Mes citations littéraires préférées #28

Après un mois un peu plus difficile côté lecture (petite panne en cours), je reviens avec la 28ème édition de mes citations littéraires préférées (les précédentes sont à lire ici pour trouver un peu d’inspiration ou pour découvrir le style des auteurs dont j’ai précédemment partagé les ouvrages).

Vous commencez à connaître le concept, je vous fais découvrir quelques-uns des passages qui ont particulièrement captés mon attention et qui sont tirés de mes dernières lectures, en l’occurrence : « Normal people » de Sally Rooney, « Célestine du Bac » de Tatiana de Rosnay et « Un si joli nulle part » d’Alexis Schaitkin (dont j’ai sélectionné tellement de citations que j’aurais presque pu lui dédier un article à lui tout seul).

Cinemagraph : kitchen ghosts

« Marianne avait l’impression que sa vraie vie se déroulait en son absence, et qu’elle ignorait si elle réussirait un jour à savoir comment la trouver et y prendre part. Elle éprouvait souvent ce sentiment à l’école, sans qu’il s’accompagne d’images ou d’idées concrètes de cette vraie vie. Tout ce qu’elle savait, c’est que lorsque sa vie commencerait pour de bon, elle n’aurait plus besoin de l’imaginer ».

Sally Rooney – « Normal people » (mon avis sur le livre ici)

« C’est le genre d’information dont elle aimerait bien disposer, ne serait-ce que pour mieux la rejeter complètement ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Quand elle se souviendra de ce moment, plus tard, elle le trouvera d’une intensité insoutenable, elle en est consciente à ce moment précis. Elle n’a jamais cru pouvoir être aimée par quelqu’un. Mais désormais elle mène une nouvelle vie, inaugurée par l’instant présent, et même des années plus tard, elle se dira : Oui, c’était ça, le commencement de ma vie ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Marianne vivra avec des personnes différentes, et la vie sera différente. Mais elle-même ne sera pas différente. Elle sera la même personne, prisonnière de son corps. Elle n’a nulle part où aller pour se libérer. Un lieu différent, des gens différents, quelle importance ? »

Sally Rooney – « Normal people »

« Ils ne sont pas bêtes, mais pas beaucoup plus intelligents que lui. Ils évoluent différemment dans le monde, voilà tout, et ils ne les comprendra sans doute jamais, de même qu’eux ne le comprendront jamais et n’essaieront même pas ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Je ne suis pas croyant mais il m’arrive de penser que Dieu t’a créée pour moi ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Même si leur relation n’est pas sans difficultés ni ressentiments, c’est une relation qui tient. Cela lui semble soudain remarquable, presque émouvant ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Etre son petit ami le rattache fermement au monde social, l’établit comme une personne acceptable, dotée d’un statut particulier, dont les silences lors d’une conversation sont plus un signe de réflexion que de malaise ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Difficile de savoir si ça plaît à Marianne d’entendre ces choses ; elle désire les entendre, mais elle est consciente d’être capable de désirer ce qu’elle ne veut pas ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Les choses lui arrivaient, comme les crises de larmes, les accès de panique, mais tout cela semblait lui tomber dessus de l’extérieur, et non monter de l’intérieur de lui. A l’intérieur, il n’éprouvait rien. On aurait dit un freezer qui avait dégivré trop vite à l’extérieur et fondait partout, alors que l’intérieur était toujours congelé ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Cet évènement culturel a pris la forme d’une performance de classe, où la littérature était fétichisée pour sa capacité de faire vivre à des gens éduqués de fausses aventures émotionnelles, afin qu’ils se sentent supérieurs aux prolos dont ils aimaient lire l’aventure émotionnelle dans les livres ».

Sally Rooney – « Normal people »

« S’attarder sur le visage de Connell procure toujours à Marianne un certain plaisir, qui peut se conjuguer avec beaucoup d’autres sentiments selon la conversation et l’humeur du moment. Son apparence rappelle à Marianne ses morceaux de musique préférés, toujours différents à chaque nouvelle écoute ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Ce n’est pas la première fois que Marianne pense que la cruauté ne fait pas seulement du mal à celui qui en est victime mais aussi à son auteur, peut-être même plus profondément et durablement à ce dernier. On n’apprend rien de très profond quand on est victime de harcèlement ; en revanche, le fait de harceler quelqu’un vous apprend des choses que vous n’oublierez jamais ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Si les gens faisaient des choses absurdes en période de deuil, c’était parce que la vie était absurde, et que le deuil en était un révélateur ».

