Mes citations littéraires préférées #21

On se retrouve pour une nouvelle édition, un peu particulière, de mes dernières citations littéraires préférées (vous pouvez trouver un peu d’inspiration ou découvrir le style des auteurs dans mes dernières éditions ici).

Je dis « particulière » parce que cet article est exclusivement consacré au livre « Betty » de Tiffany McDaniel qui fût un énorme coup de coeur (je vous en parlais d’ailleurs ici).

J’ai été happée, aussi bien, par l’histoire que par la plume poétique de son autrice. Les mots et l’imagination de Tiffany McDaniel m’ont littéralement bercée pendant toute ma lecture et une fois le livre entre les mains, il m’a été difficile de le lâcher.

Autant vous dire qu’à la fin de ma lecture, l’ouvrage était émaillé de post-its colorés marquant des phrases et passages qui m’ont particulièrement marquée.

Je voulais donc vous en faire profiter et vous donner, je l’espère, envie de découvrir cette petite pépite de la littérature !

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« Devenir femme, c’est affronter le couteau. C’est apprendre à supporter le tranchant de la lame et les blessures. Apprendre à saigner. Et malgré les cicatrices, faire en sorte de rester belle et d’avoir les genoux assez solides pour passer la serpillière dans la cuisine tous les samedis. Ou bien on se perd, ou bien on se trouve ». 

Tiffany McDaniel – « Betty » (mon avis sur le livre ici)

« Les temps changent pour ne jamais revenir, alors nous donnons au temps un autre nom, un nom plus beau, pour qu’il nous soit plus facile d’en supporter le poids, à mesure qu’il passe et que nous continuons à nous rappeler d’où nous venons ». 

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Dans ses histoires, je valsais sur le soleil sans me brûler les pieds ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Tandis qu’elle grandissait, tous les ans, à la même époque, Papa lui prenait les bras et les levait.

-Tu es ma mesure. C’est toi qui vas mesurer la distance qui sépare tout ce qui pousse dans le jardin et aussi les intervalles entre les piquets de la clôture.

-Pourquoi c’est moi ta mesure ? demandait-elle toujours, même si elle savait ce qu’il allait répondre.

-Parce que tu es importante, répliquait-il en lui étendant les bras de chaque côté. Tu es mon centimètre, mon décimètre et mon mètre. La distance entre tes deux mains est la distance qui mesure tout ce qu’il y a entre le soleil et lune. De telles choses ne peuvent être mesurées que par une femme.

-Pourquoi ? demandait Fraya afin de ne pas l’oublier.

-Parce que tu es forte et puissante ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

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« Avec toutes ces larmes, tu vas finir par avoir une âme liquide ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Tu savais que la fumée est la brume de l’âme ? C’est pour cette raison qu’elle est si sacrée et qu’elle peut emporter tes craintes dans les nuages, où habitent les mangeurs de peur ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Si tu restes immobile, Betty, tu vas passer à côté de quelque chose d’extraordinaire ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Un garçon qui tombe comme ça en silence, il a besoin que quelqu’un soit là pour crier à sa place ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« J’ai compris une chose à ce moment-là : non seulement Papa avait besoin que l’on croie à ses histoires, mais nous avions tout autant besoin d’y croire aussi. Croire aux étoiles pas encore mûres. Croire que les aigles sont capables de faire des choses extraordinaires. En fait, nous nous raccrochions comme des forcenées à l’espoir que la vie ne se limitait pas à la simple réalité autour de nous. Alors seulement pouvions-nous prétendre à une destinée autre que celle à laquelle nous nous sentions condamnées ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Pas besoin de s’asseoir sur un banc pour entendre parler de la création divine, disait-il. Tout ce que vous avez à faire pour savoir qu’il existe quelque chose de plus grand, c’est aller vous promener dans les montagnes. Un arbre prêche mieux que n’importe quel homme ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Papa n’a jamais voulu renoncer. D’une certaine manière, peut-être que Lint était comme une plante qu’il espérait parvenir à faire pousser en dépit des conditions difficiles et contre toute adversité. Ne pas croire une chose possible doit être terrible pour un bon père ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« J’avais les yeux de mon père, et désormais j’avais aussi la souffrance de ma mère. Je sentais cette souffrance devenir un corps solide, quelque chose qui – j’en avais peur – serait toujours là ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Des fois je me demande si les humains étaient pas d’abord des pierres et si c’est pas la pluie qui nous a donné notre visage ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Chaque fois que tu auras l’impression qu’il y a une sorte de guerre à laquelle tu dois échapper, dis-le moi et nous irons ensemble à la chasse aux cailloux. Nous discuterons de leur taille, de leur couleur et de tout ce qui les rend beaux et particuliers. Et nous parlerons de tout ça jusqu’à ce que tu sentes que tu as trouvé la paix dans cette guerre. Les flèches ne durent pas éternellement, Lint. Les balles non plus. Le calme existe, même au coeur des tempêtes ».

