson le dit bien : l’amour blessé est une douleur douce. »

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« L’histoire de l’humanité est remplie d’amours, de douleurs et de dollars ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« Mais … voici qu’Edith Piaf chante déjà. Les premiers vers, comme ses vêtements, comme son allure, se sont gravés dans l’esprit de la foule des orphelins de l’éclat et de la couleur ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« Elle gémissait en pensant à la triste histoire de la chanteuse française, avec sa robe si pauvre, avec sa mélancolie, sa laideur sublime, et son ardent désir de chanter, malgré toute l’amertume de sa vie ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« La frivolité est divine, surtout quand elle est proche de la tragédie grecque ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« Il y a tant de jolies paroles qui se cachent dans la pensée, ensuite, elles se sauvent, nous ne pouvons pas les rattraper et elles ne reviennent plus jamais ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

« Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme. Et le socialisme ? Eh bien, l’inverse ».

Zoé Valdés – « La douleur du dollar »

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Et vous, vous avez eu de belles révélations littéraires dernièrement ? N’hésitez pas à partager les citations que vous en avez, éventuellement, tirées.

Crédit photo de couverture : L&T

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Manayin dit :

    Coucou,
    J’aime toujours cette idée de sélection de citations ! Je suis moi-même souvent à la recherche de jolie phrases pour mon art journal, alors c’est plaisant de voir ce qui a pu t’inspirer.
    Bonne journée 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. L&T dit :

      Merci beaucoup ! Je suis contente que ce type d’article te plaise. J’apprécie partager ces citations avec vous en espérant qu’elles puissent en inspirer d’autres que moi (et surtout qu’elles donnent envie de découvrir les ouvrages dont elles sont tirées) 🙂

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