Sally Rooney – « Normal people »

« Marianne est si contente pour Joanna et Evelyn qu’elle a l’impression d’avoir de la chance de les voir ensemble, ou d’entendre Joanna dire joyeusement à Evelyn au téléphone : OK, je t’aime, à plus. C’est pour Marianne une espèce de fenêtre avec vue sur le vrai bonheur, mais une fenêtre qu’elle ne peut ouvrir toute seule, ni même escalader ».

Sally Rooney – « Normal people »

instagram full of cinemagraphs
this wasn’t from a shoot, I just loved the late afternoon light and took a picture of my favorite teacup!
Cimegraph : kitchen ghosts

« Martin n’a jamais aimé ce parfum d’été mourant cette imminence de la rentrée, des choses ennuyeuses et sérieuses. Mais pour la première fois de sa vie, en cette fin de vacances, il songe à quelqu’un d’autre qu’à lui-même ; il pense aux petits matins frais à venir, aux longues nuits froides, aux pieds nus de Célestine et il regrette la chaleur de l’été qui s’en va ».

Tatiana De Rosnay – « Célestine du bac » (mon avis sur le livre ici)

« L’image qu’il a de sa mère n’est qu’un reflet projeté par les autres ».

Tatiana De Rosnay – « Célestine du bac »

« Elle le regarde longuement et il sent ses yeux noirs caresser son visage comme un rayon de soleil ».

Tatiana De Rosnay – « Célestine du bac »

« Célestine qui t’aime comme si elle t’avait tricoté ».

Tatiana De Rosnay – « Célestine du bac »

« La mort n’est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté ».

Tatiana De Rosnay – « Célestine du bac »

Cinemagraph : kitchen ghosts

« Il l’a remarqué mais n’a rien dit, pensant qu’il serait inutilement cruel de souligner la laideur de ses intentions, qu’elle croit pures ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part » (mon avis sur le livre ici)

« Sa soeur est un secret qu’on lui chuchote à l’oreille ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Maintenant qu’il est là, il ne peut s’empêcher de se demander : les bougainvilliers suffisent-ils à faire la différence ? Ce lieu n’est-il rien d’autre que la même laideur recouverte d’un vernis de beauté peu convaincant ? »

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Il est aisé d’être tolérant lorsque vous menez une vie heureuse ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Si les pères ne disaient que ce qui plaît à leurs filles adolescentes, on ne les entendrait jamais ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Les moments, les heures, les matins se succèdent et se perdent. Les minutes se propagent dans l’air tel un parfum. Seule la beauté trahit le passage du temps : la mer se muant en fluide argenté en fin de journée, le coucher du soleil tirant sur le bleu lavande juste avant l’arrivée de l’obscurité, les étoiles étincelantes ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Pour certains, la pluie est un outrage personnel, un impôt sur le bonheur. D’autres sont secrètement reconnaissants. La pluie leur évite d’avoir à jouer les épanouis toute la journée ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« La brume est décevante ; on ne peut jamais vraiment y entrer. Dès qu’on veut la toucher, elle s’évanouit ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Se prélasser dans l’éclat de sa soeur lui suffit ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Ils savent maintenant qu’ils caressaient un rêve qui, à l’instar de la plupart des rêves, ne correspondait pas vraiment à ce qu’ils désiraient« .

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Il a l’impression de voir quelque chose qu’il ne devrait pas voir. Certaines beautés trop intenses vous traumatisent peut-être à jamais ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Ce dont je me souviens le plus, c’est de la beauté des adolescents en larmes. Après la cérémonie, ils se sont rassemblés en petits groupes compacts sur le trottoir devant l’église. Les filles portaient des robes noires courtes et décolletées. Elles ne devaient pas posséder de tenues d’enterrement à proprement parler, ou peut-être avaient-elles choisi ces tenues légères pour faire l’expérience d’une sensualité triste et tragique ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« J’ai regardé le ciel. Il était blanc, diffus. Comme les eaux turquoises de l’Indigo Bay, dont la couleur était à la fois partout et nulle part. Ma soeur s’était-elle glissée dans cet infini entre les couleurs et les objets . Etait-elle là haut, dans cet ailleurs insaisissable, à m’observer ? »

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Au début, j’allais voir les photos lorsque ma soeur me manquait. Au fil du temps, j’y allais lorsqu’elle ne me manquait plus depuis un moment, et que ce sentiment me manquait ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Avoir dix-huit ans, n’est-ce pas en fin de compte être constamment tiraillé entre l’intensité de ses désirs et la conscience naissante de soi-même ? »

