Love after love – Ingrid Persaud

Merci aux Editions Les Escales pour la découverte de cette primo-romancière trinidadienne : Ingrid Persaud !

« Love after love » aborde le sujet de la reconstruction après une déception sentimentale grâce à une puissante amitié entre deux êtres, a priori, bien différents. Un beau moment d’émotions en perspective…

Le livre : « Love after love » (ici)

Crédit photo : L&T

L’autrice : Ingrid Persaud est une romancière née à Trinidad qui vit entre La Barbade et Londres. Elle a remporté le « BBC National Short Story Award » en 2018 et le « Commonwealth Short Story Prize » en 2017 pour sa nouvelle « The Sweet Sop », une histoire parlant d’un père et son fils séparés et réunis par leur amour commun du chocolat. « Love after love » est son premier roman. Il a remporté le « Costa First Novel Award » en 2020.

Le résumé : « Betty Ramdin, veuve et mère célibataire, loue une chambre dans sa maison de Trinidad à un collègue bien sous tous les rapports, Mr Chetan. C’est un vieux garçon doux et attentionné qui amène à Solo, le fils de Betty, la figure paternelle qui lui a tant manqué depuis la mort de son père. Pour Betty, il incarne une présence masculine rassurante. Et pour Mr Chetan, cette famille recomposée lui donne un foyer qu’il n’a plus eu depuis… »

Mon avis : A 40 ans, Miss Betty a déjà connu de nombreuses déceptions dans la vie, la plus grande étant son ex-mari qui était abusif envers elle et leur fils Solo. A la mort de ce dernier, Betty a, naturellement, du mal à faire confiance et à se reconstruire. Ayant bien besoin d’une petite rentrée d’argent supplémentaire, elle prend toutefois sur elle et propose à M. Chetan, le professeur de mathématiques de l’établissement dans lequel elle travaille de louer une partie de sa maison. Contre toutes attentes, ils vont s’avérer très complices et une magnifique histoire d’amitié va se créer entre ces deux personnages.

Miss Betty et M. Chetan partagent, en effet, un amour commun pour la cuisine haute en couleurs et en saveurs de Trinidad, ils jardinent ensemble, ne crachent pas sur une « Carib » bien fraîche au bord de la mer et se payent régulièrement de bonnes tranches de rigolade ; leurs origines indiennes mutuelles les rapprochant d’autant plus.

M. Chetan endosse alors avec plaisir le rôle de père de substitution pour Solo et tous les trois se construisent leur propre petite famille, bien plus aimante que leurs familles d’origine (M. Chetan a, lui aussi, un passé familial douloureux, ayant été rejeté par ses parents qui ne l’acceptaient pas pour ce qu’il est).

Grâce à cette amitié à toutes épreuves, Miss Betty et M. Chetan s’ouvrent de plus en plus et s’offrent au monde. Bientôt, ils partageront également leurs secrets les plus inavouables, étape indispensable sur le chemin de l’acceptation et de la guérison pour pouvoir, peut-être, enfin (s’)aimer à nouveau. Malheureusement, cette quête vers l’épanouissement n’est pas dénuée d’embûches et les non-dits, si longtemps enfouis, auront des répercussions, notamment pour Solo qui se trouve à cette âge critique précédant l’entrée dans l’âge adulte et qui devra, à son tour, se questionner sur son identité et ses racines.

Dans « Love after love », l’histoire d’amour ne se trouve pas nécessairement là où on l’attend et on comprend rapidement que le plus important est de s’accepter et de savoir s’entourer de personnes qui comptent et qui seront là dans les moments les plus sombres pour nous redonner le sourire, étincelle d’espoir dans une nuit d’encre.

« Love after love » raconte, en outre, le mélange culturel qui caractérise l’île de Trinidad, riche de son métissage. Naturellement, son insularité repousse, en premier lieu, les plus jeunes qui rêvent d’Amérique, de grattes-ciel scintillants et d’ailleurs ; mais les exilés réalisent que le rêve est, en réalité, une chimère.

Enfin, Ingrid Persaud parle de la violence de plus en plus prégnante sur l’île. Criminalité gratuite induite par la précarité, le chômage, la haine de l’autre et le rejet des différences dans une culture où les religions occupent une place (trop) importante. Ces comportements violents contrastent avec la fragile bulle d’amour dans laquelle se sont réfugiés Miss Betty, M. Chetan et Solo. Une bulle qui pourrait toutefois exploser à tout moment.

Si les sujets abordés sont lourds, le ton reste, au contraire, léger et enlevé, ne tombant jamais dans le pathos.

En bref : Une jolie histoire sur l’amitié, la famille sous toutes ses formes et la quête d’un amour qui vient souvent d’où l’on ne s’attend pas. Un premier roman qui m’a beaucoup touchée (notamment dans sa seconde moitié) et que je vous recommande.

Les sujets abordés dans « Love after love » vous intéressent-ils ? Avez-vous envie de découvrir ce livre écrit par Ingrid Persaud, autrice originaire de Trinidad ?

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