Marchands de mort subite – Max Izambard

J’ai reçu le roman « Marchands de mort subite » de Max Izambard pour Noël. Je n’avais ni entendu parler de ce titre, ni de son auteur. Toutefois, j’ai tout de suite été intriguée par la 4ème de couverture qui laissait présager un thriller géopolitique en plein Ouganda.

Grosse surprise et coup de cœur pour cette histoire qui m’a happé dès les premières pages et que j’ai dévoré en deux jours tant j’avais envie de savoir ce qui allait advenir des personnages.

Le livre : « Marchands de mort subite » (ici)

Crédit photo : L&T

L’auteur : Max Izambard travaille dans la coopération internationale. Il a vécu plusieurs années en Ouganda. Son premier roman, « Marchands de mort subite », paraît en 2021 dans la collection Rouergue noir.

Le résumé : « Une journaliste française, Anne Marlot, est portée disparue alors qu’elle faisait des recherches sur le trafic de l’or en Ouganda et en République démocratique du Congo. Juliet Ochola, journaliste ougandaise, reprend cette enquête à haut risque, alors même qu’une insurrection étudiante met la capitale à feu et à sang. Dans un labyrinthe de questions et de faux-semblants, elle va lutter pour faire émerger des vérités dérangeantes face à un pouvoir aux abois ».

Mon avis : L’histoire commence sur les chapeaux de roues lorsque Pierre Marlot apprend par le consulat de France en Ouganda que sa fille unique, Anne, journaliste indépendante, a disparu des radars depuis près de deux semaines.

Lui-même ancien journaliste, Pierre sent immédiatement que la profession de sa fille n’est pas indifférente à sa disparition. Probablement une enquête sensible qui lui a fait poser les bonnes questions aux mauvaises personnes.

Rongé par l’inquiétude, Pierre se rend à Kampala, capitale de l’Ouganda, pour tenter de faire ce que les autorités diplomatiques françaises n’ont pas l’air prêtes de vouloir faire, savoir retrouver sa fille. Mais par où commencer ? Comment s’y retrouver, sans la moindre piste, dans cet imbroglio politique ?

L’Ouganda est loin d’être de tout repos. D’autant plus que le pays est en pleine transition électorale. L’âge aidant, le Mzee (le président plus si démocratique) va, en effet, bientôt laisser la place et, naturellement, son fils, général des forces armées, est tout désigné pour le remplacer. Sauf que la colère de la population commence à gronder, notamment celle des jeunes générations qui ne veulent plus d’un gouvernement corrompu et complaisant dans l’immobilisme.

C’est dans ce contexte explosif que Pierre, aidé par quelques proches de sa fille et par une journaliste ougandaise –  Juliette Ochola, elle-même en quête de transparence sur les magouilles politiciennes – va remonter la piste et reconstituer l’enquête d’Anne.

Ce sont dans les pas des marchands d’or que Pierre et Juliet vont alors se retrouver à marcher. Les intérêts de nombreuses puissances dépendent toutefois de ce trafic illégal juteux et peu sont prêtes à les laisser mener jusqu’au bout leurs investigations. Le piège se referme alors doucement mais sûrement sur eux…

J’appréhendais initialement d’avoir un peu de mal à suivre l’intrigue, étant peu familière avec le contexte géopolitique de l’est et de la Centrafrique. Toutefois, l’histoire prend rapidement le dessus et cet élément n’est pas un frein à la lecture.

Le rythme est soutenu, les chapitres relativement courts alternent le point de vue des personnages et nous laissent, à chaque fois, sur notre faim, si bien qu’on tourne les pages à toute vitesse pour comprendre ce qui est arrivé à Anne.

Celle-ci est le point de départ de toute cette histoire mais elle n’est pas pour autant la seule à tenir le haut de l’affiche. C’est notamment ce que j’ai apprécié dans cette histoire : le fait que des personnages ougandais soient également placés au centre et qu’il ne s’agisse pas uniquement d’un point de vue « occidentalo-métropolitain » ou, du moins, « expatrié » sur un pays africain.

« Marchands de mort subite » m’a, à plusieurs reprises, évoqué le très beau film « The constant gardener ». Il laisse entrevoir aux lecteurs la complexité de la situation, l’écheveau des intérêts, ainsi que le déséquilibre des forces en présence où ceux qui ont l’argent et la force de frappe sont bien souvent du mauvais côté de l’échiquier et où les contrepouvoirs internationaux ne jouent pas leur rôle de crainte de perdre leur part du gâteau dans le commerce du pétrole et des minerais.

Malheureusement, le tableau dépeint laisse peu d’espoir mais nos protagonistes livrent une bataille glorieuse.

En plus de l’intrigue et du rythme, j’ai également accroché avec la plume du primo-romancier Max Izambard qui alterne entre action et description vibrantes (on sent que l’auteur connait son sujet, ayant vécu en Ouganda plusieurs années). J’ai d’ailleurs relevé de nombreuses citations que je vous partagerai dans mon prochain article pour vous donner une petite idée de son style d’écriture.

En bref : Un roman géopolitique à suspense dans lequel vous ne risquez pas de vous ennuyer. « Marchands de mort subite » met la lumière sur un pays complexe loin de certains aprioris et sur des personnages résilients (et pour certains clairement dignes d’admiration). Une histoire qui rendrait très bien à l’écran.

Aimez-vous ce genre de romans ? Etes-vous tentés par la lecture du premier roman de Max Izambard ?

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Crisanam dit :

    Cette histoire a l’air trépidante. Je crois bien que je vais me laisser tenter par ce roman.

    Aimé par 1 personne

    1. L&T dit :

      C’est, en effet, une histoire à suspense prenante ! Je pense que tu devrais accrocher avec l’intrigue. Hâte d’avoir ton avis si tu te laisses effectivement tenter par sa lecture !

      J’aime

  2. flyingelectra dit :

    j’ai lu un roman ougandais un peu sur le même sujet, ce pays est plein de richesses mais le peuple crève la dalle …

    Aimé par 1 personne

    1. L&T dit :

      Oui c’est terrible, les intérêts financiers et politiques prennent le pas sur les intérêts humains. Je ne connaissais pas bien la situation de ce pays et j’ai aimé en découvrir un tout petit aspect via ce livre. Quel était le titre du livre que tu as lu sur le sujet ?

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.