J’avais, comme beaucoup, énormément entendu parler de « Normal people » de Sally Rooney qui a connu un grand succès littéraire et une adaptation série également bien appréciée du public. Je me suis donc dit qu’il était temps de me lancer lorsque je suis tombée sur ce titre en librairie lors de mes achats de cadeaux de Noël.
Le livre : « Normal people » (ici)

Crédit photo : L&T
L’autrice : Sally Rooney est une écrivaine irlandaise. Elle est diplômée d’un master en littérature anglaise et américaine au Trinity College à Dublin. Sally Rooney publie son premier roman « Conversations with Friends » en 2017. Saluée par la critique, elle obtient pour ce livre le prix du meilleur jeune écrivain de l’année décerné par « The Sunday Times ». En 2018, elle publie un second roman, « Normal People », qui reçoit le prix du meilleur roman décerné par le Costa Book Awards, le prix du livre de l’année décerné par la chaîne de librairies Waterstones et le Irish Book Awards 2018. « Beautiful World, Where Are You », paru en septembre 2021 est son troisième roman.
Le résumé : « Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d’Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l’étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l’intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour. Un an plus tard, alors que Marianne s’épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s’acclimate mal à la vie universitaire. Un jour, tout est léger, irrésistible ; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent. Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer ».
Mon avis : J’ai mis quelque temps avant de rédiger cette chronique et avec le recul j’ai encore un peu de mal à vous parler de ce livre à part.
L’histoire se déroule en Irlande, tout d’abord dans une petite ville de banlieue, pas très éloignée de Dublin. On y découvre Connell et Marianne, deux lycéens très différents l’un de l’autre.
Tandis que Connell est un garçon assez populaire, bon élève, sportif et relativement bienveillant, Marianne est le souffre-douleur d’un certain nombre de ses camarades. Sa différence, son indépendance, son franc-parler la classent en dehors de ce monde adolescent focalisé sur les apparences et les premiers émois amoureux. Avec ses vêtements démodés et son intérêt pour les grands sujets de société, Marianne est effectivement bien éloignée de ces préoccupations « infantiles ».
Marianne et Connell n’évoluent, par ailleurs, pas sur le même plan social, la mère de ce dernier étant employée en tant que femme de ménage chez la famille de Marianne.
Pourtant, en dépit de ces différences, une relation très forte se noue entre eux. Connell ose enfin se laisser aller à ressentir et se découvre auprès de Marianne, tout en se libérant de la peur du jugement et du regard des autres (sentiment qui ne semble pas le quitter en temps normal).
Une émouvante bulle d’intimité se crée entre ces deux personnages qui apprennent à aimer sur un plan émotionnel et physique. Mais cette bulle est bien fragile et sans cesse sur le point d’éclater, notamment du fait de Connell qui se laisse rattraper par son constant besoin d’assentiment de la part des autres. Marianne, quant à elle, est sujette à une certaine instabilité mentale en raison d’un environnement familial malsain et violent, ce qui la pousse à se déprécier et à se placer dans des positions souvent inconfortables.
De leurs années lycée à la fin de l’université, on suit l’évolution de ce couple (parfois d’amoureux, parfois d’amants, souvent d’amis), leurs hauts et leurs bas, leurs perversions, leurs fragilités exacerbées par les non-dits qui leur sont malheureusement récurrents.
Les troubles dont ils sont parfois victimes éloignent, à certains moments, ces personnages du lecteur. Paradoxalement, on a aucun mal à comprendre, voire à se retrouver, dans cette relation. Celle-ci a beau être sincère, elle mêle également attirance et dégoût sur fond de subtile lutte de pouvoir.
Le personnage de Connell est, selon moi, le plus ambigüe dès lors qu’on a parfois un peu de mal à l’apprécier pleinement alors que c’est probablement celui qui nous ressemble le plus.
« Normal people » n’est pas du tout le livre auquel je m’attendais. Je ne l’ai, sur le coup, pas adoré au point de ne plus vouloir le lâcher (alors que c’est ce que j’en attendais au vu des critiques), mais, à terme, je crois qu’il m’a marqué plus profondément et près d’un mois après, je me souviens très bien de mon ressenti en le lisant.
