Mes citations littéraires préférées #29

Me revoilà avec une nouvelle sélection de citations et d’extraits relevés au cours de mes trois dernières lectures de janvier et de début février, j’ai nommé « La somme de nos vies » de Sophie Astrabie (dont je vous parlais ici et que j’ai adoré pour sa douceur et la plume poétique de l’autrice), « Marchands de mort subite » de Max Izambard (une intrigue géopolitique qui m’a happé et dont je vous parle très vite) et enfin « Love after love » d’Ingrid Persaud (une belle histoire, pas toute rose, sur l’amour maternel et l’amitié, ce lien souvent plus fort que les relations amoureuses. On se retrouve vite par ici pour en reparler en détails).

Globalement, ce début d’année commence bien avec de très jolies découvertes littéraires. Ces citations qui en sont issues vous donneront peut-être envie de vous lancer, à votre tour, dans la lecture d’un de ces trois ouvrages. A défaut, j’espère qu’elles vous inspireront ou vous feront sourire, tel que ce fut le cas pour moi…

« Elle aime observer ce qui se passe en face de chez elle, toutes ces promesses de vie, ces milliers d’histoires qui se jouent sous les toits en zinc de la capitale ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies » (mon avis sur le livre ici)

« A son âge, Marguerite prend toujours le métro. Malgré les marches, malgré les interminables correspondances, malgré le monde… Elle ne peut pas abandonner cette odeur. Pour elle c’est le parfum de Paris et chaque station a la sienne. Elle pourrait deviner si elle traverse un quartier de bureaux, un quartier populaire ou un quartier touristique les yeux fermés. Elle aime ces émanations, ces rails qui chauffent, cette colle sous les panneaux d’affichage, ces produits d’entretien et puis ces usagers. Ce mélange d’humanité que tout éloigne, sauf leur destination ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Avec des si, elle serait une autre personne ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle avait souffert et puis elle n’avait plus souffert parce que la souffrance s’arrête aussi quand vient l’habitude ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« La vie est une grande succession de photographies que l’on oublie de prendre ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle porte sur ses lèvres une habitude, celle d’un jour avoir souri ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Le mois de septembre touche à sa fin et, dans la rue, il y a autant de femmes en bottes et manteau qu’en robe et sandales. L’automne est de loin le meilleur indicateur d’optimistes qui puisse exister ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Il ne faut pas être en deuil pour une vie que l’on a jamais voulu ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle se rend bien compte que dans ce souhait d’une vie plus remplie, il y le paradoxe d’une mort qui arrive vite ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Marguerite a l’impression de se cogner au mur invisible de la solitude. Chaque joie, chaque espoir se heurte inlassablement à cette vitre dressée devant elle, cet isolement en pleine foule. Pour s’occuper, elle pense à ce que sa vie est devenue. Elle pense à ces mots qu’elle ne prononce plus. Aux fermetures dans le dos qui restent en bas. Aux plats pour « une personne » chez Monoprix. Aux blagues auxquelles elle ne rit plus. Aux « un peu moins » qu’elle prononce chez le fromager. Aux « encore un peu moins » qu’elle murmure chez le boucher. Aux restes de repas qu’elle ne finit plus de manger. Au téléphone qui ne sonne plus. Aux discussions avec la télévision. A son reflet dans le miroir qu’elle utilise pour se sentir moins seule. Aux multiples miroirs qu’elle positionne pour se sentir encore moins seule ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle a le sentiment de n’avoir rien à perdre. La vieillesse peut avoir cet avantage : elle libère de tout ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