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Il est plus facile de tracer les contours de la douleur des autres ; beaucoup plus délicat de reconnaître la sienne ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« J’avais vingt-cinq ans. Suffisamment âgée pour savoir que je me trompais, mais suffisamment jeune pour ne pas m’en rendre compte ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Chez lui, la mer était conscience. On savait toujours qu’elle était là, et qu’elle contenait tout le reste : les réponses et les mystères, visibles ou invisibles, ce dont on se souvenait et ce qui était oublié ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Elle était, à l’instar de tous les morts, ce que souhaitaient les vivants ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Je crois que nous ne savons pas à quoi ressemblent les gens. Nous savons seulement à quoi ils ressemblent à travers notre propre regard. Nous projetons sur eux une idée façonnée par nos sentiments et nos souvenirs, et c’est là que les choses se déforment ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« On subtilise l’histoire des morts, qui se voient condamnés à une éternité de figurants dans les histoires des autres ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Ce n’est pas parce qu’une personne est moins intelligente que toi qu’elle n’a rien à t’apprendre ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Je crois qu’Alison et moi avons grandi avec l’impression que notre mère conservait le meilleur d’elle-même pour elle-même, comme pour se défendre ou se protéger de nous ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Clive Richardson était un homme caché en pleine lumière, qui n’attirait pas l’attention et ne laissait aucune trace dans l’esprit de quiconque. Il était une île, isolée et impénétrable ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Comme tous les fantômes, elle irradie. Elle refuse de rester figée dans le temps. Elle habite chaque instant, elle envahit tous les souvenirs, même les plus doux, même ceux d’avant, et tout a un goût amer ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Ils buvaient et fumaient, chahutaient dans la pénombre, écoutaient à fond Enemy ou Run-DMC, et hurlaient aux étoiles, qui brillaient si fort que cela faisait mal d’essayer de comprendre de quoi elles étaient faites ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« C’était une de ces nuits où le moindre plaisir est multiplié par l’idée de tous les moments futurs où on se retrouvera avec ses amis pour se remémorer tout ça ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Le truc qui me fait le plus peur, c’est que ma vie ne soit pas ce qu’elle pourrait être. J’ai tout, tout roule pour moi. Je n’ai pas d’excuses. Et si malgré tout je ratais mon coup ? »

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« J’ai l’impression que la pente est très glissante entre le fait d’être contente de recevoir un cadeau et penser qu’on le mérite ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Elle a dix-huit ans et la beauté lui semble déjà banale ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Alison est arrivée à l’Indigo Bay à ce moment critique où une jeune fille se coupe sur les échardes de son reflet et observe, tant décontenancée que fascinée, le sang qui se met à couler ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Personne n’aime les snobs, mais tout le monde apprécie le discernement à l’origine du snobisme ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« J’ai trente-sept ans, et si j’ai appris quelque chose, c’est qu’on peut vivre à peu près bien sans avoir besoin de déballer les mystères de la vie ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Les garçons doux comme le miel se collent toujours à la fille la plus poison ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« C’est comme si Dieu ou le destin ou je ne sais quoi me tendait la main, me donnait gratuitement ce que je voulais : l’occasion de prendre ma vie en main et de la gâcher avant même d’en être déçue ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Tandis qu’il contemplait les fins cristaux blancs, l’eau et les collines bleues au-delà, il a perçu sa propre tristesse s’étendre devant lui à l’instar du paysage, comme si la terre, fatiguée par le fardeau des secrets humains, reconnaissait sa souffrance ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« Je regarde la femme devant moi : ses yeux sont si fatigués qu’ils semblent observer l’existence depuis la nuit des temps ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« S’il n’y avait que des femmes dans le monde, le langage n’existerait pas. Elles n’en n’ont pas besoin ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

« La vérité ! La vérité ! Ok, d’accord, mais pourquoi ? On fera quoi, avec la vérité ? On deviendra quoi ? Et en apprenant la vérité, que perd t-on ? Il me semble désormais que certaines vérités ne suffiront jamais à sceller les mystères qui les ont précédées ».

Alexis Schaitkin – « Un si joli nulle part »

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Cinemagraph : kitchen ghosts

Alors, au vu de ces citations, quel est le livre qui vous tente le plus ? Avez-vous récemment fait des découvertes littéraires que vous souhaitez partager par ici ?

Crédit photo de couverture : L&T

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