« Normal people » parle de toutes ces relations fantasmées ; de la marque qu’elles peuvent laisser sur la vie de leurs protagonistes ; de ces personnes qui pourraient être faites pour être ensemble mais dont les chemins ne font que se croiser pour une quelconque raison.
J’ai trouvé le ton empreint d’une certaine mélancolie dans laquelle j’ai également pu me retrouver et je dois dire que mon séjour à Dublin, sur les traces de Connell et Marianne, qui a immédiatement succédé ma lecture n’a fait que renforcer cette sensation. Je suis, d’ailleurs, très curieuse de découvrir d’autres titres de l’autrice pour savoir si on y retrouve cette « touche » particulière.
En bref : En fermant ce livre, qui raconte une histoire d’amour « normale » tout en étant hors du commun, je comprends son succès. « Normal people » est une ode à ces histoires qui, parce qu’elles n’ont pas de « happy ending » traditionnel n’en sont pas moins belles ou importantes.
Vous avez lu ce livre ? Vu son adaptation en série ? Avez-vous aimé ?
Hâte de le lire et de regarder la série !
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Je suis bien curieuse d’avoir ton avis après coup ! 😉
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j’ai découvert Sally avec ce roman et mon billet doit refléter mon état, je ne savais pas quoi en penser, aimer ou pas ? et comme toi avec le temps, j’a réalisé que j’avais vraiment aimé, elle arrive tellement à transcrire les doutes, les non dits… plus pour la jeune génération (d’où son succès) car sinon la reine du genre c’est Tessa Hadley (je dis ça car je viens de craquer et acheter le dernier…) je n’ai pas lu Conversations entre amis mais que je possède donc à venir. J’ai lu en septembre son tout dernier, Beautiful world, where are you – ma chronique est en ligne. J’ai adoré ! Même si elle reprend une tournure un peu trop connue, le résultat est là – excellent et puis l’Irlande _ hâte d’y retourner ! PS: Felix forever (les internautes le déteste, je l’adore)
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Cette première impression lors de la lecture m’intéresse particulièrement. Je me demande si c’est du malaise face aux tourments des personnages ou tout simplement parce que ça nous renvoie également à nos propres contradictions et relations plus ou moins saines. Mais dans tous les cas c’est vrai qu’elle retranscrit très bien cette dimension psychologique et les préoccupations de nos générations. Je vais tout de go lire ta chronique sur son petit dernier et note tes recommandations (je n’ai pas encore lu Tessa Hadley) !
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Je viens de lire ton avis qui m’a vraiment donné envie de le découvrir rapidement ! Je suis bien intriguée sur le personnage de Félix aussi du coup haha
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Le style et les personnages m’ont laissée froide je dois dire…
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Je comprends ton ressenti car j’étais initialement assez partagée aussi sur les personnages qui m’agaçaient un peu. Et puis finalement je me suis laissée emporter par leur histoire d’amour un peu tordue et pure en même temps. J’ai l’impression que la série est moins clivante que le livre. L’as-tu regardé ?
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J’ai regardé les premiers épisodes et ils m’ont rendue triste alors j’ai arrêté. Cela dit, au moins j’ai ressenti quelque chose et effectivement, les personnages ont plus d’épaisseur. Quant à l’esthétique, elle est plus marquante que le style de Rooney je trouve 🙂
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Il faut vraiment que je la regarde. Je n’ai pas encore pris le temps mais j’entends tant de choses différentes sur cette série qu’il faut que je me fasse un avis et que je compare avec le livre. Surtout que le succès de la série a entrainé l’adaptation de « Conversations entre amis » (que je n’ai pas encore lu non plus).
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Ah je ne savais pas que celui-ci aussi allait être adapté. Je ne l’ai pas lu non plus mais je ne pense pas m’y frotter.
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Il a eu un certain succès également, mais en effet il vaut peut-être mieux commencer par la série…
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