La ferme du bout du monde – Sarah Vaughan

Merci à Babelio et aux Editions Préludes pour l’invitation reçue pour la soirée de lancement de ce livre !

En plus d’avoir passé un merveilleux moment, j’ai pu découvrir une nouvelle auteure à suivre et j’ai beaucoup aimé le livre que je vais vous présenter maintenant.

Le livre : « La ferme du bout du monde »

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Crédit photo : Samsha Tavernier

L’auteure : Sarah Vaughan est une auteure britannique. Après des études de littérature anglaise à Oxford, elle s’est consacrée au journalisme et a, d’ailleurs, travaillé pendant onze ans au « Guardian« . Son premier roman « La Meilleure d’entre nous » qui se déroule sur fond de concours culinaire a remporté un grand succès auprès de la critique et du public !

Le résumé : « Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ? »

Mon avis : Lors de la soirée de lancement, l’auteure nous a présenté son livre avec passion et grande bienveillance, ce qui m’a, immédiatement, donné envie de lire « La ferme du bout du monde ».

Grand bien m’en a fait, car la magie a pris !

Tout d’abord, j’ai adoré la façon d’écrire de Sarah Vaughan : une plume très imagère et descriptive. Elle dépeint à merveille les magnifiques paysages des Cornouailles et en fait une grande force du roman à la manière de Thomas Hardy (un auteur qu’elle admire, par ailleurs, énormément). On est ainsi les témoins de la nature sauvage des Cornouailles (tour à tour chaleureuse, poétique ou sinistre) et des brusques changements climatiques qui rythment la vie des habitants.

L’environnement devient un calque de l’état d’esprit des protagonistes, si bien que les Cornouailles et la ferme, elle-même, deviennent des personnages à part entière de ce livre : un trait d’union entre les époques.

En effet, nous sommes alternativement plongés dans deux périodes historiques différentes par le biais de sauts chronologiques.

D’une part dans les années 39-45, la seconde guerre mondiale accompagnée de ses bombardements, ses exils et ses enfants londoniens envoyés dans les Cornouailles pour survivre.

D’autre part, dans le présent où nous suivons l’évolution de Lucie, jeune trentenaire issue de la troisième génération des habitants de la ferme, subissant une mauvaise passe sur le plan sentimental et professionnel.

Ces allers retours entre les époques m’ont interpellé et j’ai aimé suivre certains des personnages en tant qu’enfants ou jeunes adultes dans les années 40 et en tant que seniors, chefs de famille dans le présent.

Chacun d’entre eux porte de lourds secrets familiaux qui ne demandent, bien sûr, qu’à être révélés, peu important les conséquences. Le roman est d’ailleurs axé sur ces secrets et non sur la seconde guerre mondiale !

Beaucoup des personnages sont des femmes, avec un sacré caractère.

Le rôle et la perception des femmes dans la société sont des sujets au cœur du roman. Ce sont des thématiques qui importent beaucoup à Sarah Vaughan : le regard posé sur les femmes et les attentes qui pèsent sur elles comme autant de fardeaux différents en fonction des périodes de l’Histoire.

Aucun des éléments de ce livre n’est cliché ou attendu. Je pensais même que l’histoire prendrait un autre tournant ou que certains axes seraient davantage exploités. Mais l’auteure marque son roman de beaucoup de réalisme et d’une pointe de «on verra bien» appréciable.

« La ferme du bout du monde » est, selon moi, à la croisée des chemins entre « Un goût de cannelle et d’espoir » de Sarah McCoy (dont je vous parlais ici) et « Les brumes de Riverton » de Kate Morton (dont je vous parlais ici) qui furent, tous les deux, des coups de cœur littéraire.

En bref : Si vous aimez les romans historiques, bourrés d’émotions et traitant de problématiques de société, vous ne pourrez qu’aimer ce roman !

✨ La rencontre avec l’auteure ✨

J’en profite pour remercier de tout mon cœur Sarah Vaughan qui fût d’une extrême gentillesse ! (Pour retrouver quelques photos de la rencontre, c’est sur ma page Facebook que ça se passe)

Que représente les Cornouailles pour vous ?