Dans la vie, il faut que tu mettes la barre à une hauteur qui te permet tout juste de l’effleurer quand tu es sur la pointe des pieds, les bras levés. Ni plus, ni moins ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle est de ces gens dont le caractère sculpte un physique ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle a compris que la beauté a plusieurs définitions et, en fin de compte, cela est plutôt rassurant ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Toute sa vie, son père lui avait répété qu’un jour il achèterait une aire d’autoroute sur le chemin des vacances pour avoir l’impression de partir chaque matin. Il lui disait aimer ce moment si particulier de la pause après quelques heures de conduite, cet îlot d’espoir sur ce bonheur à venir. Il aimait ce café pris avec vue sur une station essence et qui avait le goût d’une destination ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« La confiance tout comme la richesse sont terriblement mal réparties sur cette Terre ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Mon malheur serait le bonheur d’un plus malheureux que moi ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle avait dit ces phrases d’adultes qui ne comprennent pas que l’enfance est une réalité qui n’autorise pas l’avenir ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« On ne verrait pas les rayons de soleil sans un peu de poussière ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Thomas ne comprend pas que l’on puisse mettre autant d’argent dans un objet qui donne l’heure. Il a l’impression d’être face à une mise en abîme dans laquelle les hommes n’arrêtent pas de sombrer. L’argent gagné par du temps dépensé à gagner de l’argent pour connaître la valeur du temps ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« J’évite à mes souvenirs de s’éparpiller dans d’autres décors ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Donner aux autres la possibilité de mentir pour ne pas les obliger à nous blesser, c’est une forme d’amitié ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« C’est comme ces gens nostalgiques de leur passé. Sous leurs airs mélancoliques, ils ne se rendent pas compte que si leur passé leur manque, c’est que leur présent les déçoit ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Si les mots nous blessent, alors les silences tuent ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Si les larmes sèchent, les chagrins sont parfois inconsolables ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« C’est sans doute cela de vieillir, des saveurs moins intenses mais, de fait, des douleurs plus supportables ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« L’un des plus beaux souvenirs de son enfance vient de disparaître, mais elle vit cela comme une rupture dans une relation néfaste. Ce qu’elle redoutait tant est en fait un acte libérateur. Elle n’est plus enchaînée à un idéal. Elle n’a plus à aller chercher le bonheur dans la vie des autres et à espérer qu’il ricoche sur elle. Le bonheur d’une vie n’est pas une apparence. Et encore moins un souvenir ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Si elle est si joyeuse, c’est parce qu’elle sait apprécier la tristesse ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle les trouve touchants, même si elle ne peut s’empêcher de penser qu’il est aussi extraverti qu’elle semble réservée et que les hommes sont décidément plus doués que les femmes pour se trouver formidables ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Elle se dit aussi que c’est ça, vivre sa vie. Essayer de la contenir mais la voir déborder tout de même ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Rien n’est moins secret qu’un secret ».

Sophie Astrabie – « La somme de nos vies »

« Le cuir noir de sa peau semblait avoir essuyé tous les orages et les soleils de l’équateur ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite » (mon avis sur le livre ici)