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Tiffany McDaniel – « Betty »

« Il y avait des choses chez mon père qui commençaient à s’écailler, comme une peinture qui vieillit. Quand je lisais les livres que j’empruntais à la bibliothèque, je pensais que mon père – comme les histoires que ces livres racontaient – était né de l’esprit de ces écrivains. Je croyais que le Grand créateur avait expédié ces écrivains sur la lune, porté par les ailes d’oiseaux-tonnerre, et leur avait dit de m’écrire un père. Des écrivains tels que Mary Shelley, qui avait donné à mon père une compréhension gothique pour la tendresse de tous les montres.

Agatha Christie avait créé le mystère qui habitait mon père et Edgar Allan Poe avait conçu pour lui l’obscurité de manière à ce qu’il puisse s’élever jusqu’au vol du corbeau. William Shakespeare avait écrit pour lui un coeur de Roméo en même temps que Susan Fenimore Cooper lui avait imaginé une proximité avec la nature et le désir d’un paradis à retrouver.

Emily Dickinson avait partagé sa sensibilité de poète pour que mon père sache que le texte le plus sacré se lit dans la façon dont les êtres humains riment ou ne riment pas les uns avec les autres, laissant à John Steinbeck le soin de mettre dans le coeur de mon père une boussole afin qu’il puisse toujours vérifier qu’il était bien à l’est d’Eden et légèrement au sud du paradis. Pour ne pas être en reste, Sophia Alice Callahan s’était assurée qu’une partie de mon père resterait à jamais un enfant de la forêt, tandis que Louisa May Alcott avait mis en mots toute la loyauté et l’espoir que contenait son âme. C’était à Théodora Dreiser qu’était revenue la tâche d’écrire pour mon père la tragédie américaine qui devait être son destin, non sans que Shirley Jackson l’ait d’abord préparé aux horreurs qui devaient accompagner cette tragédie.

Pour ce qui était de son imagination, j’étais convaincue que Dieu avait posé le pied sur son esprit. C’était la faute de Steinbeck qui avait laissé tomber sur la terre l’esprit de mon père pour commencer, donnant à Dieu la possibilité de marcher dessus pour y laisser un petite encoche et l’empreinte de son pied. Avec une telle empreinte, qui n’aurait pas une imagination semblable à celle de Papa ? Toutefois, cette fantaisie s’écaillait de plus en plus, et je commençais à voir, sous cette couche, la chair et les os ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

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« Pourquoi faut saigner pour gagner le droit d’être une femme ? Et qu’est-ce qui se passe quand on vieillit et que ça s’arrête ? Alors quoi ? On n’est plus une femme à ce moment-là ? C’est pas le sang qui définit ce qu’on est. C’est notre âme ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Tu sais, il y a une légende Cherokee qui raconte que si tu arrêtes de danser, le monde s’arrête ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Dans les plis et les rides, c’était son histoire que je voyais. Sa peau était le journal de son âme. Tous les printemps où elle avait observé les fleurs s’épanouir. Les étés où elle était restée sous la lune et avait embrassé son visage. Les automnes où elle était devenue plus sage. Les hivers qui avait gelé les initiales de son nom. Chaque ride était la trace de tout cela et témoignaient de chaque heure, de chaque minute et de chaque seconde qu’elle avait vécues. Tous ses secrets étaient inscrits sur sa peau. Les choses pour lesquelles elle avait imploré Dieu. Les choses pour lesquelles elle avait maudit le diable. Dans toute cette vieillesse, je ne voyais que de la beauté ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Comment se fait-il que tant d’hommes de Dieu ne soient pas de Dieu du tout ? »

Tiffany McDaniel – « Betty »

« La roche à nu de cette colline me faisait penser à une femme qui se serait débarrassée de sa robe. Chaque arête et chaque escarpement étaient comme l’exposition de la clavicule ou de l’omoplate de la femme. Cela donnait l’impression que ces hauteurs étaient vivantes, comme si, à une certaine époque, elles avaient marché sur deux jambes et avaient traversé aussi bien des paradis d’un bleu profond que des enfers d’un rouge brûlant ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Nous avons trop d’ennemis dans la vie pour en faire nous-même partie ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Raconter une histoire a toujours été une façon de réécrire la vérité. Mais parfois, être responsable de la vérité est une façon de se préparer à la dire ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

« Il n’y a rien de surnaturel dans les épreuves qui surgissent dans notre existence. Il n’y a que notre peur qu’elles le soient ».

Tiffany McDaniel – « Betty »

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Alors, vous êtes-vous laissés emporter par ces quelques extraits choisis ? Vous avez envie de lire « Betty » ? Si c’est déjà fait, vous avez aimé la plume habitée de Tiffany McDaniel ?

Crédit photo de couverture : L&T

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