La région des Cornouailles est très importante pour Sarah Vaughan car elle y a passé toutes ses vacances lorsqu’elle était enfant. Dans sa famille maternelle, ils étaient fermiers de génération en génération et Sarah Vaughan a beaucoup entendu parler de la vie à la ferme. Sa grand-mère et sa mère la berçaient également d’histoires sur la région.

Elle a énormément de bons souvenirs de cette période et c’est pourquoi elle voulait restituer le plus fidèlement possible les sensations éprouvées en tant qu’enfant dans ces paysages tout aussi magiques que menaçants.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Sarah Vaughan cite sans hésiter Thomas Hardy avec ses œuvres « Tess d’Uberville » et « Loin de la foule déchaînée ».

Avez-vous aimé utiliser les sauts dans le temps lors de l’écriture ?

Sarah Vaughan a adoré écrire les flashback dans les années 40 pour plusieurs raisons :

Premièrement, car elle trouvait très intéressant de pouvoir développer différentes caractéristiques chez des personnages qui seraient conçus comme des enfants à une époque et des adultes dans une autre. Cela lui a permis d’explorer leur personnalité et de déterminer quels traits elle souhaitait leur donner.

Deuxièmement, Sarah Vaughan est une ancienne journaliste et le travail de recherche est un aspect qui lui plaît beaucoup. Elle a confié avoir interrogé des fermiers et des personnes âgées sur leur vie et y avoir pris beaucoup de plaisir.

Finalement, Sarah est passionnée par le passé. Elle trouve fascinant de connaître l’histoire des personnes ayant vécu avant nous, ayant foulé le même sol, connu les mêmes soucis. Elle aime trouver les points communs et les dissemblances entre nos sociétés contemporaines et celles d’époques révolues. Pour l’auteure, le passé nous façonne et nous entoure tous les jours, que ce soit par les objets, notre lieu de vie, mais aussi et surtout par notre histoire familiale et nos racines.

Pourquoi la place des femmes est-il un thème récurrent dans vos œuvres ?

L’importance de ce sujet s’est imposée lorsqu’elle est devenue mère et qu’elle a dû arrêter, pour un temps, sa carrière de journaliste. Elle se mettait alors énormément de pression pour être la mère et l’épouse parfaite jusqu’au jour où elle s’est rendue compte que la Société, et les femmes elles-mêmes, plaçaient la barre beaucoup trop haute. Il a toujours existé un grand nombre de diktats adressés à la gente féminine et en tant que femme elle trouvait intéressant de traiter de ce sujet dans ces livres comme une manière de s’accepter, de se déculpabiliser de ne pas être ce qu’on attendait d’elle, mais également de mettre en lumière les conséquences que peuvent provoquer de telles exigences.

Ce livre a t-il été difficile à écrire ?

En réalité, il s’agit du livre le plus difficile que Sarah Vaughan ait eu à écrire. Le premier s’est imposé de lui-même et elle l’a écrit sans aucune pression puisque personne ne l’attendait. Contre toutes ses attentes, il a eu beaucoup de succès et elle a eu la chance de signer avec une maison d’édition un contrat pour deux autres livres. Elle a, dans un premier temps, proposé un projet qui n’a pas plu à son éditeur et elle a dû tout recommencer. Cette remise en question a été complexe. Finalement, elle a trouvé l’idée pour « La ferme du bout du monde », cependant la trame et l’intrigue de l’histoire étaient loin d’être évidentes avec les sauts dans le temps et les multiples personnages.

Même si l’écriture fut parfois douloureuse, Sarah Vaughan considère que ce livre a fait d’elle un vrai écrivain !

Un prochain projet en cours ?

Il y a, en effet, un troisième livre qui devrait sortir courant de l’année prochaine. Cette fois encore, le personnage principal sera une femme, mais pas de flashback ou de drame historique. L’intrigue se déroulera à Londres entre le Parlement britannique et une salle d’audience de justice. Très prometteur donc !

Connaissez-vous Sarah Vaughan? Est-ce que ce roman vous tente? Avez-vous lu d’autres livres sur les Cornouailles? 

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Lectures Gourmandes dit :

    Ce roman m’a beaucoup plu ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai l’impression que pour le moment il fait l’unanimité! 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Crisanasam dit :

    Ça a l’air sympa ce roman. Je le note sur ma liste. merci pour cette nouvelle dècouverte.

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis ravie de t’avoir donné envie!

      J'aime

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