« Elly parut se réjouir de la nouvelle, comme si la présence du père suffisait à raviver l’espoir du retour de la fille ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« D’aboville avait cet âge indéfinissable des homes mûrs dont les corps ne portent pas encore de traces de la vieillesse ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Le prix de la vie est inversement corrélé à la pigmentation de l’épiderme ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Les morts blancs ont une histoire, les morts noirs sont juste des corps qui pourrissent sous la terre ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Tout cela n’était plus et pourtant cela avait été. L’inéluctable et cruelle marche en avant du temps. L’impossible retour en arrière. Ce temps qui écrase les êtres, qui les supprime, mais qui ne les efface jamais complètement des mémoires. Il faut vivre avec ses souvenirs, cette accumulation forcée, ce fatras d’images, d’odeurs et de bruits, comme un bagage trop lourd, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la fin ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Pierre remarqua qu’elle alternait entre temps présent et temps passé pour évoquer Anne. Comme si son appartenance au monde des vivants était incertaine, son statut fluctuant ; ou comme si Grace menait un combat intérieur pour la tirer des limbes du passé, l’arracher aux ténèbres qui la retenaient prisonnière, et tenter de la ramener vers elle ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Côtoyer Juliet, faire partie de sa bande, c’était risquer d’être soufflé par une explosion d’énergie permanente, ébranlé par un épicentre de joie, noyé sous un déluge d’optimisme ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Tu apprendras que du bâton ne naît pas l’obéissance. Celui qui frappe ses vaches pour les faire rentrer dans leur enclos n’obtiendra que du lait tourné et de la viande dure. Le bâton doit servir à guider ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« En politique, les symboles sont plus importants que les actes ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Elle parlait pour tenir le silence à distance. Elle brandissait les mots comme des torches dans l’obscurité pour éloigner les fauves ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« A l’intérieur, la putrescence alourdissait l’air, le rendait presque solide, pareil à un bloc compact, une épaisseur invisible, qui entravait les mouvements, séquestrait les corps, les soumettait à la même loi, cette corruption lente et irréversible de la chair ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Les formules latines de l’avocat étaient belles et fragiles comme les bulles de savon aux formes parfaites. Lâchées dans la violence du monde, elles éclateraient sur-le-champ. Ne demeureraient que le plaisir fugace de les avoir formées du bout des lèvres et de les avoir vu flotter quelques instant devant soi ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« La nuit bruissait d’activité. Ils s’assirent sur le banc et écoutèrent la ville parler, maudire, rugir, baiser, saigner, parier, perdre, gagner, klaxonner d’impatience, émettre tous les bruits imaginables sauf ceux du repos. Ils écoutèrent cette clameur indistincte, envahissante, faite de toutes les rumeurs mêlées, montant des ruelles, des toits de tôle serrés les uns aux autres, des coiffeurs, des chambres à coucher, des matelas moites et fatigués, des terrains de foot sauvages, des gargotes servant du cochon grillé, es ports et des gares routières fourmillant de passagers en partance ou débarquant dans la ville, de marchés boueux, des mégaphones des prêcheurs de rue, des hauts-parleurs des églises et des mosquées, des bars et des motels, ces millions de souffles et de cris s’élevant et s’unissant dans la nuit au-dessus des collines. Ils écoutaient sans pouvoir parler, étouffées par ce trop-plein de vie imperturbable ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Alignés au bord du parvis de l’hôpital, des marchands ambulants vendaient des samosas brillants d’huile, des oeufs et des légumes frits enroulés dans des chapatis, des sachets e cacahuètes, des bananes plantains grillées, des empilements de bouteilles de soda aux couleurs criardes, et d’autres choses encore pour bourrer les estomacs, assouvir les fringales nocturnes, apaiser les angoisses à coups de graisses et de féculents, oublier un court instant les corps malades, les agonies solitaires, le manque d’argent, les gémissements des patients, l’indifférence crasse des infirmières, en se pourléchant les doigts luisant de sucre et d’huile, avant de s’essuyer la bouche dans un carré d’essuie-tout et de repartir vers l’odeur âcre du détergent, dans ces couloirs sobres où rodait la mort. Il y avait là une petite foule – brancardiers, malades en rémission, visiteurs, bienfaiteurs, profiteurs, héritiers en puissance – tous agglutinés devant ces minuscules kiosques de bric et de broc, leurs visages pris dans le halo des ampoules, surgissant et s’évanouissant dans la nuit. Ils ressemblaient à des pêcheurs égarés dans les ténèbres, amarrés à des îlots au milieu de l’océan, bercés par des vagues invisibles. Un archipel de lumière au service de l’humanité ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« La pluie approchait. Elle sentait son haleine, son parfum de poussière moite et d’herbes humides. Sa clameur ensuite. D’abord, à peine un murmure, un chuchotement qui s’élève, s’amplifie, se rapproche à grande vitesse, puis un crescendo de millions de casseroles, qui se déchaîne sur les toits en tôle, avant de tout engloutir dans un prodigieux fracas d’eau et de rafales de vent ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Il y a tellement de façons de faire mentir les mots ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« Les mots doivent être des jets de pierre, la prose scandée comme un slogan. Alors, dans ce cas, peut-être, oui, la poésie peut élever les consciences et mettre en marche les corps ».

Max Izambard – « Marchands de mort subite »

« La colère n’était qu’un élément de la douleur ».

Ingrid Persaud – « Love after Love » (mon avis sur le livre ici)

« Le silence résonne de tous les bruits qu’on entend pas en présence des gens ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« J’étais dans une telle déveine que j’aurais pu me couper la main avec du papier mouillé ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« Rappelle-toi que le rire et les larmes sont logés au même endroit ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« Moi, je sens l’odeur d’un gâteau et je prends deux kilos ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« La lune peut bien courir, le jour la rattrapera toujours ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« C’est seulement quand on est au fond du puit et qu’on appelle à l’aide qu’on découvre qui vous lance une corde ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« Il y a un moment pour tout et u temps pour toute chose sous le ciel. Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

« Au fond du compte, nous prions tous le même Dieu, même si le mien m’a abandonnée ».

Ingrid Persaud – « Love after Love »

Au regard de ces extraits choisis, un de ces romans vous tente ? Avez-vous relevé des citations qui vous ont particulièrement plu ?

Crédit photo de couverture : L&T

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Pepnaf dit :

    Merci pour ces belles citations, c’est très inspirant !
    A bientôt 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. L&T dit :

      Merci pour ton retour, je suis très contente que ces extraits te plaisent !!

      J’aime

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